Stratégie patrimoniale 

Donation de parts de SCPI : démarches, fiscalité et démembrement

Donation de parts de SCPI : démarches, fiscalité et démembrement
Publié le
8/10/2026

La donation de parts de SCPI obéit à une logique que le seul calcul des droits de mutation ne résume pas. Les parts de SCPI sont des droits sociaux d'une société civile : le donataire reçoit des parts, non les immeubles détenus par la société. Cette nature commande l'ordre des vérifications : statuts de la SCPI, agrément éventuel, forme de l'acte, valeur retenue, puis liquidation des droits. Pour un chef d'entreprise ou un cadre dirigeant qui souhaite transmettre une partie d'un portefeuille immobilier détenu en parts, deux voies se présentent : la pleine propriété, ou le démembrement avec réserve d'usufruit, dont l'assiette dépend de l'âge de l'usufruitier. Cet article expose le cadre civil, l'abattement, l'article 669 du CGI, les formalités et les pièges courants, en l'état du droit au 8 octobre 2026.

Donation de parts de SCPI : agrément, notaire et forme de l'acte

Trois questions structurent le dossier. La première porte sur la possibilité de transférer les parts, avec ou sans agrément. La deuxième concerne la forme de l'acte et sa qualification. La troisième touche à l'assiette taxable et aux droits, selon que la donation porte sur la pleine propriété ou sur la seule nue-propriété. Les sections suivantes les traitent dans cet ordre, car une erreur sur la première ou la deuxième rend le calcul de la troisième sans objet.

Des droits sociaux transmis, non des immeubles

Une SCPI est une société civile, et ses parts sont des droits sociaux. Donner des parts ne transfère donc pas les immeubles détenus par la SCPI : l'opération porte sur les parts sociales, et le bénéficiaire devient associé avec les droits attachés aux parts transmises. Cette précision détermine le corpus de règles applicable : celles des sociétés civiles, complétées par les statuts de la SCPI concernée.

La transmission se vérifie ainsi au regard des statuts et de la documentation primaire à jour de la SCPI. Six points relèvent de ces documents plutôt que d'une règle générale : les conséquences civiles de l'opération, la valeur retenue pour les parts, les modalités de transfert, l'agrément éventuel, l'inscription du bénéficiaire et la répartition des revenus. Une lecture rapide d'une plaquette commerciale ne suffit pas à les établir avec la précision qu'exige un acte de donation.

Cet article reste volontairement générique. Il ne retient aucune caractéristique d'une SCPI déterminée : frais de mutation, nombre minimal de parts, délais de traitement, valeur de réalisation ou de retrait, modalités propres d'agrément et date d'effet du transfert relèvent de la documentation de chaque SCPI et ne se déduisent pas d'une société à l'autre. Les exemples chiffrés reposent sur une valeur de parts fictive de 300 000 € et illustrent uniquement les mécanismes fiscaux.

Agrément : l'article 1861 du Code civil et les statuts de la SCPI

L'article 1861 du Code civil pose une règle générale : les parts sociales ne peuvent être cédées qu'avec l'agrément de tous les associés (Légifrance). Cette règle s'applique aux sociétés civiles et admet des aménagements statutaires. Les SCPI relèvent en outre de dispositions propres du Code monétaire et financier (articles L. 214-86 et suivants), de sorte que la règle effectivement applicable se lit dans les statuts et se confirme auprès de la société de gestion. Pour une SCPI, la lecture de la clause d'agrément figurant dans les statuts constitue donc l'étape préalable à tout projet de transmission, avant même la discussion sur la forme de l'acte.

La règle comporte une exception générale : les cessions à des ascendants ou à des descendants ne sont pas soumises à agrément, sauf disposition contraire des statuts. Pour une donation à un enfant, le raisonnement part de cette exception. Il se confirme ou s'infirme à la lecture des statuts, dont une clause peut soumettre à agrément y compris une transmission familiale. L'application de cette exception à un acte à titre gratuit portant sur des parts de SCPI se confirme avec le notaire et la société de gestion.

