Stratégie patrimoniale 

Holding patrimoniale : dans quels cas est-elle pertinente ?

Publié le
22/7/2026

La holding patrimoniale est l'un des outils les plus cités dans les conversations entre dirigeants, et l'un des plus mal employés. On la crée souvent parce que « c'est ce qui se fait », rarement parce qu'un besoin précis l'a rendue nécessaire. Résultat : des structures montées trop tôt, qui coûtent plus qu'elles ne rapportent, et d'autres jamais mises en place alors qu'elles auraient changé la trajectoire d'un patrimoine.

La bonne question n'est donc pas « comment créer une holding patrimoniale », mais « dans quels cas est-elle pertinente, et à partir de quel seuil ». C'est un arbitrage : d'un côté une économie fiscale et une souplesse de gestion, de l'autre des coûts fixes, un formalisme et une rigidité. L'équation ne penche pas toujours du même côté.

Le contexte 2026 rend cet arbitrage encore plus concret. La flat tax est passée à 31,4 % sur les dividendes, le dispositif d'apport-cession a été durci, une taxe sur certains biens détenus en société a été instaurée, et la contribution différentielle sur les hauts revenus a été pérennisée. Autant de paramètres qui déplacent le point d'équilibre. Cet article pose une grille de décision claire : les mécanismes réels, les quatre situations où la holding se justifie, le seuil de rentabilité, et les cas où mieux vaut s'en passer.

Holding patrimoniale : de quoi parle-t-on précisément ?

Avant d'évaluer sa pertinence, il faut cadrer l'objet. Une holding patrimoniale n'est pas un statut fiscal en soi : c'est une société dont la finalité est de détenir et gérer un patrimoine.

Une société de détention soumise à l'impôt sur les sociétés

Une holding patrimoniale est une société dont l'objet principal consiste à détenir et gérer des participations et des actifs. Elle se place au sommet de l'organisation : c'est elle qui porte les titres des sociétés d'exploitation, les placements financiers, parfois l'immobilier. Les investisseurs y logent ce qu'ils veulent capitaliser et transmettre, plutôt que ce qu'ils veulent consommer.

Dans la quasi-totalité des cas, elle est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS). C'est cette caractéristique qui ouvre l'accès aux régimes fiscaux qui font son intérêt. Sa forme juridique (le plus souvent une SAS, parfois une SARL ou une société civile) détermine sa gouvernance et le régime social du dirigeant, mais pas son principe de fonctionnement.

On distingue la holding personnelle, créée pour gérer son propre patrimoine, et la holding familiale, dont le capital est réparti entre membres d'une même famille dans une logique de transmission. La seconde n'est qu'une variante d'usage de la première.

Holding patrimoniale ou animatrice : une distinction qui commande tout

C'est le point le plus technique, et le plus déterminant. Une holding dite « passive » se contente de détenir et gérer ses participations. Une holding animatrice, elle, participe activement à la conduite de son groupe : elle définit la politique des filiales et leur rend des services effectifs.

La distinction n'est pas cosmétique. La qualification d'animatrice conditionne l'accès à deux avantages majeurs : le pacte Dutreil, qui permet un abattement de 75 % sur la valeur des titres transmis, et l'exonération d'impôt sur la fortune immobilière (IFI) au titre du bien professionnel. Une holding purement patrimoniale, sans activité d'animation réelle, est exclue de ces régimes. Les investisseurs qui montent une holding en pensant sécuriser une transmission Dutreil, sans prévoir de rôle d'animation documenté, se trompent de véhicule.

Ce que la holding n'est pas

Une holding patrimoniale n'efface pas l'impôt : elle en modifie le calendrier. Elle ne convient pas à tous les profils, et elle n'a rien d'automatique. C'est un outil de structuration, pas une solution de défiscalisation immédiate. Garder cela en tête évite les déconvenues que nous détaillons plus loin.

Les mécanismes fiscaux qui font (ou non) son intérêt

La pertinence d'une holding repose sur quelques dispositifs précis. Les comprendre permet de juger, cas par cas, si le montage tient la route.

