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Profession libérale

Organiser son patrimoine quand on exerce en nom propre

Les professionnels libéraux construisent généralement leur patrimoine au rythme de leur activité, avec des revenus parfois confortables mais irréguliers, et une implication forte dans leur outil de travail. Exercer en nom propre ou en structure libérale implique toutefois une exposition importante aux risques professionnels, une fiscalité souvent complexe (BNC, SEL, arbitrages entre rémunération et dividendes), ainsi qu’une responsabilité accrue dans la préparation de la retraite, de la prévoyance et de la transmission. Chez Etsa Patrimoine, nous accompagnons les professions libérales pour structurer un patrimoine cohérent et pérenne : maitrise de la fiscalité, diversification des investissements, mise en place d’une protection sociale adaptée et anticipation de la retraite ou de la cession d’activité, le tout avec des solutions efficaces et lisibles, pensées pour respecter leur indépendance sans alourdir leur quotidien.

Protéger, anticiper, faire croître

Pour les professions libérales, certains produits sont clés : ils permettent de sécuriser l’activité, de préparer la retraite dans un cadre fiscal efficace, et de valoriser le patrimoine à moyen et long terme.

D'autres produits peuvent être adaptés

Gestion de patrimoine d’une profession libérale : les enjeux de l’exercice indépendant

Médecin, avocat, architecte, expert-comptable, chirurgien-dentiste : une profession libérale produit des revenus réguliers, mais directement liés à la présence du praticien. Sans activité, il n’y a pas de recettes. Le patrimoine se construit donc sous deux contraintes : une protection sociale obligatoire limitée et une retraite qui repose en grande partie sur l’effort d’épargne personnel.

La fiscalité, elle, dépend du mode d’exercice. En nom propre, le bénéfice est imposé au barème progressif dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC). En société d’exercice libéral (SEL), l’associé arbitre entre rémunération et dividendes, et peut loger ses titres dans une holding.

BNC, SEL, SPFPL : le mode d’exercice commande la stratégie

Depuis l’imposition des revenus de 2024, la rémunération qu’un associé de SEL perçoit au titre de son activité libérale est imposée en BNC, et non plus en traitements et salaires, sauf lien de subordination. Ce changement a déplacé l’équilibre entre rémunération et dividendes dans de nombreux cabinets, et justifie de refaire le calcul.

La société de participations financières de professions libérales (SPFPL) est une holding qui détient les titres d’une ou plusieurs sociétés d’exercice. Elle sert à financer un rachat de parts, à organiser l’entrée d’un associé ou à capitaliser des dividendes en vue de les réinvestir. Son intérêt se mesure au regard de ses coûts de fonctionnement et de la dette à rembourser. Notre article sur la holding patrimoniale expose les cas où ce type de structure est pertinent.

Protéger les revenus d’une profession libérale

Ce que couvre le régime obligatoire

Depuis le 1er juillet 2021, les professionnels libéraux affiliés à la CNAVPL perçoivent des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie. Elles sont versées à partir du quatrième jour d’arrêt et jusqu’au quatre-vingt-dixième. Au-delà, le praticien doit se tourner vers la caisse de retraite de sa profession. Les avocats, qui disposent de leur propre couverture, ne sont pas concernés par ce dispositif.

Pendant ce temps, les charges du cabinet continuent de courir : loyer, salaires, échéances d’emprunt. L’écart entre les prestations versées et le revenu habituel peut être important dès le premier mois d’arrêt.

Compléter par une prévoyance adaptée

Un contrat de prévoyance complémentaire couvre l’incapacité, l’invalidité et le décès à hauteur des revenus réels. Pour un travailleur non salarié, les cotisations versées à un contrat de groupe de type Madelin sont déductibles du bénéfice imposable, dans la limite d’un plafond (article 154 bis du CGI).

Trois points se comparent d’un contrat à l’autre : la définition de l’invalidité retenue par l’assureur, la durée de franchise et les exclusions. Une garantie des frais professionnels peut s’y ajouter pour maintenir le cabinet à flot pendant l’arrêt.

Préparer la retraite d’une profession libérale

Le régime de base et le régime complémentaire de la profession ne suffisent généralement pas à maintenir le niveau de vie atteint en activité. La différence se finance par une épargne constituée pendant les années d’exercice, de préférence dans des enveloppes dont la fiscalité joue en faveur du praticien.