Un bénéficiaire qui n'est ni ascendant ni descendant du donateur relève de la règle générale, sous réserve des aménagements prévus par les statuts. Ni l'obligation systématique d'agrément ni son absence systématique ne constituent donc une règle : la réponse dépend du lien entre le donateur et le bénéficiaire, puis du texte statutaire. L'arbre ci-dessous restitue l'ordre du raisonnement.

Agrément d'une transmission de parts — article 1861 du Code civil

  • Agrément Le bénéficiaire est-il ascendant ou descendant ?
    • Oui, statuts sans clause contraire Agrément non requis Exception générale de l'article 1861 pour les cessions à ascendants ou descendants, tant que les statuts n'en disposent pas autrement.
    • Oui, statuts avec clause contraire Agrément exigé par les statuts Une clause statutaire peut soumettre à agrément y compris une transmission à un descendant ; la procédure se lit dans les statuts.
    • Non, autre bénéficiaire Agrément selon les statuts Règle générale de l'article 1861 (agrément de tous les associés), aménagée par les statuts de la SCPI et par son régime propre.

Code civil, art. 1861 : règle générale des sociétés civiles, à confronter au régime propre des SCPI, à leurs statuts et à leur documentation ; repères 2026.

L'arbre ne remplace pas la lecture des statuts : il indique l'ordre du raisonnement. Lorsqu'un agrément est requis, sa forme, son délai et ses effets sur la date de transfert relèvent de la procédure propre à la SCPI, que seule la documentation à jour permet de décrire. Un projet de donation planifié autour d'une date précise, notamment pour se placer avant un seuil d'âge de l'usufruitier, impose de sécuriser cet aspect en amont.

Donation de parts de SCPI sans notaire : acte notarié ou don manuel ?

La fiche « Faire une donation » de service-public.fr pose le principe d'une donation par acte notarié et en distingue le don manuel (service-public.fr, fiche vérifiée le 5 octobre 2026). Pour les parts sociales de SARL, la fiche dédiée indique que la donation doit obligatoirement être passée devant notaire (service-public.fr, fiche vérifiée le 9 septembre 2026). Cette seconde règle vise les parts de SARL et ne se transpose pas d'office aux parts de SCPI. Elle se lit avec la qualification exacte de l'opération et avec le régime particulier des parts de SCPI, qu'il revient au notaire et à la société de gestion de confirmer pour la SCPI concernée.

Le don manuel de titres obéit à une autre logique. Selon impots.gouv.fr, il porte sur des biens meubles remis de la main à la main ou par virement, dont les valeurs mobilières et les titres, et sa déclaration relève du bénéficiaire (page « Don manuel », mise à jour le 20 mars 2026). Le formulaire n° 2735 sert à déclarer les dons manuels et les dons de sommes d'argent. L'existence de ce formulaire ne transforme pas toute donation de parts de SCPI en don manuel ordinaire : la forme de l'acte se fixe d'abord, la formalité fiscale suit.

À jour 2026 Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration en ligne d'un don manuel est obligatoire, sauf exceptions, selon la page impots.gouv.fr modifiée le 28 novembre 2025. Cette obligation vise les dons manuels et les sommes d'argent ; elle ne s'étend pas automatiquement à une donation notariée de parts de SCPI, dont le circuit déclaratif se confirme avec le notaire.

Trois qualifications se côtoient ainsi dans les documents : la donation notariée, le don manuel de titres et la cession non constatée par acte. Elles ne répondent pas aux mêmes exigences de forme ni nécessairement aux mêmes obligations déclaratives. Le choix ne relève pas d'une préférence du donateur : il s'arrête avec le notaire, qui vérifie la compatibilité de la forme retenue avec les statuts et avec la procédure de transfert de la société de gestion.