Le régime mère-fille : la remontée des dividendes quasi exonérée

C'est le mécanisme central, encadré par les articles 145 et 216 du Code général des impôts. Lorsque la holding détient une part de sa filiale et que les deux sociétés sont soumises à l'IS, les dividendes remontés de la fille vers la mère sont exonérés à hauteur de 95 %. Seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposable à l'IS. Le taux d'imposition effectif de ces dividendes ressort ainsi autour de 1,25 % (5 % × 25 %, au taux d'IS de 25 % ; soit 0,75 % en cas d'application du taux réduit d'IS de 15 %). En cas d'intégration fiscale (dispositif distinct qui suppose une détention d'au moins 95 % du capital et peut se cumuler avec le régime mère-fille), cette quote-part est ramenée à 1 %.

Les conditions sont strictes et cumulatives : la holding et la filiale doivent être soumises à l'IS, la détention doit porter sur au moins 5 % du capital, et les titres doivent être conservés, ou faire l'objet d'un engagement de conservation, pendant deux ans au minimum. À défaut de respecter cette durée, l'exonération est remise en cause.

L'intérêt se mesure par comparaison. Un dirigeant qui se verse 100 000 € de dividendes à titre personnel subit la flat tax de 31,4 %, soit 31 400 € prélevés : il lui reste 68 600 €. Les mêmes 100 000 € remontés à sa holding via le régime mère-fille ne supportent que 1 250 € d'IS : 98 750 € restent disponibles pour être réinvestis. L'écart, près de 30 000 € par an, demeure investi au lieu d'être ponctionné.

La nuance est décisive : cette économie n'est pas définitive, elle est différée. La fiscalité personnelle sera due le jour où l'investisseur sortira les fonds de la holding, la distribution ultérieure étant à son tour soumise au PFU de 31,4 %. Le même raisonnement vaut d'ailleurs pour les plus-values de cession de titres, exonérées sous réserve d'une quote-part de frais et charges de 12 %. Le gain réel tient donc à l'effet de capitalisation, faire travailler une base plus large pendant plusieurs années, et non à une exonération pérenne.

Les plus-values de titres de participation

Le même esprit s'applique aux plus-values. Lorsque la holding cède des titres de participation détenus depuis au moins deux ans, la plus-value est exonérée, sous réserve d'une quote-part de frais et charges de 12 %. Le taux effectif ressort autour de 3 %. La loi de finances pour 2026 (article 15) a resserré l'accès à ce régime, en le réservant aux titres réellement inscrits en comptabilité comme titres de participation.

L'apport-cession et le report du 150-0 B ter

C'est le cas d'usage le plus puissant financièrement, et celui qui a le plus changé cette année. Le principe : un dirigeant apporte les titres de sa société d'exploitation à une holding qu'il contrôle. La plus-value latente est constatée mais placée en report d'imposition. La holding peut ensuite vendre les titres, le produit de cession atterrissant dans la structure sans imposition immédiate.

La contrepartie a été renforcée pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026. Si la holding cède les titres apportés dans les trois ans, le report n'est maintenu qu'à condition de réinvestir au moins 70 % du produit de cession (contre 60 % auparavant) dans une activité économique éligible, dans un délai porté à trois ans, avec une conservation des actifs de remploi désormais fixée à cinq ans. Le périmètre des réinvestissements éligibles a par ailleurs été resserré. En revanche, si la holding conserve les titres plus de trois ans avant de céder, l'obligation de remploi tombe.

L'enjeu chiffré est massif. Pour une plus-value de 4 M€, la cession directe déclenche une imposition immédiate d'environ 1,25 M€ (flat tax 31,4 %). Via l'apport-cession, ce montant reste investi dans la holding et ne sera fiscalisé que progressivement, au rythme des sorties. Mais le durcissement 2026 rend le paramétrage plus exigeant : un remploi mal calibré fait tomber le report et déclenche l'impôt, majoré d'intérêts de retard.

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L'intégration fiscale

Dernier mécanisme, plus rare pour un profil patrimonial : l'intégration fiscale, régie par l'article 223 A du Code général des impôts, permet de consolider l'ensemble des résultats du groupe au niveau de la holding, qui procède alors à une déclaration d'IS unique. Son principe est celui de la compensation : les déficits d'une société — ou de la holding elle-même — viennent contrebalancer les bénéfices des autres entités, réduisant d'autant l'assiette imposable globale. Le régime neutralise par ailleurs la plupart des opérations intragroupe et ramène à 1 % (contre 5 % dans le régime mère-fille) la quote-part de frais et charges sur les dividendes remontés.

