Stratégie patrimoniale 

Produits structurés en assurance-vie ou en compte-titres : que choisir ?

Publié le
27/1/2026

Introduction

Dans un environnement de marché volatil, où les taux évoluent rapidement et les actifs traditionnels peinent à offrir un rendement ajusté au risque, les produits structurés s’imposent comme des solutions d’investissement sur mesure, alliant performance potentielle et maîtrise du capital.

Mais un point reste souvent sous-estimé : la fiscalité et le cadre de détention jouent un rôle décisif dans la performance nette de ces instruments. Faut-il privilégier l’assurance-vie, avec ses avantages successoraux et fiscaux différés ? Ou le compte-titres, pour sa liberté totale et son accès à toute la gamme des produits du marché ?

Ce choix n’est pas anodin, surtout pour les chefs d’entreprise, cadres dirigeants ou investisseurs disposant d’un patrimoine significatif. Il conditionne la stratégie de distribution des revenus, la souplesse de gestion, et l’efficacité de la transmission.

Dans cet article, nous décryptons les forces et limites de chaque enveloppe, les impacts fiscaux à anticiper, et les stratégies d’allocation à privilégier dans une approche patrimoniale haut de gamme, exigeante et performante.

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Comprendre les produits structurés : fonctionnement et objectifs patrimoniaux

Qu’est-ce qu’un produit structuré ?

Les produits structurés sont des instruments financiers hybrides, conçus pour répondre à des objectifs précis : protéger partiellement le capital, profiter d’opportunités de marché, ou encore générer un rendement cible dans un contexte incertain. Ils combinent généralement deux composantes : un actif obligataire (souvent à capital garanti ou partiellement garanti) et un produit dérivé (option, swap, etc.), lié à un ou plusieurs sous-jacents (indice boursier, action, devise...).

Contrairement à un placement classique, leur performance dépend d’un scénario prédéfini. Le plus courant : un produit dit "autocall" (à remboursement anticipé automatique). Si le sous-jacent atteint un certain niveau à une date donnée, le produit se déclenche, verse un coupon et s’arrête. En cas de non-déclenchement, il continue, tout en offrant une protection partielle du capital à l’échéance.

Pourquoi sont-ils plébiscités ? Parce qu’ils permettent de capter du rendement tout en intégrant un niveau de protection modulable. Pour un investisseur averti, c’est une solution de diversification qui s’insère entre la gestion prudente et les actifs risqués. Mais leur compréhension nécessite rigueur, car leur mécanique peut être complexe, et leur liquidité limitée en cas de sortie anticipée.

Pourquoi les investisseurs patrimoniaux y ont recours ?

Pour les dirigeants, cadres supérieurs ou chefs d’entreprise disposant d’un patrimoine significatif, les produits structurés présentent quatre avantages majeurs :

  1. Une source de rendement dans un contexte de taux bas ou volatils : alors que les fonds en euros perdent en attractivité, les produits structurés permettent de viser des performances nettes de 5 à 10 % par an, tout en contrôlant le risque.
  2. Une personnalisation poussée : certaines structures peuvent être "sur-mesure", bâties pour s’adapter à une stratégie patrimoniale globale : durée, exposition géographique, secteur économique, devise, barrière de protection...
  3. Une fiscalité optimisable selon l’enveloppe choisie : assurance-vie, compte-titres, contrat de capitalisation. Le produit reste le même, mais la fiscalité varie fortement selon le mode de détention.
  4. Un levier de diversification dans une allocation d’actifs globale : ils peuvent compléter des positions en actions, obligations, private equity ou immobilier, en réduisant la volatilité globale du portefeuille.

En résumé, les produits structurés répondent à une logique de gestion asymétrique du risque : chercher un rendement raisonnable tout en limitant l’exposition aux pertes, dans des marchés incertains.

Les différents profils de produits structurés : capital garanti, à barrière…

Il existe une grande diversité de produits structurés, mais ils peuvent se classer en trois grandes familles, en fonction de la protection du capital et du mécanisme de performance :

1. Produits à capital garanti

  • Le capital est intégralement remboursé à l’échéance, quelle que soit la performance du sous-jacent.
  • Le rendement est souvent plafonné.
  • Utilisés par des investisseurs très prudents, mais la rémunération reste faible, surtout en période de taux bas.

2. Produits à capital partiellement protégé (barrière de protection)

  • Le capital est protégé tant que le sous-jacent ne baisse pas en dessous d’un seuil (barrière, ex : -40 %).
  • Permet des rendements plus attractifs (souvent entre 6 et 10 %), avec un risque maîtrisé.
  • Ce sont les plus couramment utilisés en gestion privée.

3. Produits autocallables (à remboursement anticipé)

  • Si le sous-jacent atteint un niveau déterminé à une date donnée (ex : à l’anniversaire du produit), l’investisseur récupère son capital + un coupon.
  • Sinon, le produit continue jusqu’à l’échéance, avec ou sans protection selon la structure.
  • Très utilisés dans les marchés latéraux ou légèrement haussiers.

D'autres variantes existent : structures à effet mémoire (report de coupons), reverse convertibles, produits à levier, ou encore à double barrière. Le niveau de complexité augmente avec la recherche de rendement, d'où l'importance d’un accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine expérimenté pour analyser les risques réels et les corréler à l’ensemble du portefeuille.

