Apport-cession

L’apport-cession permet de reporter l’imposition sur la plus-value réalisée lors de la vente d’une société. Mal maîtrisé, il peut devenir un piège fiscal. Bien structuré, c’est un levier puissant pour réinvestir intelligemment.
Comprendre le mécanisme d’apport-cession
L’apport-cession est une stratégie qui consiste à apporter les titres de sa société à une holding, avant de procéder à leur cession. Ce montage permet de reporter l’imposition sur la plus-value générée par la vente.
Concrètement, au lieu de vendre les parts de la société directement en tant que personne physique (et d’être immédiatement imposé), le dirigeant apporte ses titres à une société holding qu’il contrôle, puis la holding revend les titres à un tiers. L’impôt est alors suspendu, tant que les fonds ne sont pas réutilisés à des fins personnelles.
Ce dispositif repose sur l’article 150-0 B ter du Code général des impôts, qui encadre précisément les conditions de validité du report et les obligations de réinvestissement.
Quels sont les avantages du dispositif ?
Le principal intérêt est le report d’imposition sur la plus-value. Cela permet au dirigeant de disposer d’un capital plus important pour investir via sa holding, sans être amputé immédiatement par la fiscalité.
Ce montage offre également :
- une souplesse de réinvestissement (immobilier professionnel, private equity, obligations, titres de sociétés non cotées, etc.)
- une optimisation de la fiscalité personnelle à moyen terme (par exemple via une remontée de dividendes étalée dans le temps)
- une préparation facilitée de la transmission patrimoniale, notamment en intégrant la holding dans une stratégie globale (donation-partage, démembrement, pacte Dutreil…)
Quelles sont les conditions et les points de vigilance ?
Le dispositif est très encadré. Pour conserver le bénéfice du report, le contribuable doit :
- ne pas céder ses titres directement ;
- respecter un délai de réinvestissement de 24 mois si la holding vend les titres apportés ;
- réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans des actifs éligibles.
Attention : certains actifs ne sont pas éligibles (ex. : immobilier locatif, œuvres d’art, or…).
De plus, en cas de distribution de dividendes non justifiée ou d'opérations assimilées à un désinvestissement, le report peut être remis en cause, avec des conséquences fiscales importantes.
Ce dispositif suppose donc un encadrement juridique et fiscal rigoureux, ainsi qu’une stratégie d’investissement claire dès l’origine.
À qui s’adresse l’apport-cession ?
Ce montage concerne principalement :
- Les chefs d’entreprise envisageant une cession à court ou moyen terme
- Les dirigeants majoritaires souhaitant réinvestir tout ou partie du produit de cession
- Les personnes voulant structurer leur patrimoine professionnel avant transmission
- Les clients ayant un objectif de capitalisation ou de diversification patrimoniale
Ce n’est pas un dispositif “standard” : il doit être évalué au cas par cas, en fonction de la nature des titres, du montant de la plus-value, des objectifs de réinvestissement et du calendrier.
Exemples non exhaustifs de nos solutions
Vos questions sur l’apport-cession
Quel est le principe du report d’imposition ?
En apportant les titres à une holding avant cession, l’imposition sur la plus-value est suspendue. Elle ne sera déclenchée qu’en cas de retrait personnel des fonds ou de non-respect des conditions fixées par l’article 150-0 B ter.
Quelles sont les conditions à respecter ?
Le produit de cession doit être réinvesti à hauteur de 60 % dans un délai de 24 mois, dans des actifs dits “éligibles”. La holding ne doit pas servir de simple véhicule de trésorerie ou de distribution. Une documentation précise est requise pour sécuriser l’opération.
Quels sont les risques en cas de mauvaise mise en œuvre ?
Si le réinvestissement est mal ciblé, ou si une partie des fonds est utilisée à des fins personnelles, le report d’imposition peut être annulé. Cela entraîne un rappel de l’impôt sur la plus-value initiale, assorti d’intérêts de retard et, parfois, de pénalités.
Est-ce une stratégie adaptée à toutes les cessions ?
Non. Elle est particulièrement pertinente à partir de certains seuils (souvent au-delà de 500 000 €), ou lorsque le dirigeant souhaite réellement réinvestir. Sinon, une cession directe avec gestion fiscale personnelle peut être plus simple et plus souple.



