Stratégie patrimoniale 

Investir via sa société ou à titre personnel ?

Publié le
15/7/2026

La question revient à chaque rendez-vous, et elle est presque toujours mal posée. « J'ai de la trésorerie, je paie moins d'impôt dans ma société, donc j'investis via elle. » Le raisonnement semble tenir. Il ne tient pas. L'impôt sur les sociétés n'est qu'une des trois couches de fiscalité qui pèsent sur un capital investi via une personne morale, et se focaliser sur la première fait perdre de vue les deux autres.

Décider d'investir via sa société ou à titre personnel ne se résume pas à comparer un taux d'IS à une flat tax. La vraie question n'est pas de savoir où l'impôt est le plus bas à un instant donné, mais quel véhicule laisse le plus de capital disponible pour l'usage réellement visé : réinvestir sur le long terme, percevoir un revenu immédiat, ou transmettre. Selon la réponse, l'arbitrage bascule d'un côté ou de l'autre.

Le contexte actuel rend cet arbitrage plus sensible qu'il ne l'était. La stabilisation des taux directeurs après le cycle de resserrement a redonné du rendement aux placements de trésorerie, ce qui augmente les montants en jeu et donc l'écart net entre les deux modes de détention. Dans le même temps, la fiscalité du capital s'est durcie : hausse de la flat tax, reconduction de la contribution différentielle sur les hauts revenus, débats sur les holdings patrimoniales. Chaque point de fiscalité supplémentaire déplace le curseur de l'arbitrage, ce qui justifie de refaire le calcul plutôt que de s'en remettre à une décision prise il y a quelques années.

Cet article s'adresse aux investisseurs disposant à la fois d'un patrimoine privé et d'une structure soumise à l'IS : dirigeants de TPE-PME, professions libérales exerçant en société, cadres percevant dividendes et plus-values. Nous posons une grille d'analyse à cinq entrées (fiscalité, rendement net, stratégie de gestion, risques, horizon de sortie) pour arbitrer sur des chiffres plutôt que sur des idées reçues. Les données fiscales citées sont arrêtées au premier semestre 2026 ; leur date de mise à jour doit être vérifiée avant toute décision.

Deux logiques fiscales opposées, pas un simple écart de taux

L'erreur de départ consiste à opposer « peu d'impôt en société » et « beaucoup d'impôt en nom propre ». La réalité est différente : il ne s'agit pas de deux niveaux d'imposition, mais de deux temporalités d'imposition. Comprendre cette différence règle à elle seule la moitié des arbitrages.

À titre personnel : la simplicité du prélèvement forfaitaire unique

Quand un investisseur détient ses placements en direct, les revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values mobilières) sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax ». Depuis janvier 2026, ce prélèvement s'établit à 31,4 %, et non plus à 30 %. La hausse tient au relèvement des prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 %. La décomposition 2026 est donc de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux.

Ce point mérite attention, car il modifie tous les calculs d'arbitrage rémunération-dividendes réalisés les années précédentes. Le taux de 30 % reste maintenu pour l'assurance-vie, les plans d'épargne réglementés, les revenus fonciers et les plus-values immobilières, dont les prélèvements sociaux demeurent à 17,2 %. La distinction est technique mais elle compte : un même euro n'est pas taxé au même taux selon l'enveloppe qui l'abrite.

Un second paramètre s'ajoute pour les patrimoines importants. La contribution différentielle sur les hauts revenus, reconduite par la loi de finances pour 2026, garantit une imposition effective minimale de 20 % aux foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 euros pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple. Comme les revenus soumis à la flat tax entrent dans l'assiette de cette contribution, une part de l'avantage du prélèvement forfaitaire peut être neutralisée pour les patrimoines concernés. Autrement dit, la flat tax n'est pas un plafond intangible : au-delà d'un certain niveau de revenu, le taux effectif remonte.

Via une société à l'IS : une imposition en deux temps

Quand les mêmes placements sont logés dans une société soumise à l'impôt sur les sociétés, la mécanique change de nature. Le résultat financier subit d'abord l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 euros de bénéfice, sous réserve d'un chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros et d'un capital détenu à au moins 75 % par des personnes physiques, puis 25 % au-delà.

