Stratégie patrimoniale 

CGP ou banque privée : quel modèle choisir avec 500 000 € ?

Façade en pierre d'une banque historique aux lions sculptés et lettrage doré, illustrant le choix CGP ou banque privée
Publié le
3/9/2026

Données réglementaires et chiffres vérifiés au 1er septembre 2026. Les seuils, statuts et garanties évoquent des textes susceptibles d'évoluer : vérifiez la date de mise à jour avant toute décision.

À 500 000 € d'actifs financiers, une question revient dans presque tous les premiers rendez-vous : faut-il confier ce capital à une banque privée ou à un conseiller en gestion de patrimoine ? La question est légitime, et la réponse est rarement binaire. Les deux modèles ont des forces réelles, des limites structurelles et un cadre réglementaire qui leur est propre. Cet article ne cherche pas à désigner un vainqueur. Il expose ce que chaque modèle fait bien, ce qu'il fait moins bien, ce que la réglementation impose à l'un et à l'autre, et les critères qui permettent de trancher selon votre situation patrimoniale.

Le seuil de 500 000 € n'est pas choisi au hasard. C'est à ce niveau que les deux modèles deviennent réellement accessibles, que les frais cessent d'être un détail et que la structuration du patrimoine (assurance-vie, compte-titres, holding, immobilier, crédit) commence à peser davantage que la sélection d'un produit isolé.

CGP ou banque privée : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant de comparer, il faut définir. Les deux termes recouvrent des réalités plus hétérogènes qu'il n'y paraît, et une partie des déceptions que rapportent les investisseurs vient d'un malentendu sur ce que chaque acteur est réellement.

La banque privée : un département d'un groupe bancaire

Une banque privée est, dans la très grande majorité des cas, une entité ou un département d'un groupe bancaire. Elle propose un service intégré : tenue de compte, crédit, gestion sous mandat ou conseil en investissement, ingénierie patrimoniale et, pour les encours les plus élevés, accès à des équipes spécialisées (structuration juridique, international, philanthropie). Le conseiller de banque privée est un salarié de l'établissement. Il s'appuie sur les produits, les mandats et les équipes de son groupe, et sur une sélection plus ou moins large de fonds externes selon la maison.

Un point mérite d'être dit clairement : les seuils d'accès aux banques privées françaises ne sont adossés à aucun document public normalisé. Chaque établissement fixe ses propres conditions, qui varient fortement d'une maison à l'autre et selon le niveau de service : les banques privées généralistes des grands réseaux évoquent couramment un seuil de l'ordre de 500 000 € d'actifs financiers, leurs offres de « gestion de fortune » se situent à plusieurs millions d'euros, et certaines banques privées spécialisées acceptent des encours nettement inférieurs. Ces montants sont des ordres de grandeur, souvent appréciés sur le patrimoine global plutôt que sur les seuls actifs confiés, et doivent être confirmés directement auprès de chaque maison.

Le CGP : un cabinet qui cumule plusieurs statuts réglementés

Le « conseiller en gestion de patrimoine » n'a pas d'existence légale en tant que tel. C'est une appellation commerciale qui recouvre un empilement de statuts, chacun régulé : conseiller en investissements financiers (CIF, sous le contrôle de l'AMF), intermédiaire en assurance (IAS, sous le contrôle de l'ACPR), intermédiaire en opérations de banque (IOBSP), carte de transaction immobilière et, parfois, compétence juridique appropriée (CJA). Dans la pratique, la plupart des cabinets cumulent ces statuts, ce qui leur permet d'intervenir sur les placements financiers, l'assurance-vie, le crédit et l'immobilier.

La conséquence pratique est importante : un CGP peut intervenir sur l'ensemble du patrimoine, mais il ne détient jamais vos fonds. L'article L. 541-6 du Code monétaire et financier lui interdit de recevoir des instruments financiers ou des espèces de ses clients, en dehors de sa propre rémunération. Les capitaux sont toujours logés chez un assureur, un dépositaire ou une société de gestion, jamais dans le cabinet. C'est une différence de nature avec la banque privée, qui est aussi votre teneur de compte.