Notaire, société de gestion, donateur, donataire : qui fait quoi

Quatre intervenants structurent le dossier, et chacun détient une partie des informations nécessaires à la qualification et au calcul. Les identifier dès le départ évite de conduire la démarche auprès d'un seul interlocuteur et de découvrir tardivement une pièce manquante.

Acteurs d'une donation de parts de SCPI — rôle de chacun

  1. Contrôle de l'acte Notaire Arrête la qualification de l'opération, rédige l'acte lorsque la donation de parts sociales l'exige et confirme la procédure applicable à la SCPI.
  2. Documentation Société de gestion Fournit la documentation primaire à jour : statuts, modalités de transfert, agrément éventuel, inscription du bénéficiaire et répartition des revenus.
  3. Donateur Associé donateur Choisit entre pleine propriété et démembrement, et fournit l'historique des donations de moins de 15 ans consenties au même bénéficiaire.
  4. Bénéficiaire Donataire Reçoit les parts, bénéficie de l'abattement applicable et assume la déclaration fiscale d'un don manuel ou d'un don de titres sociaux.

Code civil, art. 1861 ; service-public.fr (fiches vérifiées en 2026) ; impots.gouv.fr, formulaire n° 2735. Répartition des rôles à confirmer pour chaque SCPI, repères 2026.

Le notaire occupe la position centrale parce que la qualification de l'opération conditionne la suite : forme de l'acte, déclaration fiscale, liquidation des droits. La société de gestion fournit les éléments que ni le donateur ni le notaire ne peuvent déduire d'une règle générale. Une démarche conduite auprès d'un seul de ces intervenants laisse des points ouverts, en particulier sur l'agrément et sur l'inscription du bénéficiaire.

Fiscalité de la donation de parts de SCPI : pleine propriété ou démembrement

Les droits de donation se calculent sur une assiette qui dépend de la structure retenue : la valeur entière des parts en pleine propriété, ou la seule nue-propriété en cas de réserve d'usufruit. Les deux calculs suivent la même séquence : assiette, abattement, puis barème.

Pleine propriété : abattement de 100 000 € et barème des droits

Pour une donation à un enfant, les droits de mutation à titre gratuit se calculent après un abattement de 100 000 € par donateur et par donataire (CGI, art. 779). Cet abattement s'applique aux donations consenties sur une période de 15 ans, sous réserve de son utilisation antérieure. Il réduit la base taxable ; il n'exonère pas la donation.

Au-delà de l'abattement disponible, le surplus net taxable est soumis à un barème progressif de 5 % à 45 % pour une donation en ligne directe. Ce surplus s'apprécie après prise en compte des donations antérieures de moins de 15 ans, de l'abattement et des droits déjà acquittés. Le détail des tranches figure sur la page calcul et paiement des droits d'impots.gouv.fr, modifiée le 28 novembre 2025.

Premier exemple, sur une valeur fictive : un donateur transmet à son enfant, en pleine propriété, des parts valant 300 000 €, sans donation antérieure. La base taxable avant barème s'établit à 300 000 € − 100 000 € = 200 000 €, soumis au barème progressif. Le résultat dépend entièrement de la valeur retenue pour les parts, dont le calcul est abordé plus loin.

Second exemple, avec la même valeur : les parts sont détenues à parts égales par deux donateurs, chacun donnant 150 000 € au même enfant. L'abattement s'applique par donateur, de sorte que chacun déduit 100 000 € et laisse un surplus net taxable de 50 000 €, soit 100 000 € au total contre 200 000 € dans l'exemple précédent. L'écart provient de la multiplication des abattements, non d'un changement de régime.

Appliqué à ces surplus, le barème en ligne directe (5 % jusqu'à 8 072 €, 10 % jusqu'à 12 109 €, 15 % jusqu'à 15 932 €, puis 20 % jusqu'à 552 324 €) conduit à des droits de l'ordre de 38 194 € dans le premier exemple, contre 8 194 € par donateur, soit 16 388 € au total, dans le second. Ces montants s'entendent hors émoluments du notaire et hors frais de transfert propres à la SCPI.