Mais l'IS n'est que la première couche. Tant que le capital demeure investi dans la société, l'imposition s'arrête là. Ce n'est qu'au moment où le dirigeant sort ce capital de la société, sous forme de dividende, qu'intervient la seconde couche : ce dividende supporte à son tour la flat tax à 31,4 %. La société ne fait donc pas disparaître l'impôt ; elle en diffère une partie.

C'est précisément ce report qui fait tout l'intérêt, et toute la limite, de la détention via une société. Tant que le capital tourne et se recompose à l'intérieur de la structure, seule la couche IS s'applique, ce qui laisse davantage de capital productif d'une année sur l'autre. Le jour où il faut sortir le cash pour un usage privé, la seconde couche d'imposition s'applique.

Le rendement cible ne se juge qu'en net, de bout en bout

Comparer deux véhicules sur leur rendement brut n'a pas de sens. Le seul indicateur qui compte est le rendement net, une fois pris en compte le frottement fiscal cumulé à l'entrée, pendant la détention et à la sortie. C'est là que la plupart des raisonnements s'arrêtent trop tôt : ils ne regardent que la première étape.

Capitaliser sur le long terme : l'avantage de la société

Prenons un exemple chiffré, fictif mais réaliste. Une société dispose de 200 000 euros, apportés par le dirigeant en capital ou en compte courant, qu'elle place à 5 % brut par an sur un horizon de quinze ans, sans que celui-ci ait besoin d'en sortir les fruits.

Dans la société, le rendement annuel de 5 % ne subit que l'IS. Au niveau de bénéfice considéré, le taux réduit de 15 % s'applique, ce qui laisse un rendement net d'environ 4,25 % par an réinvesti. Au bout de quinze ans, le capital atteint de l'ordre de 373 000 euros.

En détention personnelle, le même placement à 5 % voit ses fruits taxés chaque année à la flat tax de 31,4 %, soit un rendement net d'environ 3,43 %. Au bout de quinze ans, le capital ressort autour de 331 000 euros.

L'écart approche 42 000 euros en faveur de la société, tant que le capital reste investi. La raison tient à la mécanique du report : chaque euro d'impôt différé continue de produire du rendement, année après année. Sur un horizon long et dans une logique de capitalisation, la détention via une société l'emporte nettement. Ces montants sont illustratifs et supposent un rendement constant, hypothèse qui ne se vérifie jamais dans la durée.

Consommer le revenu : le nom propre reprend l'avantage

Renversons l'objectif. L'investisseur ne veut pas capitaliser : il veut percevoir un revenu disponible pour en vivre. Le raisonnement s'inverse.

Reprenons les 373 000 euros accumulés dans la société. Pour rendre ce capital disponible à titre privé, il faut le faire remonter. On suppose ici que les 200 000 euros de départ avaient été apportés par le dirigeant, en capital ou en compte courant d'associé, et qu'ils lui reviennent donc sans imposition, en remboursement d'apport ou de créance. Seule la fraction correspondant aux bénéfices accumulés, soit environ 173 000 euros, est distribuée en dividende et supporte la flat tax à 31,4 %, ce qui représente près de 54 000 euros d'impôt. Le capital réellement disponible retombe alors autour de 319 000 euros, un niveau proche, voire légèrement inférieur, à celui de la détention personnelle, qui affichait 331 000 euros nets déjà encaissés.

La conclusion tient en une phrase : la société sert à capitaliser, le nom propre à consommer. Le report d'imposition n'est un gain que si l'on ne défait pas aussitôt ce qu'il a permis de construire. Dès lors que l'objectif est de sortir le capital pour le dépenser, la double couche IS puis flat tax efface l'avantage. Le traitement fiscal exact de la sortie dépend en outre de ses modalités (distribution de dividendes, réduction de capital, cession des titres, remboursement de compte courant) chacune obéissant à ses propres règles.

Deux contreparties oubliées : la liquidité et l'IFI

Deux contreparties sont trop souvent oubliées dans ce calcul. La première est la liquidité : un capital logé dans une société est moins mobilisable pour un besoin personnel imprévu, puisque toute sortie déclenche un frottement fiscal. La seconde concerne l'immobilier. Détenir un bien immobilier via une société ne le fait pas sortir de l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière : les parts de la société restent taxables à hauteur de la valeur de l'immobilier sous-jacent. Croire qu'une SCI met le patrimoine immobilier à l'abri de l'IFI relève d'une confusion fréquente et coûteuse.