Pourquoi 500 000 € est le seuil où la question se pose

En dessous de ce montant, la question ne se pose pas vraiment : la banque privée est rarement accessible, et le conseil patrimonial se limite souvent à une enveloppe ou deux. Au-dessus, les deux modèles sont ouverts, et trois paramètres changent d'échelle. Les frais, d'abord : un écart de 0,50 % par an représente 2 500 € par an sur 500 000 €, et bien davantage une fois capitalisé sur dix ou quinze ans. La structuration, ensuite : à ce niveau, on ne choisit plus un fonds, on organise une allocation entre plusieurs enveloppes, avec des questions de fiscalité, de transmission et de liquidité. Le crédit, enfin : pour un dirigeant, 500 000 € de liquidités coexistent presque toujours avec des encours professionnels, des cautions et parfois un besoin de financement, ce qui change la nature de la relation bancaire.

Si vous vous interrogez sur la manière dont ces 500 000 € doivent être répartis avant même de choisir un intermédiaire, notre article sur la manière d'investir 500 000 € détaille les grandes options d'allocation.

Les avantages de la banque privée

Il serait malhonnête de présenter la banque privée comme un modèle dépassé. Sur plusieurs terrains, elle reste la réponse la plus adaptée, et un conseiller indépendant sérieux le reconnaît.

L'intégration : compte, crédit et investissement sous un même toit

Le premier avantage est structurel. La banque privée est une banque : elle tient vos comptes, elle prête, elle garde vos titres, elle gère. Pour un investisseur qui souhaite un interlocuteur unique pour l'ensemble de sa relation financière, y compris les flux courants, les cartes, les virements internationaux et le crédit, cette intégration est un confort réel. Elle simplifie aussi certaines opérations : un crédit adossé à un portefeuille (crédit lombard), une avance sur contrat, un financement immobilier calibré sur le patrimoine global, se négocient plus facilement quand le prêteur voit l'ensemble des actifs.

Le CGP, lui, ne prête pas. Il peut intermédier un crédit en tant qu'IOBSP, mais il n'engage pas son propre bilan. Pour les opérations où le crédit est central, la banque garde structurellement l'avantage.

La profondeur des équipes et l'accès à certaines opérations

Les grandes banques privées disposent d'équipes d'ingénierie patrimoniale, de juristes, de fiscalistes, de spécialistes de l'international et du haut de bilan. Au-delà d'un certain encours, le client y a accès. Pour un chef d'entreprise en phase de cession, pour une famille avec des actifs dans plusieurs juridictions, pour des opérations de financement structuré ou de placement privé, cette profondeur compte. Les investisseurs satisfaits de leur banque privée mettent généralement en avant trois éléments : un accompagnement proactif du gestionnaire, l'accès à des spécialistes et la possibilité d'investir en private equity via la banque.

Ces équipes ne sont pas toujours mobilisables en dessous de certains seuils, et c'est un point à clarifier dès l'entrée en relation. Mais quand elles le sont, elles constituent un avantage qu'un cabinet de quelques personnes ne peut pas répliquer seul.

La solidité institutionnelle et la continuité de la relation

Une banque privée adossée à un groupe systémique offre une continuité que n'a pas un cabinet indépendant. Si votre conseiller change, la banque reste. Si le cabinet ferme, c'est plus compliqué. Les dépôts bénéficient de la garantie du Fonds de garantie des dépôts et de résolution à hauteur de 100 000 € par client et par établissement, avec un rehaussement temporaire pour certains dépôts exceptionnels (vente d'un bien d'habitation, succession, donation) encaissés moins de trois mois avant une défaillance. Les titres bénéficient d'une garantie distincte de 70 000 € par client et par établissement. Ces garanties ne couvrent pas la perte de valeur des placements, mais elles couvrent la défaillance de l'établissement lui-même.

{{cta-INVEST500K="/cta"}}

Les limites de la banque privée

Ces avantages ont des contreparties, qui sont précisément celles que les investisseurs décrivent lorsqu'ils envisagent de partir.

Une architecture de produits centrée sur le groupe

La banque privée distribue en priorité les produits de son groupe : contrats d'assurance-vie de sa compagnie, fonds de sa société de gestion, mandats de sa filiale. Certaines maisons ont ouvert leur gamme à des fonds externes, parfois largement, mais l'assurance-vie reste très souvent celle de l'assureur du groupe, et le contrat structurellement lié à la banque. Une gamme restreinte et un conseil orienté vers les produits maison sont les deux reproches les plus fréquemment adressés aux banques privées par les investisseurs qui les quittent.