Le PER, premier outil de déduction

Les versements volontaires sur un plan d’épargne retraite (PER) sont déductibles du bénéfice imposable, dans la limite d’un plafond propre aux indépendants. Il correspond à 10 % du bénéfice retenu dans la limite de huit plafonds annuels de la sécurité sociale, augmentés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre un et huit plafonds. Plus la tranche marginale est élevée, plus l’économie d’impôt immédiate est forte. En contrepartie, l’épargne est destinée à la retraite, avec une sortie en capital, en rente ou les deux.

Deux règles ont changé en 2026. Les versements effectués à partir du soixante-dixième anniversaire ne sont plus déductibles. Le plafond de déduction non utilisé au titre du revenu global se reporte désormais sur cinq ans au lieu de trois, à compter des revenus de 2026. Nos articles sur les versements déductibles du PER et sur le choix entre PER et assurance-vie prolongent ce point.

Assurance-vie, immobilier et diversification

L’assurance-vie complète le PER : l’épargne y reste disponible et le contrat sert aussi la transmission. Les SCPI procurent des revenus fonciers potentiels sans gestion locative. Ces revenus ne sont pas garantis, pas plus que le capital investi. Une poche de private equity peut être envisagée sur un horizon long, avec un risque de perte en capital et une liquidité réduite.

Céder son cabinet : la fiscalité de la plus-value

La vente du cabinet, de la patientèle ou des parts de la société d’exercice se prépare plusieurs années à l’avance. Pour une profession libérale exerçant en nom propre, trois régimes d’exonération des plus-values professionnelles peuvent s’appliquer, chacun avec ses conditions :

  • selon les recettes (article 151 septies du CGI) : exonération totale jusqu’à 90 000 € de recettes annuelles, pour une activité exercée depuis au moins cinq ans ;
  • selon la valeur des éléments cédés (article 238 quindecies) : exonération totale en dessous de 500 000 €, partielle jusqu’à 1 000 000 € ;
  • en cas de départ à la retraite (article 151 septies A) : exonération d’impôt sur le revenu si le cédant fait valoir ses droits dans les deux ans qui précèdent ou suivent la cession, les prélèvements sociaux restant dus.

Le calendrier de la vente par rapport à la liquidation des droits à la retraite change donc le montant net perçu. Le capital encaissé doit ensuite être réinvesti pour produire des revenus, ce que décrit notre page « Je prépare ma retraite ».

L’accompagnement d’Etsa Patrimoine pour une profession libérale

Chaque mission débute par un audit : mode d’exercice, niveau de couverture en cas d’arrêt, droits à la retraite acquis, capacité d’épargne, patrimoine privé. Nous travaillons avec l’expert-comptable du cabinet pour les arbitrages de rémunération et avec le notaire pour les sujets familiaux.

Les solutions sont sélectionnées en architecture ouverte, auprès d’assureurs et de sociétés de gestion tiers. Le suivi est pluriannuel et tient compte du peu de temps dont dispose une profession libérale : un interlocuteur unique, des points réguliers, une révision à chaque loi de finances.

Le cabinet Etsa Patrimoine se tient à votre disposition pour évaluer votre couverture de prévoyance, chiffrer votre effort d’épargne retraite et préparer la cession de votre cabinet.

Données fiscales et sociales à jour au 6 octobre 2026. Cette page est fournie à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine.

Questions fréquentes

Quel est le plafond de déduction du PER pour une profession libérale en 2026 ?

Les versements sont déductibles du bénéfice imposable à hauteur de 10 % du bénéfice, retenu dans la limite de huit plafonds annuels de la sécurité sociale (PASS), auxquels s’ajoutent 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre un et huit PASS. Le PASS s’établit à 48 060 € en 2026. Un plancher de 10 % du PASS s’applique lorsque le bénéfice est faible. Ce plafond est distinct de celui des salariés et se calcule chaque année.

Exercice en nom propre ou en SELARL : quelle différence fiscale ?