Point de vigilance Un abattement déjà utilisé par une donation de moins de 15 ans consentie par le même donateur au même donataire réduit l'abattement disponible, parfois jusqu'à zéro. Le surplus net taxable augmente alors d'autant. L'historique des donations, quelle que soit la nature des biens donnés, se reconstitue avant tout calcul.

L'exonération supplémentaire prévue pour les dons familiaux concerne des sommes d'argent ; elle ne s'applique pas automatiquement à des parts de SCPI, qui relèvent de la donation de droits sociaux. Confondre les deux régimes conduit à sous-estimer la base taxable. La valeur de 300 000 € reste par ailleurs une hypothèse d'école : la valeur fiscale réelle des parts s'établit pour chaque opération, à la date de la donation.

Donation de parts de SCPI démembrées : le barème de l'article 669 du CGI

Dans une donation avec réserve d'usufruit, le donateur transmet la nue-propriété des parts et en conserve l'usufruit. La valeur taxable de la nue-propriété est fixée par une quotité légale, selon l'âge de l'usufruitier au jour de la mutation (CGI, art. 669). Cette règle s'applique à la liquidation des droits d'enregistrement et de la taxe de publicité foncière. Au décès de l'usufruitier, la réunion de l'usufruit à la nue-propriété ne donne ouverture à aucun droit de mutation par décès (BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-10-20, § 10).

Le barème légal de l'usufruit prévoit notamment trois tranches d'âge, reprises ci-dessous. Chaque tranche s'apprécie à l'âge révolu de l'usufruitier, et la quotité de nue-propriété augmente à mesure que l'usufruitier avance en âge.

Nue-propriété selon l'âge de l'usufruitier — extrait de l'article 669 du CGI

  1. Nue-propriété à 50 % Usufruitier de 51 à moins de 61 ans révolus · usufruit à 50 %
  2. Nue-propriété à 60 % Usufruitier de 61 à moins de 71 ans révolus · usufruit à 40 %
  3. Nue-propriété à 70 % Usufruitier de 71 à moins de 81 ans révolus · usufruit à 30 %

CGI, art. 669 ; BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50 du 23/12/2013, consulté le 08/10/2026. Exemple : parts de 300 000 € et usufruitier de 65 ans révolus, nue-propriété taxable de 180 000 €.

Le barème produit des effets de seuil. Le passage de la tranche « moins de 61 ans révolus » à la tranche « moins de 71 ans révolus » porte la nue-propriété de 50 % à 60 % ; le passage à la tranche suivante la porte de 60 % à 70 %. Sur des parts valant 300 000 €, franchir le seuil de 71 ans révolus fait passer l'assiette de nue-propriété de 180 000 € à 210 000 €, soit 30 000 € d'écart avant abattement.

Usufruit à durée fixe : 23 % par période de dix ans

L'article 669 prévoit un second mode d'évaluation pour un usufruit constitué pour une durée fixe : 23 % de la valeur de la pleine propriété pour chaque période de dix ans, sans fraction et indépendamment de l'âge de l'usufruitier. Pour des parts valant 300 000 €, un usufruit de dix ans s'évalue à 69 000 € et un usufruit de vingt ans à 138 000 €. Sa mise en œuvre sur des parts de SCPI suppose de vérifier que les statuts et la documentation de la société le permettent.

Pleine propriété ou nue-propriété : droits comparés sur 300 000 €

Le tableau suivant compare, sur la même valeur fictive, la pleine propriété et deux situations de démembrement. Sa dernière ligne applique le barème en ligne directe au surplus net taxable, pour un abattement de 100 000 € intact et en l'absence de donation antérieure.