Il faut nuancer : un produit maison n'est pas mauvais parce qu'il est maison. Certaines sociétés de gestion bancaires figurent parmi les meilleures de leur catégorie. Le problème n'est pas la qualité intrinsèque, c'est l'absence de comparaison : quand l'offre est fermée, l'investisseur ne sait pas ce qu'il ne voit pas.

Rotation des interlocuteurs et logique de réseau

Un conseiller de banque privée est salarié d'un réseau. Il change de poste, de région, de périmètre, au rythme des mobilités internes. La rotation des interlocuteurs est l'une des raisons les plus souvent citées d'un départ, avant même les frais : chaque changement impose de réexpliquer le patrimoine, les objectifs et l'historique des décisions. S'y ajoute la logique commerciale du réseau, avec des objectifs de collecte par gamme de produits, ce qui n'empêche pas un bon conseiller de bien conseiller, mais crée un contexte que le client doit avoir en tête.

Les avantages du conseiller en gestion de patrimoine

L'architecture ouverte et la mise en concurrence des assureurs

Le CGP n'a pas de produits à lui. Il sélectionne, parmi les contrats de plusieurs assureurs, plateformes et sociétés de gestion, ceux qu'il juge les plus adaptés à chaque client. Cette architecture ouverte est son principal argument : sur une assurance-vie, elle permet de comparer les frais de gestion, la profondeur de la gamme d'unités de compte, la qualité du fonds en euros et les options de gestion entre plusieurs compagnies, là où la banque propose en général son contrat. Elle permet aussi d'accéder à des solutions que les réseaux bancaires distribuent peu ou pas : certains fonds de private equity ou de dette privée, des produits structurés sur mesure, des SCPI de sociétés de gestion indépendantes, des opérations de démembrement ou de club deal immobilier.

C'est aussi ce que recherchent les investisseurs qui se tournent vers un cabinet indépendant après une expérience bancaire : l'accès à des placements qu'ils ne trouvaient pas dans leur réseau, la possibilité de négocier les frais d'entrée et un regard externe sur leur stratégie globale.

{{cta-audit="/cta"}}

Un interlocuteur stable, avec une vision d'ensemble

Dans un cabinet indépendant, le conseiller est le plus souvent l'associé lui-même ou un collaborateur de long terme. Il connaît le dossier, l'histoire du patrimoine, la famille, l'entreprise. La relation se construit sur des années, et le conseiller a un intérêt direct à la maintenir : son cabinet est son actif. Cette stabilité permet un travail de fond que les changements d'interlocuteur rendent difficile en réseau : suivi d'une stratégie de transmission sur dix ans, coordination avec le notaire et l'expert-comptable, ajustements progressifs de l'allocation.

Le CGP travaille aussi sur l'ensemble du patrimoine, pas seulement sur la partie qu'il gère. Il n'a aucun intérêt à ce que vos liquidités restent sur un compte plutôt qu'un autre, puisqu'il n'en tient aucun. C'est ce qui rend possible un audit patrimonial écrit qui couvre l'immobilier, l'entreprise, les contrats existants et la structure juridique, et pas uniquement les fonds à placer.

La négociation des frais et l'accès aux parts institutionnelles

Parce qu'il met les assureurs en concurrence et qu'il apporte des encours groupés, un CGP obtient souvent des conditions tarifaires que le client seul n'obtiendrait pas : frais sur versement réduits ou supprimés, frais de gestion de l'enveloppe inférieurs à ceux des contrats grand public, accès à des parts de fonds à frais réduits, ETF en unités de compte. Sur des contrats de nouvelle génération distribués par des conseillers indépendants, les frais annuels tous compris sont généralement sensiblement inférieurs à ceux des contrats bancaires anciens. Ce différentiel est le point de départ de la réflexion que nous détaillons dans le transfert d'un contrat d'assurance vie de plus de 500 000 €.

Les limites du conseiller en gestion de patrimoine

Un article qui ne présenterait que les faiblesses de la banque privée ne serait pas plus crédible qu'une plaquette bancaire. Le modèle du CGP a lui aussi des limites, et il faut les nommer.

L'indépendance n'est pas une propriété de la catégorie

C'est le point le plus important de cet article. Le mot « indépendant » est employé par la quasi-totalité des cabinets, mais il a une définition juridique précise depuis la transposition de la directive MIF 2. L'article L. 541-8-1, 7° du Code monétaire et financier réserve la qualification de « conseil indépendant » au CIF qui, d'une part, évalue un éventail suffisant et diversifié d'instruments financiers et, d'autre part, n'accepte aucune rémunération de tiers (ou la restitue intégralement au client). Autrement dit, un conseiller rémunéré par rétrocessions des assureurs et sociétés de gestion ne fournit pas un conseil indépendant au sens de la loi, quelle que soit son indépendance capitalistique.