Les conditions sont exigeantes et cumulatives : une détention, directe ou indirecte, d'au moins 95 % du capital de chaque filiale, des sociétés françaises toutes soumises à l'IS, des exercices comptables aux dates de clôture identiques, et une holding qui n'est pas elle-même détenue à plus de 95 % par une autre société française passible de l'IS. L'option est prise pour cinq ans, tacitement renouvelable.

En contrepartie, le dispositif est lourd : chaque filiale conserve ses obligations déclaratives propres, la gestion comptable se complexifie, et les conditions d'éligibilité font l'objet d'un contrôle annuel strict. La sortie du groupe emporte en outre la réintégration d'une quote-part de 12 % sur les dividendes. Autant de contraintes qui expliquent que l'intégration fiscale s'adresse avant tout aux groupes opérationnels dégageant des résultats hétérogènes : elle ne concerne que marginalement les holdings de pure détention, dont l'intérêt se joue déjà, pour l'essentiel, sur le régime mère-fille et le report d'imposition.

Dans quels cas la holding est-elle pertinente ? Les quatre situations

Une holding se justifie quand un ou plusieurs cas d'usage sont clairement identifiés. En voici quatre, chacun avec son mécanisme et sa contrepartie.

Cas 1 — Capitaliser des dividendes pour réinvestir

C'est la situation la plus courante. Un dirigeant génère des dividendes qu'il ne souhaite pas consommer, mais réinvestir. Sans holding, chaque euro distribué subit la flat tax à 31,4 % avant de pouvoir être replacé. Avec une holding, les dividendes remontent au régime mère-fille et restent disponibles à près de 98,75 % pour être réinvestis. Sur plusieurs années, l'écart de base investie produit un effet de capitalisation considérable.

La contrepartie : cette stratégie n'a de sens que si les investisseurs n'ont pas besoin des fonds à titre personnel. Le jour où l'argent sort de la holding, la fiscalité personnelle s'applique. La holding est un outil de report et de réinvestissement, pas un moyen de disposer librement de sa trésorerie.

Reste la question centrale : dans quoi replacer cette trésorerie capitalisée ? La holding devient un véritable véhicule d'investissement, capable d'accéder à un spectre de supports allant du plus liquide au plus engageant et du moins risqués au plus risqué.

Le contrat de capitalisation. Souscrit par une personne morale à l'IS, il offre une enveloppe souple pour loger une allocation diversifiée via deux compartiments : fonds euros et unités de compte. Ce deuxième compartiment permet de dynamiser et diversifier le capital sur des ETF, OPCVM, placements immobiliers, des produits structurés et bien d’autres supports. Sa fiscalité repose sur une assiette forfaitaire annuelle, régularisée au rachat, un mécanisme qui peut lisser la charge d'IS selon le niveau des taux.

Le private equity. Il donne accès à la performance des sociétés non cotées tout en capitalisant les produits au niveau de la structure. Contrepartie : un horizon long (souvent huit à dix ans) et une liquidité quasi nulle avant le terme.

La dette privée. Financement direct d'entreprises qui génèrent des flux de rendement récurrents, peu corrélés aux marchés cotés, une brique de diversification pertinente, moyennant un risque de crédit à surveiller. Les flux sont connus à l’avance avec un coupon corrélé au risque de l’investissement.

L'immobilier, physique ou pierre-papier. La holding peut détenir de l’immobilier en direct : LMNP ou de la pierre-papier via des SCPI des club deals immobiliers permettant de co-investir sur une opération ciblée à ticket mutualisé.

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Cas 2 — Préparer une cession d'entreprise

Pour un dirigeant qui envisage de céder, l'apport-cession décrit plus haut permet de différer l'imposition de la plus-value et de conserver l'intégralité du produit de cession dans la holding pour le réinvestir. C'est le cas où l'enjeu financier est le plus élevé, et celui où le calendrier compte le plus : l'apport doit précéder tout engagement ferme de cession. La contrepartie : le remploi de 70 % sur trois ans, avec conservation de cinq ans, impose une vraie discipline d'investissement. Ce n'est pas une trésorerie que l'on laisse dormir : c'est un programme de réinvestissement à construire en amont.