Droits de donation sur 300 000 € de parts de SCPI à un enfant — hypothèses 2026

Étape de calculNue-propriété, usufruitier de 65 ans révolusPleine propriétéNue-propriété, usufruitier de 72 ans révolus
Valeur supposée des parts300 000 €300 000 €300 000 €
Quotité taxable60 %100 %70 %
Assiette avant abattement180 000 €300 000 €210 000 €
Abattement enfant100 000 €100 000 €100 000 €
Surplus net taxable80 000 €200 000 €110 000 €
Droits de donation estimés14 194 €38 194 €20 194 €

Hypothèses : valeur de parts fictive, un donateur, un enfant, abattement de 100 000 € intact. CGI, art. 669 et 779 ; barème en ligne directe publié sur impots.gouv.fr, état du droit au 08/10/2026.

Notre lecture À valeur égale, la nue-propriété réduit le surplus net taxable de 120 000 € à 65 ans révolus et de 90 000 € à 72 ans révolus, mais elle suppose d'accepter une réserve d'usufruit et d'organiser revenus et droits de vote. La pleine propriété conserve l'assiette complète et transmet d'emblée l'ensemble des droits attachés aux parts.

Ces droits estimés valent pour un abattement intact : en présence de donations antérieures de moins de 15 ans, le barème s'applique après rappel de ces donations et déduction des droits déjà acquittés. L'écart d'assiette ne dit rien non plus de la faisabilité statutaire du démembrement, ni de la répartition des prérogatives entre usufruitier et nu-propriétaire, qui relèvent de l'acte et de la documentation de la SCPI.

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Comment faire une donation de parts de SCPI : valeur, revenus et étapes

Une fois la voie fiscale identifiée, le dossier se prépare en trois temps : arrêter la valeur des parts, instruire les effets du démembrement, puis dérouler les formalités dans l'ordre.

Valeur des parts : valeur vénale, prix de souscription ou valeur de retrait

La valeur retenue pour les parts ne se confond pas avec le prix de souscription, la valeur de retrait ou une valeur comptable. Ces références ne se substituent pas automatiquement à la valeur vénale des parts : leur retenue suppose une justification applicable au produit concerné et à la date de la donation. Cette valeur forme l'assiette sur laquelle jouent l'abattement et, en démembrement, la quotité de l'article 669.

Revenus, droits de vote, IFI et plus-value : les points à instruire

En cas de démembrement, la répartition des revenus entre usufruitier et nu-propriétaire constitue le sujet le plus sensible. Les clauses de quasi-usufruit, la répartition des droits de vote en assemblée et la responsabilité des associés appellent des vérifications spécifiques dans les statuts, dans la convention de démembrement éventuelle et dans l'acte. Cet article ne leur attribue aucune règle générale, faute de pouvoir les établir sans les documents de la SCPI concernée.

L'IFI et le traitement d'une plus-value ultérieure relèvent du même constat. Ils dépendent de la structure retenue, pleine propriété ou démembrement, et de la situation du donateur comme du donataire. Ces points se font instruire avant la signature, car ils pèsent sur l'arbitrage entre les deux voies sans figurer dans le calcul des droits de mutation à titre gratuit.

Les étapes du dossier, de la documentation à l'inscription

Ces vérifications s'enchaînent selon un calendrier logique, de la collecte des documents à l'inscription du bénéficiaire. Quatre temps se succèdent, et leur ordre compte : la qualification précède l'évaluation, qui précède elle-même le transfert.

Déroulé d'un dossier de donation de parts de SCPI

  1. En amont du projet Rassembler la documentation Statuts, documentation à jour de la SCPI, historique des donations de moins de 15 ans et situation de l'abattement de chaque bénéficiaire.
  2. Avant la donation Arrêter la qualification Le notaire et la société de gestion confirment la forme de la transmission : donation notariée, don manuel de titres ou cession non constatée par acte.
  3. Au jour de la donation Évaluer et liquider La valeur des parts à cette date est arrêtée ; en démembrement, l'âge de l'usufruitier au jour de la mutation fixe la quotité de l'article 669.
  4. Après l'acte Formaliser le transfert Inscription du bénéficiaire et répartition des revenus selon la documentation de la SCPI ; déclaration fiscale selon la qualification retenue.