Or le modèle de rémunération le plus répandu chez les CGP reste la rétrocession : le cabinet perçoit une part des frais d'entrée et des frais de gestion des produits qu'il distribue, versée par l'assureur ou la société de gestion. Le conseil aux honoraires purs, sans aucune rémunération liée aux produits, existe bel et bien, mais il demeure minoritaire. Le modèle dominant du CGP est donc, comme celui de la banque, un modèle de distribution rémunéré par les produits. Le CGP compare davantage de produits que la banque ; cela ne signifie pas qu'il est exempt de tout intérêt dans le choix.

Les investisseurs avertis le savent : certains produits portent davantage de marge que d'autres et peuvent orienter le conseil. C'est la raison pour laquelle le mode de rémunération doit être demandé explicitement, en euros et en pourcentage, avant toute souscription, quel que soit l'interlocuteur.

Ni crédit, ni dépôt, ni haut de bilan en propre

Le CGP ne peut pas prêter, ne peut pas tenir de compte et ne dispose pas, en interne, d'équipes de financement structuré. Sur tout ce qui relève du crédit, il intermédie ; il ne décide pas. Pour un dirigeant qui a besoin d'un crédit lombard, d'un financement d'acquisition ou d'une ligne de trésorerie personnelle adossée à ses titres, le CGP renverra nécessairement vers une banque. C'est une limite de périmètre, pas de compétence, mais elle est réelle.

La taille, la continuité et les garanties

Un cabinet indépendant est, dans la grande majorité des cas, une petite structure de quelques personnes. Cette taille a des conséquences. La continuité de la relation dépend de la santé du cabinet et de la présence de son dirigeant. Les garanties professionnelles sont plafonnées : l'article D. 541-9 du Code monétaire et financier impose une assurance de responsabilité civile professionnelle de 150 000 € par sinistre et par an pour les cabinets de moins de deux salariés, et de 300 000 € par sinistre et 600 000 € par an au-delà. Sur un patrimoine de 500 000 €, cette couverture est à mettre en regard des enjeux.

Il faut toutefois rappeler que ces garanties couvrent la faute du conseiller, pas la défaillance du dépositaire de vos fonds. Vos capitaux ne sont jamais dans le cabinet : ils sont chez un assureur, protégé par le Fonds de garantie des assurances de personnes à hauteur de 70 000 € par assuré et par compagnie, ou chez un dépositaire, couvert par la garantie des titres de 70 000 €. Sur ce point, les deux modèles se rejoignent davantage qu'on ne le croit.

Frais CGP ou banque privée : ce que l'on peut comparer, et ce que l'on ne peut pas

La comparaison des frais entre les deux modèles est le sujet le plus discuté et le moins bien traité. Trois raisons à cela. D'abord, les banques privées ne publient pas de grille unique : chaque mandat, chaque enveloppe, chaque tranche d'encours a sa tarification. Ensuite, les CGP ont des modèles de rémunération hétérogènes : rétrocessions, honoraires, ou mixte. Enfin, une partie des frais est invisible pour le client s'il ne demande pas le document adéquat.

Sur ce dernier point, la réglementation a progressé. Depuis 2022, un accord de place sur la transparence des frais impose aux producteurs d'assurance-vie et de PER de publier un tableau standardisé des frais en ligne, et d'indiquer le total des frais par unité de compte dans l'information précontractuelle. Par ailleurs, l'article 50 du règlement délégué (UE) 2017/565 impose, pour le conseil en investissement, une information sur les coûts et frais agrégés, en montant absolu et en pourcentage, avec une récapitulation annuelle. Un investisseur qui demande ces documents à sa banque comme à son CGP obtient une base de comparaison. Il faut les demander.