Encore faut-il préciser la destination des titres. Lorsque l'objectif n'est pas de vendre à un tiers mais de transmettre l'entreprise à ses enfants, un autre levier prend le relais : le pacte Dutreil (article 787 B du CGI). Il permet, sous conditions, d'exonérer 75 % de la valeur des titres transmis pour le calcul des droits de donation ou de succession, les droits n'étant alors calculés que sur 25 % de la valeur. Le dispositif suppose un engagement collectif de conservation d'au moins deux ans en cours à la transmission (avec des seuils minimaux de droits financiers et de vote), un engagement individuel de conservation pris par chaque bénéficiaire, et l'exercice d'une fonction de direction. Cumulé avec une donation en pleine propriété avant les 70 ans du donateur, il ouvre droit à une réduction de 50 % des droits, combinaison qui allège très fortement le coût de la transmission familiale.

Cas 3 — Organiser la transmission

La holding simplifie la transmission d'un patrimoine professionnel. Plutôt que de transmettre des dizaines de participations, on transmet des parts de la holding, par donations successives calibrées pour entrer dans l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Le démembrement de propriété (barème de l'article 669 du CGI) permet de transmettre la nue-propriété des parts à moindre coût fiscal tout en conservant l'usufruit, donc les revenus et le contrôle.

La contrepartie : la transmission par holding suppose des statuts rédigés pour préserver le pouvoir du donateur, et une distinction nette entre holding animatrice et passive si l'on vise le pacte Dutreil. Une holding purement patrimoniale n'ouvre pas l'abattement de 75 %.

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Cas 4 — Centraliser et diversifier un patrimoine

La holding peut détenir bien plus que des titres opérationnels : immobilier de rapport, SCPI, valeurs mobilières, participations minoritaires, private equity, contrats de capitalisation. Elle devient le véhicule centralisé du patrimoine professionnel, avec une gestion et une comptabilité unifiée.

La contrepartie : loger de l'immobilier locatif dans une holding réintroduit une exposition à l'IFI pour la fraction immobilière, et les revenus sont fiscalisés à l'IS. La diversification via holding se raisonne actif par actif, pas comme un principe général.

Le seuil de pertinence : à partir de quand est-ce rentable ?

Un montage n'a de sens que si l'économie attendue dépasse nettement son coût. C'est là que la plupart des erreurs se logent.

Les coûts réels d'une holding

Une holding a un coût de création (rédaction des statuts, formalités, éventuel commissaire aux apports en cas d'apport de titres) et un coût de fonctionnement annuel : comptabilité, assemblées générales, déclarations, honoraires de conseil. En ordre de grandeur, comptez plusieurs milliers d'euros par an de fonctionnement, souvent 4 000 à 6 000 €, selon la complexité. Ce chiffre est indicatif et dépend de chaque situation.

Les repères à connaître

Deux seuils pratiques ressortent. Pour la capitalisation de dividendes, l'intérêt devient net à partir d'environ 100 000 € de dividendes annuels à réinvestir : en dessous, les coûts de structure absorbent l'économie fiscale. Pour la préparation d'une cession, le repère est un horizon de trois à cinq ans, le temps nécessaire pour apporter les titres avant tout engagement et organiser le remploi. Ces montants sont des ordres de grandeur, pas des règles légales.

Le calcul coût-bénéfice

La logique est simple : comparer l'économie fiscale annuelle nette au coût annuel de la structure. Un dirigeant qui réinvestit 100 000 € de dividendes économise de l'ordre de 30 000 € d'imposition immédiate reportée ; face à 5 000 € de coûts, l'arbitrage est favorable. Pour 30 000 € de dividendes réinvestis, l'économie ne couvre pas toujours les coûts et le formalisme. Le montage se juge sur les chiffres, jamais sur le principe.

Dans quels cas la holding n'est PAS pertinente

Une holding mal placée est un coût réel.