Déroulé indicatif ; délais et modalités propres à chaque SCPI à vérifier dans sa documentation ; droit applicable au 08/10/2026.

Le calendrier varie d'une SCPI à l'autre, notamment sur l'agrément et l'inscription. Une donation envisagée avant un âge charnière de l'usufruitier (61, 71 ou 81 ans révolus) suppose d'anticiper ces délais, puisque l'âge s'apprécie au jour de la mutation. Une date de signature calée sans cette marge peut déplacer l'opération dans la tranche suivante du barème.

Cet article traite la donation à un enfant. Pour un petit-enfant, un conjoint, un partenaire de PACS, un frère, une sœur, un neveu ou une personne sans lien de parenté, l'abattement et le barème dépendent du lien de parenté et des donations antérieures. Les montants applicables à un enfant ne se transposent pas à ces situations sans analyse individuelle.

Pièges courants lors d'une donation de parts de SCPI

Les erreurs les plus fréquentes ne tiennent pas au calcul lui-même, mais aux hypothèses posées avant lui. Elles se regroupent en deux familles : les confusions de régime et les oublis de calendrier.

Quatre confusions à écarter avant l'acte

Quatre confusions guettent la préparation d'un dossier de donation de parts de SCPI. Chacune porte sur un mécanisme distinct, et la plupart se corrigent à condition d'être identifiées avant la signature de l'acte.

  • Abattement pris pour exonération. 100 000 € est un abattement par donateur et par donataire ; le surplus net taxable reste soumis au barème de 5 % à 45 % en ligne directe.
  • Valeur fiscale présumée. Prix de souscription, valeur de retrait ou valeur comptable ne se substituent pas automatiquement à la valeur vénale des parts à la date de la donation.
  • Qualification de l'opération. Donation notariée, don manuel de titres ou cession non constatée par acte : la qualification se fixe avec le notaire et la société de gestion avant toute démarche.
  • Dispositifs transposés à tort. L'exonération supplémentaire des dons familiaux vise des sommes d'argent ; elle ne s'applique pas automatiquement aux parts de SCPI, qui sont des droits sociaux.

Historique des donations, calendrier et comparaison des assiettes

Le piège de l'abattement tient à l'historique. Un donateur qui a déjà transmis un bien à son enfant au cours des 15 dernières années ne dispose plus, pour les parts de SCPI, de l'abattement entier. Le calcul porte sur l'ensemble des donations de la période, y compris celles qui ne concernaient pas des parts de SCPI, et sur les droits déjà acquittés.

Le piège du calendrier est plus discret. La date de la mutation fixe l'âge de l'usufruitier retenu par l'article 669, tandis que la date d'effet du transfert dans la SCPI relève de sa documentation. L'articulation de ces deux dates se vérifie avec le notaire, surtout lorsqu'un agrément ou une inscription à un registre intervient après la signature.

Le dernier piège consiste à comparer pleine propriété et démembrement sur la seule assiette. L'assiette est un critère parmi d'autres : statuts, agrément, répartition des revenus, droits de vote, IFI et plus-value ultérieure entrent dans la décision. Reconstituer l'historique des donations et la structure du patrimoine précède le choix entre les deux voies.

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L'avis d'Etsa

L'arbitrage entre pleine propriété et démembrement ne se réduit pas à la comparaison des assiettes. Sur la valeur fictive de 300 000 €, la nue-propriété réduit le surplus net taxable, mais elle suppose que le donateur accepte de conserver l'usufruit et que les statuts de la SCPI admettent un démembrement. La pleine propriété retient l'assiette complète, mais transmet immédiatement l'ensemble des droits attachés aux parts.