CritèreBanque privéeConseiller en gestion de patrimoine
Nature de l'acteurDépartement d'un groupe bancaire, salariéCabinet cumulant CIF, IAS, IOBSP, carte T
Détention des fondsOui : comptes, dépôts, titresNon, interdit par L. 541-6 CMF
Offre de produitsCentrée sur le groupe, ouverture variableMulti-assureurs, multi-gestionnaires
CréditPrêteur direct, crédit lombard possibleIntermédiation uniquement
Rémunération dominanteFrais de mandat, marges produitsRétrocessions le plus souvent, honoraires plus rarement
Conseil « indépendant » au sens MIF 2En général nonMinoritaire, à vérifier cabinet par cabinet
Continuité de la relationInstitution stable, interlocuteur variableInterlocuteur stable, structure de petite taille
Garantie en cas de défaillanceFGDR : 100 000 € dépôts, 70 000 € titresFonds logés chez l'assureur (FGAP 70 000 €) ou le dépositaire (70 000 €)
Équipes spécialisées internesOui au-delà de certains encoursNon, réseau de partenaires (notaire, avocat, expert-comptable)

La bonne question n'est donc pas « qui est le moins cher » dans l'absolu, mais : pour l'allocation précise que vous envisagez, quel est le coût total annuel, en euros, de la solution proposée par chacun, et quel service ce coût rémunère. À 500 000 €, un écart de 0,5 % vaut 2 500 € par an. Il justifie de passer une heure à obtenir les deux chiffrages.

{{cta-echange="/cta"}}

Ce que la réglementation garantit dans les deux cas

Les investisseurs sous-estiment souvent que les deux modèles sont encadrés, et que certaines obligations sont identiques. Un CIF doit être immatriculé à l'ORIAS, avec un renouvellement annuel, adhérer à une association professionnelle agréée par l'AMF, justifier d'un niveau de compétence minimal (diplôme de niveau bac+3, ou 150 heures de formation, ou deux ans d'expérience dans les cinq années précédentes) et remettre à son client une information sur sa tarification et ses modalités de rémunération avant toute prestation. Il doit également formaliser son conseil sur un support durable, dans un document d'adéquation qui justifie la recommandation au regard de la situation, des objectifs et de la tolérance au risque du client.

La banque privée est soumise aux mêmes règles MIF 2 sur l'adéquation et l'information sur les coûts, sous le contrôle de l'AMF pour les services d'investissement et de l'ACPR pour l'activité bancaire et d'assurance. La différence ne porte donc pas sur l'existence d'un cadre, mais sur sa mise en œuvre concrète : un investisseur doit recevoir, dans les deux cas, un document écrit qui explique pourquoi la solution recommandée est adaptée, et ce qu'elle coûte. S'il ne le reçoit pas, il est en droit de l'exiger.

Deux points de vigilance qui ne dépendent pas de l'intermédiaire. Premièrement, un contrat d'assurance-vie n'est pas transférable d'un assureur à un autre : la loi PACTE autorise la transformation d'un contrat au sein d'une même compagnie sans perte d'antériorité fiscale, mais changer d'assureur impose un rachat, avec ses conséquences fiscales et successorales. Le choix de l'assureur, en banque comme chez un CGP, engage donc durablement. Deuxièmement, un PEA se transfère sans perte d'antériorité, ce qui rend le changement d'établissement beaucoup moins coûteux sur cette enveloppe.

Quand la banque privée est le bon choix, quand le CGP l'est

Les situations où la banque privée a l'avantage

La banque privée s'impose lorsque le crédit est central dans la stratégie : financement d'une acquisition immobilière importante, crédit lombard pour investir sans désinvestir, ligne de trésorerie adossée aux titres. Elle s'impose aussi pour un patrimoine international nécessitant des comptes et une expertise dans plusieurs juridictions, pour les opérations de haut de bilan où la banque intervient comme conseil et comme financeur, et pour les investisseurs qui souhaitent une gestion sous mandat déléguée à une institution, avec un reporting standardisé et une continuité institutionnelle. Enfin, pour un investisseur qui accorde une valeur forte à l'intégration de ses flux courants et de ses placements, elle reste sans équivalent.

Les situations où le conseiller en gestion de patrimoine a l'avantage

Le CGP est mieux placé lorsque la priorité est la comparaison des solutions et la maîtrise des frais sur une assurance-vie ou un compte-titres, lorsque la structuration patrimoniale exige une vision d'ensemble (entreprise, immobilier, contrats existants, transmission) et un suivi de long terme par le même interlocuteur, lorsque l'investisseur souhaite accéder à des classes d'actifs peu présentes dans les réseaux (private equity via des sociétés de gestion indépendantes, dette privée, produits structurés sur mesure, club deals immobiliers, opérations en nue-propriété). Le CGP est également le bon interlocuteur pour auditer, avant tout transfert, un contrat bancaire existant, puisqu'il n'a aucun intérêt à ce que le contrat reste où il est.