Elle ne se justifie pas quand les flux de dividendes ou l'horizon sont insuffisants : une structure montée pour 20 000 ou 30 000 € de revenus annuels coûte plus qu'elle ne rapporte. Elle est contre-productive pour les investisseurs qui ont besoin de consommer leurs revenus : l'intérêt repose sur le fait de ne pas distribuer, et la flat tax retombe dès que les fonds sortent. Elle est inadaptée pour loger un bien de jouissance ou une résidence principale, où elle crée des complications sans avantage. Et elle pèse pour ceux qui redoutent la rigidité : formalisme des décisions, faible liquidité des parts, sortie contrainte.

Dans tous ces cas, détenir en direct reste souvent la meilleure décision. La holding n'a d'intérêt que face à un besoin documenté.

Risques et points de vigilance

Même bien placée, une holding appelle une vigilance constante.

Le premier risque est celui de la holding « coquille », sans substance économique réelle : l'administration peut requalifier certaines opérations et remettre en cause les avantages obtenus. Justifier l'activité et documenter les décisions est impératif. Le deuxième tient au formalisme des flux entre la holding et son dirigeant : dividendes formalisés par procès-verbal d'assemblée, compte courant d'associé encadré par une convention, intérêts payés dans les règles. Toute confusion entre trésorerie de la société et trésorerie personnelle peut être requalifiée en distribution occulte, majorations à la clé.

Le troisième concerne les actifs logés dans la holding. Placer une partie de son patrimoine en SCPI, en private equity ou en valeurs mobilières expose à un risque de perte en capital, à une liquidité parfois réduite et à un horizon de placement long. La holding ne supprime aucun de ces risques : elle ne fait que les héberger.

Le quatrième est l'instabilité fiscale, particulièrement marquée en 2026. La loi de finances pour 2026 a instauré une taxe de 20 % assise sur certains biens de non-exploitation détenus en société (yachts, avions, voitures de tourisme, métaux précieux, vins de collection) pour les structures à prépondérance de revenus passifs détenues à au moins 50 % par une personne physique. La trésorerie et les placements financiers ne sont pas visés dans la version votée, contrairement au projet initial qui prévoyait une taxe de 2 % bien plus large. Par ailleurs, la contribution différentielle sur les hauts revenus, qui assure une imposition minimale de 20 % au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence (500 000 € pour un couple), a été pérennisée. Ces paramètres peuvent encore évoluer : toute stratégie doit être datée et revue régulièrement.

L'avis d'Etsa

La holding patrimoniale n'est ni un statut d'efficience fiscale par défaut, ni un effet de mode. C'est un outil de structuration qui vaut par ses cas d'usage, pas par sa seule existence. Trois questions suffisent à trancher : ai-je un flux de dividendes à capitaliser ou une cession à préparer ? l'économie fiscale dépasse-t-elle nettement le coût de la structure ? ai-je une porte de sortie et un horizon compatible avec la rigidité du montage ?

En 2026, l'arbitrage penche dans deux directions opposées selon le profil. Côté dividendes, la hausse de la flat tax à 31,4 % et la pérennisation de la contribution sur les hauts revenus renforcent l'intérêt de capitaliser au sein d'une structure à l'IS. Côté cession, le durcissement de l'apport-cession (70 % de remploi, trois ans, conservation de cinq ans) impose une préparation plus rigoureuse et plus précoce. Dans les deux cas, la holding se construit sur mesure, jamais en série. Montée sans besoin identifié, elle reste un coût. Montée au bon moment, sur les bons chiffres, elle change la trajectoire d'un patrimoine.

Le cabinet Etsa Patrimoine se tient à votre disposition pour déterminer si, dans votre situation, une holding patrimoniale crée une économie fiscale réelle une fois ses coûts déduits, et pour en calibrer la structuration (régime mère-fille, apport-cession, transmission) au regard de votre horizon.

Une holding ne s'improvise pas. Faites évaluer sa pertinence dans votre situation, chiffres à l'appui, avant de vous lancer.

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Principaux risques

Risque de perte en capital : tout investissement comporte un risque significatif de perte partielle ou totale du capital investi. La valeur de votre placement peut diminuer comme augmenter.

Performances non garanties : les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Les exemples de rendements historiques présentés ne constituent en aucun cas une garantie de performance pour les investissements à venir.

Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les données fiscales citées sont à jour de la loi de finances pour 2026 et sont susceptibles d'évoluer : vérifiez la date de mise à jour avant toute décision. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine.

Qu'est-ce qu'une holding patrimoniale ?

C'est une société, généralement soumise à l'impôt sur les sociétés, dont l'objet est de détenir et gérer un patrimoine : participations, placements financiers, parfois immobilier. Elle peut être personnelle ou familiale. Elle se distingue de la holding animatrice, qui participe activement à la gestion de ses filiales.

Quelle est la différence entre une holding et une holding patrimoniale ?

« Holding » est un terme générique qui désigne toute société détenant des participations dans d'autres sociétés. La holding patrimoniale précise la finalité : détenir et gérer un patrimoine dans une logique de capitalisation et de transmission, avec un rôle le plus souvent passif. La holding animatrice, à l'inverse, dirige effectivement son groupe.

Quelle est la taxe sur les holdings patrimoniales ?

La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a instauré une taxe de 20 % assise sur certains biens de non-exploitation détenus en société (yachts, avions, voitures de tourisme, métaux précieux, vins de collection) pour les sociétés à prépondérance de revenus passifs détenues à au moins 50 % par une personne physique. La trésorerie et les placements financiers ne sont pas visés dans la version votée, contrairement au projet initial (taxe de 2 % au périmètre plus large), abandonné.

Quels sont les inconvénients d'une holding ?

Des coûts de création et de fonctionnement annuel, un formalisme juridique et comptable (assemblées, flux tracés, conventions), une rigidité et une liquidité réduite des parts. La fiscalité est différée, non effacée : elle redevient due à la sortie des fonds. Enfin, une holding sans substance réelle s'expose à un risque de requalification fiscale.

À partir de quel montant une holding patrimoniale devient-elle rentable ?

En ordre de grandeur, l'intérêt devient net à partir d'environ 100 000 € de dividendes annuels à réinvestir, ou d'une cession envisagée à trois à cinq ans. En dessous, les coûts de structure absorbent l'économie fiscale. Ce sont des repères indicatifs, à valider sur votre situation chiffrée.

Quelle différence entre holding patrimoniale et holding animatrice ?

La holding animatrice participe activement à la conduite de ses filiales et leur rend des services effectifs. Cette qualification ouvre l'accès au pacte Dutreil (abattement de 75 % sur la transmission) et à l'exonération d'IFI au titre du bien professionnel. Une holding patrimoniale passive n'y a pas droit. La distinction est donc déterminante pour toute stratégie de transmission.

Peut-on loger de l'immobilier ou des SCPI dans une holding patrimoniale ?

Oui, dans la limite de l'objet social inscrit dans les statuts. Mais l'immobilier locatif détenu via la holding réintroduit une exposition à l'IFI pour la fraction immobilière, et les revenus sont fiscalisés à l'impôt sur les sociétés. L'arbitrage entre détention via holding et détention en direct se raisonne actif par actif.

Comment récupérer l'argent placé dans sa holding ?

De trois façons principales : une rémunération de dirigeant (soumise aux cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu), des dividendes (soumis à la flat tax de 31,4 % en 2026 lors de la sortie vers la personne physique), ou le remboursement d'un compte courant d'associé si vous en avez alimenté un. Chaque voie a sa propre fiscalité.

Une holding patrimoniale est-elle soumise à l'IFI ?

L'IFI vise la fraction immobilière du patrimoine détenue, y compris indirectement via une société. Les parts de holding représentatives d'immobilier sont donc en principe taxables, sauf lorsque l'immobilier est affecté à une activité économique ou professionnelle éligible, sous conditions. C'est un point à examiner dès la conception de la structure.

Quand faut-il créer sa holding avant une cession d'entreprise ?

L'apport des titres à la holding doit intervenir avant tout engagement ferme de cession (lettre d'intention signée). En pratique, réaliser l'apport suffisamment en amont (idéalement deux à trois ans avant la cession) reste prudent pour écarter tout risque de requalification, mais il ne s'agit pas d'un délai légal : c'est l'antériorité par rapport à l'engagement ferme qui compte. Un apport tardif expose à une requalification et à la perte du report d'imposition.

Trouvons ensemble les solutions qui vous correspondent vraiment.

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