La pleine propriété peut être envisagée lorsque le donateur n'a pas besoin des revenus attachés aux parts et souhaite organiser simplement la transmission. Dans ce cas de figure, plusieurs donateurs détenant les parts ensemble peuvent multiplier les abattements, comme dans le second exemple, à condition que ces abattements n'aient pas été utilisés au cours des 15 années précédentes. La contrepartie est une assiette taxable plus élevée, donc un surplus soumis au barème de 5 % à 45 % plus important.

Le démembrement peut être envisagé lorsque le donateur souhaite conserver l'usufruit des parts tout en transmettant la nue-propriété à un enfant. L'âge de l'usufruitier au jour de la mutation devient alors une variable de calendrier, avec des seuils à 61, 71 et 81 ans révolus. Les contreparties sont davantage juridiques que fiscales : répartition des revenus, droits de vote, clauses de quasi-usufruit et responsabilité des associés s'arrêtent dans l'acte et dans les statuts.

Un troisième profil mérite d'être isolé : celui dont le dossier statutaire n'est pas encore connu. Tant que les statuts, la clause d'agrément, la qualification de l'opération et la valeur des parts ne sont pas établis, comparer deux assiettes donne une indication, non une décision. L'âge à retenir, l'allocation entre actifs et la stratégie successorale ne se déterminent qu'avec les données patrimoniales du donateur, la documentation de la SCPI et la validation du notaire.

Ce qu'il faut retenir

Quatre points résument le cadre d'une donation de parts de SCPI, avant tout échange avec le notaire et la société de gestion.

  • Une donation de parts de SCPI porte sur des parts sociales d'une société civile : statuts, agrément éventuel et forme de l'acte se vérifient avant tout calcul fiscal.
  • L'abattement de 100 000 € par donateur et par donataire réduit la base taxable sur 15 ans ; il n'exonère pas la donation, dont le surplus relève du barème de 5 % à 45 %.
  • En démembrement, l'âge de l'usufruitier au jour de la mutation fixe la quotité de nue-propriété selon l'article 669 du CGI ; un usufruit à durée fixe s'évalue à 23 % par période de dix ans.
  • Valeur des parts, revenus, droits de vote, IFI et plus-value ultérieure se vérifient dans la documentation de la SCPI et avec le notaire.

Pleine propriété ou démembrement : quelle voie pour donner des parts de SCPI ?

Aucune des deux voies ne s'impose en soi. La pleine propriété transmet l'intégralité des droits et porte l'assiette à 100 % de la valeur des parts ; le démembrement réduit l'assiette selon la quotité de l'article 669 et maintient l'usufruit chez le donateur. La réponse dépend de trois éléments : la lecture des statuts et la qualification notariée de l'opération, l'abattement réellement disponible sur 15 ans et le nombre de donateurs, puis l'âge de l'usufruitier et son besoin de revenus.

Tant que ces trois éléments ne sont pas réunis, le choix reste prématuré. Une fois établis, ils permettent de comparer les deux voies sur des bases chiffrées, avec la valeur des parts à la date de la donation et les contreparties juridiques propres à chaque structure.

Le cabinet Etsa Patrimoine se tient à votre disposition pour analyser la faisabilité statutaire d'une donation de parts de SCPI et chiffrer, avec votre notaire, les droits à prévoir en pleine propriété et en démembrement selon votre situation.

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Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine.

Comment faire une donation de parts de SCPI à un enfant ?

La démarche part des statuts et de la documentation à jour de la SCPI, qui précisent les modalités de transfert, l'agrément éventuel et l'inscription du bénéficiaire. Une donation de parts sociales doit être réalisée par acte notarié, sous réserve de la qualification exacte de l'opération et du régime particulier des parts de SCPI. Le notaire et la société de gestion confirment la procédure applicable à la SCPI concernée.

Une donation de parts de SCPI est-elle exonérée jusqu'à 100 000 € ?