Peut-on combiner banque privée et CGP ?

Oui, et c'est fréquemment la configuration la plus rationnelle à 500 000 € et au-delà. La banque conserve ce qu'elle fait le mieux : comptes, crédit, éventuellement un mandat sur une partie des actifs. Le CGP prend en charge la structuration globale, les enveloppes où l'architecture ouverte fait une différence (assurance-vie, private equity, immobilier), et le suivi de long terme. Les deux ne sont pas exclusifs, et un investisseur qui met les deux en concurrence sur des périmètres définis obtient souvent de meilleures conditions de chacun.

La combinaison a un coût : deux interlocuteurs, deux reportings, et la nécessité d'une vision consolidée. C'est précisément l'un des rôles que peut tenir le CGP, qui travaille sur l'ensemble du patrimoine y compris la partie logée en banque. Elle a aussi une condition : que les périmètres soient clairs, pour éviter que chaque acteur ne propose la même solution sur la même poche.

L'avis d'Etsa

Nous sommes un cabinet indépendant, et nous serions mal placés pour prétendre que le choix est neutre à nos yeux. Mais notre expérience des dossiers à 500 000 € et plus nous conduit à une position nuancée. La banque privée a des forces réelles, en particulier sur le crédit, l'international et la profondeur des équipes, et nous orientons vers elle des clients pour ces opérations. Le CGP a des forces réelles sur l'architecture ouverte, les frais, la vision d'ensemble et la stabilité de la relation. Et les deux modèles partagent une même faiblesse structurelle : une rémunération le plus souvent liée aux produits distribués.

Ce qui départage réellement, dans notre expérience, ce n'est pas le modèle, c'est la transparence du chiffrage et la qualité du diagnostic préalable. Un investisseur qui obtient, des deux côtés, un coût total en euros et une recommandation écrite justifiée est en mesure de choisir. Celui qui choisit sur la base d'une réputation, d'une relation ancienne ou d'un argument d'indépendance non vérifié prend une décision à l'aveugle sur un patrimoine qui mérite mieux.

Le cabinet Etsa Patrimoine se tient à votre disposition pour réaliser, sans engagement, l'audit écrit de vos contrats et placements actuels, chiffrer leur coût total annuel et vous indiquer, poche par poche, si une banque privée, un cabinet indépendant ou une combinaison des deux constitue la réponse la plus adaptée à votre situation.

Cet article est fourni à titre informatif. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine.

Quelle est la différence entre un conseiller en gestion de patrimoine et une banque privée ?

La différence tient d'abord à la nature de l'acteur. Une banque privée est un département ou une filiale d'un groupe bancaire : elle tient vos comptes, prête, conserve vos titres et distribue en priorité les produits de son groupe, avec une ouverture variable aux fonds externes. Son conseiller est un salarié de l'établissement. Un conseiller en gestion de patrimoine est un cabinet indépendant du point de vue capitalistique, qui cumule plusieurs statuts réglementés (CIF, intermédiaire en assurance, IOBSP, carte T) et sélectionne des solutions auprès de plusieurs assureurs et sociétés de gestion. Il ne détient jamais vos fonds, qui restent logés chez un assureur ou un dépositaire. En pratique, la banque privée a l'avantage sur le crédit, l'intégration des flux et la profondeur des équipes internes ; le CGP a l'avantage sur la comparaison des produits, la négociation des frais et la stabilité de l'interlocuteur. Les deux sont soumis aux règles MIF 2 sur l'adéquation du conseil et l'information sur les coûts.

À partir de quel montant peut-on accéder à une banque privée ?

Il n'existe aucun seuil légal ni document public normalisé. Chaque établissement fixe ses propres conditions d'accès, qui varient fortement selon la maison et selon le niveau de service (banque privée, gestion de fortune, équipe dédiée). Les montants pratiqués vont de quelques dizaines de milliers d'euros pour certaines banques privées spécialisées à plusieurs millions d'euros pour les offres de gestion de fortune des grands réseaux, avec un seuil de l'ordre de 500 000 € couramment appliqué par les banques privées généralistes en France. Ces montants doivent être confirmés directement auprès de chaque établissement, d'autant qu'ils peuvent être appréciés sur le patrimoine global plutôt que sur les seuls actifs confiés. À 500 000 € d'actifs financiers, la plupart des banques privées généralistes sont en pratique accessibles, mais les équipes d'ingénierie patrimoniale ou d'international ne sont pas toujours mobilisables à ce niveau : c'est un point à clarifier avant l'entrée en relation.