Stratégie de gestion : ce que la structure autorise, et ce qu'elle interdit

Au-delà du calcul fiscal, le choix du véhicule détermine ce qu'il est possible de faire, et de ne pas faire, avec son capital. C'est un critère de décision à part entière, parfois plus déterminant que le taux d'imposition.

La holding patrimoniale : capitaliser et piloter

La holding patrimoniale est la structure de référence pour organiser une détention via société. Il faut distinguer deux natures. La holding passive se contente de gérer des titres et de la trésorerie ; la holding animatrice joue un rôle opérationnel actif dans ses filiales, ce qui ouvre l'accès à certains régimes de faveur en matière de transmission, notamment le pacte Dutreil.

Une holding permet de mutualiser la trésorerie de plusieurs activités, de réinvestir en report d'imposition et de préparer la transmission des titres aux enfants. En contrepartie, elle impose un formalisme comptable et juridique, des frais de fonctionnement et une gouvernance à tenir dans la durée. Une holding n'a de sens qu'à partir d'un encours qui justifie ces coûts fixes.

Trésorerie d'entreprise excédentaire : le vrai déclencheur pour les dirigeants

Le cas de figure le plus fréquent est celui du dirigeant dont la société d'exploitation accumule une trésorerie qui dort sur le compte professionnel. Sortir ce cash pour le replacer à titre privé impose de le fiscaliser en dividende, donc d'en amputer près d'un tiers. L'investir directement depuis la société évite ce frottement et conserve l'intégralité de la somme au travail.

Plusieurs supports se prêtent à cette détention par une personne morale : le contrat de capitalisation souscrit par la société, les SCPI logées au bilan, certains produits structurés adaptés à une trésorerie stable. Chacun répond à un couple rendement-risque et à un horizon différents, et aucun ne convient à une trésorerie dont l'entreprise pourrait avoir besoin à court terme pour son exploitation.

À titre personnel : l'accès aux enveloppes fiscales de faveur

C'est ici que le réflexe « tout en société » montre sa limite la plus nette. Une société ne peut pas répliquer les enveloppes réservées aux personnes physiques : l'assurance-vie, le plan d'épargne en actions, le plan d'épargne retraite. Ces enveloppes offrent une fiscalité des revenus et des plus-values, ainsi qu'un cadre successoral, qu'aucune structure à l'IS ne reproduit. L'assurance-vie conserve le taux de prélèvements sociaux de 17,2 %, là où les placements en direct sont désormais à 18,6 %.

Investir à titre personnel n'est donc pas le choix par défaut du dirigeant qui n'aurait « pas encore créé sa holding » : c'est le seul chemin vers ces enveloppes, et il conserve toute sa pertinence en parallèle d'une détention via société.

L'arbitrage propre au dirigeant : rémunération, dividende ou compte courant

Le dirigeant qui pilote une société ne se pose pas seulement la question du véhicule d'investissement. Il arbitre en amont la façon dont il extrait la valeur de son entreprise, et ce choix précède la décision de placer. Trois canaux coexistent, aux logiques distinctes.

La rémunération est un salaire ou une rémunération de gérance : elle est déductible du résultat de la société, mais supporte les charges sociales et l'impôt sur le revenu au barème progressif. Le dividende, lui, n'est pas déductible (il est prélevé sur un résultat déjà soumis à l'IS) mais il supporte la flat tax à 31,4 % et une assiette de charges sociales plus légère selon la forme sociale. Le relèvement de la flat tax en 2026 modifie le point d'équilibre entre ces deux canaux : un arbitrage rémunération-dividende calibré avant 2026 mérite d'être recalculé, car chaque euro de dividende est désormais un peu plus coûteux à la source.

Le troisième canal est souvent négligé alors qu'il est central pour l'investisseur-dirigeant : le compte courant d'associé. Lorsque le dirigeant a laissé des sommes à disposition de sa société, leur remboursement ne constitue ni une rémunération ni un dividende. Il ne supporte donc pas de nouvelle imposition, puisqu'il s'agit de la restitution d'une créance. Un compte courant bien alimenté offre au dirigeant une réserve de liquidités mobilisable sans frottement fiscal, ce qui répond précisément au reproche d'illiquidité fait à la détention via société. C'est un paramètre à intégrer dès la conception de la structure, pas après coup.