Non. Le montant de 100 000 € est un abattement par donateur et par donataire en ligne directe, appliqué sur la base taxable, et non une exonération générale de la donation. Le surplus net taxable est soumis à un barème progressif de 5 % à 45 %. L'abattement réellement disponible dépend de son utilisation antérieure sur une période de 15 ans.

L'agrément des associés est-il toujours nécessaire pour donner des parts de SCPI ?

Non. L'article 1861 du Code civil prévoit comme règle générale l'agrément de tous les associés, mais les statuts peuvent l'aménager. Les cessions à des ascendants ou à des descendants ne sont pas soumises à agrément, sauf disposition contraire des statuts. La clause figurant dans les statuts de la SCPI concernée tranche donc la question.

Comment fonctionne une donation de parts de SCPI démembrées ?

Le donateur transmet la nue-propriété des parts et en conserve l'usufruit. Les droits de mutation se calculent sur la valeur de la seule nue-propriété, déterminée selon l'âge de l'usufruitier au jour de la mutation, conformément à l'article 669 du CGI. Les effets du démembrement sur les revenus et les droits de vote se vérifient dans les statuts et dans l'acte.

Comment est calculée la valeur de la nue-propriété de parts de SCPI ?

Le barème de l'article 669 du CGI retient une nue-propriété de 50 % lorsque l'usufruitier a de 51 à moins de 61 ans révolus, de 60 % de 61 à moins de 71 ans révolus et de 70 % de 71 à moins de 81 ans révolus. Pour des parts valant 200 000 € et un usufruitier de 65 ans révolus, la nue-propriété s'évalue ainsi à 120 000 €. La valeur des parts elle-même se documente à la date de la donation.

Peut-on faire une donation de parts de SCPI sans notaire ?

Cela dépend de la qualification de l'opération, qui s'arrête avec le notaire et la société de gestion. Le formulaire n° 2735 sert à déclarer les dons manuels et les dons de sommes d'argent, mais il ne fait pas de toute donation de parts de SCPI un don manuel ordinaire. Pour les parts sociales de SARL, la fiche de service-public.fr impose l'acte notarié ; sa transposition aux parts de SCPI se confirme pour chaque société.

Quel cerfa pour déclarer une donation de parts de SCPI ?

Le formulaire n° 2735 sert à déclarer les dons manuels et les dons de sommes d'argent, et cette déclaration relève du bénéficiaire. Depuis le 1er janvier 2026, elle s'effectue en ligne, sauf exceptions ; le formulaire papier reste utilisé par les personnes dispensées de déclaration en ligne. Une donation notariée de parts de SCPI suit le circuit de l'acte, à confirmer avec le notaire.

Comment est évalué un usufruit à durée fixe sur des parts de SCPI ?

L'article 669 du CGI évalue l'usufruit constitué pour une durée fixe à 23 % de la valeur de la pleine propriété pour chaque période de dix ans, sans fraction et indépendamment de l'âge de l'usufruitier. Sur des parts valant 300 000 €, un usufruit de dix ans s'évalue à 69 000 €. Sa mise en œuvre sur des parts de SCPI se vérifie dans les statuts.

Valeur de retrait ou prix de souscription : quelle valeur pour une donation de parts de SCPI ?

Ni le prix de souscription, ni la valeur de retrait, ni une valeur comptable ne se substituent automatiquement à la valeur vénale des parts. La valeur retenue se justifie pour la SCPI concernée et à la date de la donation, avec le notaire et la documentation de la société de gestion. Elle forme l'assiette sur laquelle s'appliquent l'abattement et, en démembrement, la quotité de l'article 669 du CGI.

Le don familial de sommes d'argent s'applique-t-il aux parts de SCPI ?

Non, pas automatiquement. L'exonération supplémentaire prévue pour les dons familiaux vise des sommes d'argent, alors qu'une donation de parts de SCPI porte sur des droits sociaux. Le régime applicable dépend de la qualification de l'opération, du lien de parenté et des donations antérieures.

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