Un conseiller en gestion de patrimoine est-il vraiment indépendant ?

Pas nécessairement au sens de la loi. Depuis la transposition de la directive MIF 2, l'article L. 541-8-1 du Code monétaire et financier réserve la qualification de « conseil indépendant » au conseiller qui analyse un éventail suffisant et diversifié de produits et qui n'accepte aucune rémunération de tiers, ou la reverse intégralement à son client. Dans les faits, la majorité des cabinets sont rémunérés au moins en partie par des rétrocessions, et seule une minorité fournit un conseil indépendant au sens strict de ce texte. Un cabinet peut donc être indépendant d'un groupe bancaire tout en étant rémunéré par les rétrocessions des produits qu'il distribue. Ce n'est pas illégal, mais le conseiller doit vous l'indiquer clairement avant toute prestation, avec le détail de sa rémunération. La question à poser n'est pas « êtes-vous indépendant ? » mais « comment êtes-vous rémunéré sur ce que vous me proposez, en euros et en pourcentage ? ».

Combien coûte un conseiller en gestion de patrimoine ?

Cela dépend de son modèle de rémunération. Trois schémas coexistent. Le plus répandu est la rétrocession : le conseiller est rémunéré par les assureurs et sociétés de gestion sur les frais d'entrée et les frais de gestion des produits souscrits, sans facturation directe au client. Le deuxième schéma est celui des honoraires, facturés au forfait pour un bilan patrimonial ou en pourcentage de l'encours suivi ; les honoraires annuels se situent couramment entre 0,5 % et 1,5 % de l'encours, avec de fortes variations selon le cabinet et le périmètre de la mission. Le troisième schéma est mixte. Dans tous les cas, la réglementation impose au conseiller de vous remettre, avant toute prestation, une information écrite sur sa tarification et ses modalités de rémunération. Le coût pertinent n'est pas celui du conseiller seul, mais le coût total annuel de la solution, enveloppe, gestion et supports compris.

Peut-on avoir à la fois une banque privée et un conseiller en gestion de patrimoine ?

Oui, et c'est une configuration courante à partir de 500 000 € d'actifs financiers. Rien n'interdit de confier à une banque privée les comptes, le crédit et éventuellement un mandat de gestion sur une partie des actifs, et à un conseiller en gestion de patrimoine la structuration globale, les enveloppes où l'architecture ouverte apporte une différence (assurance-vie, private equity, immobilier) et le suivi de long terme. Cette organisation permet de mettre chaque acteur en concurrence sur son périmètre et d'obtenir souvent de meilleures conditions de l'un et de l'autre. Elle suppose en contrepartie de tenir une vision consolidée du patrimoine, ce qu'un CGP peut assurer puisqu'il travaille sur l'ensemble des actifs, y compris ceux logés en banque. La condition est que les périmètres soient définis dès le départ, pour éviter que les deux interlocuteurs proposent la même solution sur la même poche, et que chacun soit informé de l'existence de l'autre afin que les allocations ne se contredisent pas.

Comment vérifier qu'un conseiller en gestion de patrimoine est agréé ?

Trois vérifications simples suffisent. La première consiste à consulter le registre de l'ORIAS, organisme qui immatricule les intermédiaires en assurance, en banque et en investissements financiers : le numéro d'immatriculation doit figurer sur les documents du cabinet, et l'immatriculation est renouvelée chaque année. La deuxième consiste à vérifier que le conseiller, s'il exerce comme CIF, adhère à une association professionnelle agréée par l'AMF, adhésion obligatoire en vertu de l'article L. 541-4 du Code monétaire et financier. La troisième consiste à demander le document d'entrée en relation, que le conseiller doit remettre avant toute prestation et qui précise ses statuts, ses autorités de contrôle, ses partenaires et ses modalités de rémunération. Un cabinet qui ne fournit pas spontanément ces informations doit alerter, de même qu'un conseiller qui proposerait de recevoir vos fonds sur ses propres comptes, ce que la loi lui interdit. Ces vérifications valent aussi pour une banque privée, dont l'agrément relève de l'ACPR.