Ces trois canaux ne s'opposent pas : ils se combinent. Une rémunération suffisante pour valider des droits sociaux et couvrir les besoins courants, des dividendes calibrés en fonction de la contribution différentielle sur les hauts revenus, et un compte courant qui constitue une réserve de trésorerie personnelle. La qualité de cet assemblage détermine, autant que le choix du véhicule, l'efficience fiscale d'ensemble.

Le contrat de capitalisation détenu par une personne morale

Parmi les supports accessibles à une société, le contrat de capitalisation mérite une attention particulière, car sa fiscalité obéit à des règles spécifiques quand il est souscrit par une personne morale. Contrairement à une personne physique, qui n'est imposée qu'au moment du rachat, la société supporte chaque année une imposition forfaitaire calculée sur une base théorique, indépendamment de la performance réelle du contrat. Cette réintégration annuelle réduit l'effet de report que l'on attend d'une détention via société, et fait du contrat de capitalisation personne morale un cas où la mécanique fiscale ne joue pas exactement comme pour les autres supports.

Ce détail illustre une règle plus large : l'arbitrage entre société et nom propre ne se tranche pas support par support de façon uniforme. Chaque enveloppe a sa propre fiscalité selon qu'elle est détenue par une personne physique ou morale, et un raisonnement valable pour un compte-titres peut être faux pour un contrat de capitalisation. Le calcul doit être refait pour chaque brique du patrimoine, avec l'aide d'un professionnel habilité, plutôt qu'appliqué en bloc.

Les risques et contreparties, structure par structure

Aucune des deux voies n'est sans revers. Un conseil honnête consiste à nommer, pour chaque avantage, la contrepartie qui l'accompagne.

Risque de liquidité et d'immobilisation

Le principal revers de la détention via société est l'immobilisation. Le capital y est moins disponible pour un usage privé, puisque chaque sortie a un coût fiscal. Ce choix suppose donc un horizon long assumé et une capacité à vivre, par ailleurs, sans avoir besoin de mobiliser ces sommes. Pour un investisseur dont la situation personnelle peut réclamer des liquidités rapidement, cette rigidité est un vrai handicap.

Risque réglementaire et fiscal

La fiscalité des sociétés patrimoniales est mouvante, et les dernières années l'ont amplement démontré. La loi de finances 2026 (02/02/2026) a instauré une nouvelle taxe sur les actifs non professionnels des holdings patrimoniales. Il s’agit de certains actifs de la société non-affectés à une activité opérationnelle : dividendes, intérêts, produit d’obligation, créances etc. Cette nouvelle loi s’applique aux sociétés détenues à 50% par une personne physique et son seuil d’entrée est de 5 millions d’euros pour la valeur vénale des actifs.
D’autre part, la flat tax elle-même vient d'être relevée. Bâtir une stratégie sur un paramètre fiscal, c'est accepter que ce paramètre puisse changer. Une détention via société doit donc conserver une marge d'adaptation, et ses hypothèses fiscales être réexaminées à chaque loi de finances.

Risque de perte en capital, complexité et coûts

Deux points pour finir. D'une part, la structure ne protège jamais de la performance du sous-jacent : un placement logé dans une société parfaitement organisée peut perdre de la valeur comme n'importe quel autre. D'autre part, une société a un coût fixe (comptabilité, obligations déclaratives, éventuel commissaire aux comptes) qui ne se justifie qu'au-delà d'un certain encours. En deçà, le montage détruit de la valeur au lieu d'en créer.

Horizon de sortie : réintégrer le capital ou le transmettre

La dernière entrée de la grille est souvent la plus décisive, car elle conditionne toutes les autres : que compte-t-on faire de ce capital, et quand ?

Sortir le cash de son vivant : le coût de la double détente

Nous l'avons chiffré plus haut : sortir le capital d'une société pour le consommer réactive la seconde couche d'imposition et comble une large part de l'avantage accumulé. Cela ne signifie pas que la société soit toujours perdante (sur un horizon très long, le report peut rester gagnant même après la sortie) mais que le calcul doit intégrer ce coût final dès le départ. Décider d'investir via une société sans anticiper la fiscalité de sortie revient à ne lire qu'une moitié de l'équation.