En nom propre, la totalité du bénéfice est imposée au barème de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des BNC, qu’il soit prélevé ou non. En société d’exercice libéral soumise à l’impôt sur les sociétés, le praticien n’est imposé que sur ce qu’il perçoit : une rémunération, imposée en BNC depuis les revenus de 2024 pour la part liée à l’activité libérale, et des dividendes, soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026. La société permet donc de laisser une partie du résultat en réserve, au prix de coûts de gestion supplémentaires.

Qu’est-ce qu’une SPFPL et à quoi sert-elle ?

La société de participations financières de professions libérales est une holding dont l’objet est de détenir des parts ou actions de sociétés d’exercice libéral. Elle sert à racheter des parts à crédit en remboursant l’emprunt avec les dividendes de la société d’exercice, à organiser l’entrée d’associés et à réinvestir des bénéfices. Son régime relève de l’ordonnance du 8 février 2023 sur l’exercice en société des professions libérales réglementées, en vigueur depuis le 1er septembre 2024.

Que perçoit une profession libérale en cas d’arrêt maladie ?

Les professionnels libéraux affiliés à la CNAVPL depuis au moins douze mois perçoivent des indemnités journalières de l’Assurance maladie du quatrième au quatre-vingt-dixième jour d’arrêt. Leur montant est calculé sur le revenu moyen des trois dernières années, dans la limite d’un plafond. Au-delà de 90 jours, il faut se tourner vers la caisse de retraite de la profession. Les avocats relèvent d’un dispositif distinct.

Les cotisations de prévoyance Madelin sont-elles déductibles ?

Oui. Les cotisations versées par un travailleur non salarié à un contrat de prévoyance complémentaire (incapacité, invalidité, décès) sont déductibles du bénéfice imposable. La déduction est limitée à 3,75 % du bénéfice augmentés de 7 % du plafond annuel de la sécurité sociale, sans pouvoir dépasser 3 % de huit plafonds.

Comment est imposée la vente d’un cabinet libéral ou d’une patientèle ?

La plus-value professionnelle peut être exonérée selon trois régimes. L’article 151 septies du CGI exonère totalement jusqu’à 90 000 € de recettes annuelles et partiellement jusqu’à 126 000 €, après cinq ans d’activité. L’article 238 quindecies exonère totalement lorsque la valeur des éléments cédés est inférieure à 500 000 € et partiellement jusqu’à 1 000 000 €, hors immobilier. L’article 151 septies A exonère d’impôt sur le revenu la cession liée au départ à la retraite. Dans ces deux derniers cas, le cédant ne doit pas contrôler l’acquéreur.

Peut-on encore déduire ses versements sur un PER après 70 ans ?

Non. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués à partir du soixante-dixième anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles, y compris du bénéfice d’une profession libérale encore en activité. Les versements restent possibles, mais sans avantage fiscal à l’entrée. Les plafonds de déduction s’utilisent donc avant cet âge.

Faut-il acheter les murs de son cabinet par l’intermédiaire d’une SCI ?

Détenir les murs dans une société civile immobilière sépare l’immobilier de l’activité : le cabinet verse un loyer à la SCI, et les murs peuvent être conservés, loués ou transmis indépendamment de la patientèle. Lorsque la SCI relève de l’impôt sur le revenu, les loyers sont imposés comme des revenus fonciers, avec 17,2 % de prélèvements sociaux. Le choix entre impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés se chiffre avec l’expert-comptable, car il modifie l’imposition des loyers et celle de la revente.

PER ou assurance-vie : que privilégier pour une profession libérale ?

Le PER réduit le bénéfice imposable dès le versement, mais l’épargne est destinée à la retraite, avec une sortie en capital, en rente ou les deux. L’assurance-vie n’offre pas de déduction à l’entrée ; en revanche l’épargne reste disponible, les gains bénéficient après huit ans d’un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et les capitaux se transmettent avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Les deux enveloppes se combinent le plus souvent.

Existe-t-il un montant minimum de patrimoine pour être accompagné par Etsa Patrimoine ?

L’accompagnement est calibré pour des situations patrimoniales complexes : 100 000 € confiés, ou un revenu imposable justifiant une ingénierie dédiée. Le premier échange permet de qualifier l’adéquation entre vos besoins et notre offre.

Trouvons ensemble les solutions qui vous correspondent vraiment.

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