Mon argent est-il en sécurité chez un conseiller en gestion de patrimoine ?

Le conseiller en gestion de patrimoine ne détient jamais vos fonds : l'article L. 541-6 du Code monétaire et financier lui interdit de recevoir des instruments financiers ou des espèces de ses clients, hors sa propre rémunération. Vos capitaux sont logés chez un assureur, un dépositaire ou une société de gestion, et le cabinet n'y a pas accès. En cas de défaillance de l'assureur, le Fonds de garantie des assurances de personnes intervient à hauteur de 70 000 € par assuré et par compagnie ; en cas de défaillance d'un dépositaire, la garantie des titres couvre 70 000 € par client et par établissement. En cas de faute du conseiller lui-même, son assurance de responsabilité civile professionnelle obligatoire s'applique, avec des plafonds fixés par l'article D. 541-9 du même code (150 000 € par sinistre pour les cabinets de moins de deux salariés, 300 000 € au-delà). Ces garanties couvrent la défaillance ou la faute, jamais la baisse de valeur des placements, dans un modèle comme dans l'autre.

Qu'est-ce que l'architecture ouverte en gestion de patrimoine ?

L'architecture ouverte désigne un mode de distribution dans lequel l'intermédiaire ne se limite pas aux produits de son propre groupe, mais sélectionne des solutions auprès de plusieurs assureurs, sociétés de gestion et plateformes concurrentes. Concrètement, sur une assurance-vie, cela signifie pouvoir comparer plusieurs contrats sur leurs frais, la qualité de leur fonds en euros, la profondeur de leur gamme d'unités de compte et leurs options de gestion, puis retenir celui qui correspond le mieux à la situation de l'investisseur. C'est le mode de fonctionnement naturel du conseiller en gestion de patrimoine, qui n'a pas de produits à lui. Certaines banques privées pratiquent aussi une architecture partiellement ouverte, en référençant des fonds externes dans leurs mandats, mais l'enveloppe elle-même reste le plus souvent celle du groupe. L'architecture ouverte ne garantit pas à elle seule un conseil neutre : elle élargit le champ de comparaison, ce qui n'a de valeur que si le conseiller explique les raisons de son choix et la manière dont il est rémunéré sur la solution retenue.

Faut-il quitter sa banque pour travailler avec un conseiller en gestion de patrimoine ?

Non. Le conseiller en gestion de patrimoine ne tient pas de compte et ne prête pas : l'investisseur conserve donc nécessairement une relation bancaire pour ses flux courants, ses cartes et ses crédits. Travailler avec un CGP ne remet pas cette relation en cause, elle s'y ajoute. Ce qui peut évoluer, en revanche, c'est la localisation des placements : une assurance-vie, un compte-titres ou un investissement immobilier peuvent être souscrits via le cabinet auprès d'un assureur ou d'un dépositaire distinct de la banque. Pour les contrats déjà en place, la question se pose au cas par cas, car un contrat d'assurance-vie n'est pas transférable d'un assureur à un autre sans rachat, et ce rachat a des conséquences fiscales et successorales qu'il faut mesurer avant toute décision. Un investisseur peut donc parfaitement conserver sa banque, y compris sa banque privée, pour ce qu'elle fait bien, et confier à un cabinet indépendant la structuration globale et certaines enveloppes, à condition que les périmètres de chacun soient clairement définis.

Quels sont les frais d'une banque privée ?

Les frais d'une banque privée ne se résument jamais à un seul taux, et c'est ce qui les rend difficiles à comparer. Plusieurs couches peuvent se superposer : les frais de l'enveloppe elle-même (frais de gestion d'un contrat d'assurance-vie, droits de garde d'un compte-titres), les honoraires du mandat de gestion ou du conseil en investissement, les frais des fonds sous-jacents sélectionnés dans le mandat, et parfois une commission de surperformance. Chaque établissement fixe sa propre grille, souvent dégressive selon l'encours, et les conditions se négocient. Le seul document qui fait foi est le document d'information tarifaire de l'établissement, complété par le récapitulatif annuel des coûts et frais que la réglementation impose de remettre au client, en montant et en pourcentage. La bonne pratique consiste à demander, avant toute souscription, le coût total annuel de la solution proposée sur le montant envisagé, toutes couches comprises, afin de pouvoir le comparer à celui d'une solution alternative sur la même base.

Trouvons ensemble les solutions qui vous correspondent vraiment.

Contact