Le cas particulier de l'apport-cession

Un dirigeant qui s'apprête à céder son entreprise dispose d'un mécanisme dédié : l'apport de ses titres à une holding avant la cession, régi par l'article 150-0 B ter du code général des impôts. Ce dispositif place la plus-value en report d'imposition, à condition de respecter les délais et les obligations de réinvestissement d'une quote-part du produit de cession dans des activités éligibles. C'est le cas d'usage emblématique du « via ma société » : la structure permet de conserver au travail un capital qui, détenu en direct, aurait été amputé de la fiscalité de la plus-value dès la vente.

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Transmettre : là où la société reprend l'avantage

Sur le terrain de la transmission, la société retrouve une supériorité difficile à contester. Donner des parts de holding en démembrement, purger progressivement la valeur par des donations successives, articuler le tout avec un pacte Dutreil pour une société animatrice : autant d'outils qui n'ont pas d'équivalent aussi souple en détention directe. Pour l'investisseur dont l'objectif final n'est pas de consommer mais de transmettre, la question de la sortie ne se pose plus dans les mêmes termes, et la balance penche vers la société.

L'avis d'Etsa

La bonne réponse n'est ni « société » ni « nom propre » dans l'absolu. C'est une matrice qui croise l'objectif et l'horizon. Capitaliser sur le long terme une trésorerie d'entreprise excédentaire appelle une détention via la société, pour exploiter le report d'imposition. Générer un revenu disponible à court terme appelle au contraire la détention personnelle, sauf lorsque le capital est déjà logé dans la société, auquel cas le calcul de sortie doit être fait au cas par cas. Rechercher la fiscalité successorale et les enveloppes de faveur passe par le nom propre, via l'assurance-vie, le plan d'épargne retraite et le plan d'épargne en actions, complété d'une holding pour la transmission des titres. Préparer une cession d'entreprise conduit vers la holding et le report du 150-0 B ter.

Trois principes encadrent cette matrice. L'arbitrage se joue sur le rendement net de bout en bout, jamais sur le taux nominal affiché à l'entrée. Un montage société qui n'est pas justifié par un encours et un horizon suffisants détruit de la valeur par ses coûts et son illiquidité. Enfin, la fiscalité qui fonde la décision peut changer, ce qui impose de bâtir une architecture révisable plutôt qu'un schéma figé. La détention via société et la détention personnelle ne s'excluent d'ailleurs pas : la plupart des situations patrimoniales bien construites combinent les deux, chacune sur le terrain où elle est la plus efficiente.

Ce qu'il faut retenir

Investir via sa société ou à titre personnel n'est pas une question de taux mais de temporalité et d'usage La société diffère l'impôt : elle est adaptée à la capitalisation longue et à la transmission. Le nom propre l'acquitte une seule fois et convient à la consommation immédiate comme à l'accès aux enveloppes de faveur e rendement net de bout en bout (entrée, détention, sortie) reste le seul critère décisif. La flat tax à 31,4 %, l'IS à 15 puis 25 %, la contribution différentielle sur les hauts revenus et les débats fiscaux de 2026 déplacent les curseurs, mais ne changent pas la logique : c'est l'objectif poursuivi, et l'horizon sur lequel on le poursuit, qui désignent le bon véhicule.

Le cabinet Etsa Patrimoine se tient à votre disposition pour chiffrer, dans votre situation, l'écart net entre détention personnelle et détention via société ou holding, et déterminer le véhicule le plus efficient selon votre horizon et l'usage visé de votre capital.

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Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine. Données fiscales arrêtées au premier semestre 2026 : vérifiez leur date de mise à jour avant toute décision.

Principaux risques

Risque de perte en capital : tout investissement comporte un risque significatif de perte partielle ou totale du capital investi. La valeur de votre placement peut diminuer comme augmenter.

Performances non garanties : les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Les exemples de rendements historiques présentés ne constituent en aucun cas une garantie de performance pour les investissements à venir.

Quel est l'investissement le plus rentable actuellement ?

Aucun placement n'est « le plus rentable » dans l'absolu : le rendement ne se juge qu'au regard du risque accepté, de l'horizon et de la fiscalité applicable. Un même support peut être pertinent pour un investisseur et inadapté pour un autre. La rentabilité réelle se mesure toujours nette de frais et d'impôts, et les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.

Comment puis-je investir dans une société pour payer moins d'impôts ?

Investir via une société soumise à l'IS permet de ne subir, dans un premier temps, que l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 euros de bénéfice, 25 % au-delà en 2026), tant que le capital reste investi. L'économie n'est toutefois qu'un report : la sortie du capital en dividende réactive la flat tax. Ce schéma sert la capitalisation longue et la transmission, pas la consommation immédiate. Il ne doit être mis en place qu'après vérification de sa pertinence par un professionnel habilité.

Vaut-il mieux acheter un bien immobilier en nom propre ou via une SCI ?

Cela dépend de l'objectif. La SCI à l'IS facilite la capitalisation des loyers et la transmission, mais entraîne une imposition de la plus-value moins favorable à la revente et ne fait pas sortir le bien de l'assiette de l'IFI. L'achat en nom propre est plus simple et donne accès au régime des plus-values immobilières des particuliers. Le choix se fait au cas par cas.

Qu'est-ce qu'une holding patrimoniale et à partir de quel montant est-elle pertinente ?

Une holding patrimoniale est une société qui détient des titres et de la trésorerie pour les gérer et les transmettre. Elle devient pertinente lorsque l'encours et l'horizon justifient ses coûts de fonctionnement, ce qui suppose généralement plusieurs centaines de milliers d'euros à faire travailler. En dessous, les frais et le formalisme peuvent annuler l'avantage fiscal.

Comment sortir l'argent investi dans ma société sans être trop imposé ?

Toute sortie de capital vers le patrimoine privé a un coût fiscal : le dividende supporte la flat tax à 31,4 % en 2026. D'autres modalités existent — réduction de capital, remboursement d'un compte courant d'associé, rémunération — chacune avec ses propres règles. L'étalement des sorties et le choix de la modalité relèvent d'une analyse au cas par cas.

La flat tax s'applique-t-elle aux revenus perçus via ma société ?

Non, tant que les revenus restent dans la société : ils y subissent l'impôt sur les sociétés, pas la flat tax. Celle-ci ne s'applique qu'au moment où vous vous versez un dividende, sur le montant distribué. C'est cette imposition en deux temps qui distingue la détention via société de la détention personnelle.

Investir via ma société permet-il d'échapper à l'IFI ?

Non pour l'immobilier. Les parts d'une société détenant des biens immobiliers restent taxables à l'IFI à hauteur de la valeur de l'immobilier sous-jacent. La société ne fait pas disparaître l'actif de l'assiette ; elle en modifie seulement la forme de détention.

Qu'est-ce que le report d'imposition du 150-0 B ter et qui est concerné ?

C'est un mécanisme réservé aux dirigeants qui apportent les titres de leur entreprise à une holding avant de la céder. La plus-value d'apport est placée en report d'imposition, sous condition de délais et de réinvestissement d'une part du produit de cession dans des activités éligibles. Il concerne principalement les dirigeants en phase de cession.

Quels placements puis-je loger dans la trésorerie de mon entreprise ?

Une société peut détenir un contrat de capitalisation, des SCPI, certains produits structurés, des comptes à terme ou des titres financiers. Le choix dépend de l'horizon de la trésorerie et du besoin de disponibilité de l'entreprise pour son exploitation. Une trésorerie susceptible d'être mobilisée à court terme ne doit pas être immobilisée sur des supports longs.

Une SCI à l'IS ou à l'IR : quelle différence pour un investisseur ?

La SCI à l'IR fait remonter les revenus fonciers dans la déclaration des associés, imposés au barème et aux prélèvements sociaux, avec une plus-value de particulier à la revente. La SCI à l'IS permet d'amortir le bien et de capitaliser les loyers sous IS, mais la plus-value de cession est calculée sur une valeur nette amortie, donc plus lourdement taxée. Le premier régime convient à qui veut percevoir des revenus, le second à qui veut capitaliser.

Trouvons ensemble les solutions qui vous correspondent vraiment.

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