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Produits structurés en assurance-vie : avantages et limites

Un cadre fiscal ultra-attractif pour les plus-values et la transmission

L’un des principaux attraits de l’assurance-vie réside dans son régime fiscal unique, à la fois sur les plus-values et sur la transmission du capital. En y intégrant des produits structurés, l’investisseur combine performance potentielle conditionnelle et capitalisation défiscalisée.

Pendant la phase de vie du contrat, les produits structurés génèrent généralement des coupons conditionnels (souvent de 6 à 10 % par an) et/ou des gains à l’échéance. Tant qu’aucun rachat n’est effectué, aucune fiscalité ne s’applique. C’est le principe de la capitalisation : les gains s’accumulent à l’intérieur du contrat, sans frottement fiscal, ce qui favorise une croissance plus rapide sur le long terme.

En cas de rachat, la fiscalité dépend de l’ancienneté du contrat :

  • Avant 8 ans : Flat Tax à 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux).
  • Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) sur les gains, puis imposition à 24,7 % sur les produits (7,5 % + 17,2 %), dans la limite de 150 000 € de versements par assuré.

Optimisation possible : en fractionnant les rachats et en attendant la maturité fiscale du contrat (8 ans), un investisseur peut percevoir les gains de ses produits structurés quasiment nets d’impôts.

En cas de décès, l’assurance-vie permet de transmettre le capital hors succession, dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI), puis 20 % jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 %. Un avantage patrimonial considérable, surtout en cas de démembrement ou de clause bénéficiaire sur-mesure.

L’accès via des contrats luxembourgeois : sur-mesure et sécurité renforcée

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Les patrimoines importants ont accès à des contrats dits « luxembourgeois », qui permettent d’aller encore plus loin en matière de structuration.

Ces contrats, bien que régis par la directive européenne sur l’assurance-vie, offrent plusieurs avantages spécifiques :

  • Architecture ouverte : contrairement à la plupart des contrats français, ils donnent accès à une vaste gamme de produits structurés émis par des banques internationales (BNP Paribas, UBS, Goldman Sachs, etc.), parfois conçus sur-mesure pour le client.
  • Super-privilège : en cas de défaillance de l’assureur, l’épargnant bénéficie d’un statut de créancier prioritaire sur ses actifs, garantissant une meilleure sécurité que dans les contrats français.
  • Multi-devises et portabilité juridique : particulièrement utile pour les chefs d’entreprise mobiles ou les expatriés, qui souhaitent une gestion patrimoniale internationale.

À noter : les produits structurés logés dans un contrat luxembourgeois peuvent être sélectionnés par un gérant financier sous mandat, avec des conditions de frais et de suivi plus transparentes qu’en France.

Ces contrats offrent également plus de souplesse dans la gestion des unités de compte, avec la possibilité d’intégrer des fonds dédiés (FAS / FID) pour une gestion personnalisée.

Les contraintes à ne pas sous-estimer : sélection, liquidité, frais

Si les avantages sont indéniables, tout n’est pas idéal pour autant. L’assurance-vie impose certaines contraintes techniques qu’il est impératif d’anticiper.

1. Sélection restreinte des produits disponibles :
Les assureurs filtrent les produits structurés accessibles dans leur contrat. Cette sélection, souvent motivée par des critères de conformité ou de distribution, peut restreindre l’univers d’investissement. Certains produits innovants ou très techniques ne sont pas référencés, sauf via des contrats luxembourgeois ou des fonds dédiés.

2. Liquidité parfois limitée :
Les produits structurés sont des placements à horizon déterminé (souvent 8 à 12 ans), avec un mécanisme de remboursement anticipé possible. En assurance-vie, sortir d’un produit structuré avant terme peut être difficile. Il n’existe pas toujours de valeur liquidative quotidienne, ce qui complique une sortie rapide. Certains assureurs imposent des délais, voire des pénalités de sortie anticipée.

3. Frais d’entrée et rétrocessions :
Le niveau de frais peut être significatif : frais d’enveloppe, frais sur unités de compte, frais sur versements, rétrocessions intégrées dans la structure du produit. Ces frais, souvent invisibles pour l’investisseur, impactent la performance réelle.

Produits structurés en compte-titres : quand la flexibilité prime

Une gestion libre et réactive, sans contrainte d’enveloppe

Le principal avantage du compte-titres, c’est sa liberté totale. Aucun filtre, aucune validation d’assureur, aucun cycle d’enregistrement. Dès lors qu’un produit structuré est proposé par une banque d’investissement, il peut être souscrit, vendu, renforcé ou arbitré, en toute autonomie.

Cette souplesse permet aux investisseurs ou à leur conseiller d’agir rapidement selon le contexte de marché, sans attendre les délais (souvent plusieurs jours) imposés dans un contrat d’assurance-vie.

Exemple : si un produit structuré devient particulièrement attractif dans un contexte de forte volatilité (et donc avec des coupons élevés), l’investisseur peut y accéder immédiatement via son CTO, alors que le produit ne sera peut-être jamais référencé dans son assurance-vie.

De plus, la gestion peut se faire en gestion libre ou conseillée, avec un suivi quotidien des valeurs de marché, des opportunités de sortie anticipée ou de revente sur le marché secondaire, une approche plus dynamique, voire tactique.

Une fiscalité immédiate mais maitrisable

Le CTO est une enveloppe fiscalement transparente. Les plus-values et coupons issus des produits structurés sont directement imposés l’année de leur perception.

En l’absence de rachat différé, le prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax) s’applique :
→ 31,4 %, au total après augmentation de la loi de finance 2026 (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux).

Cette fiscalité peut paraître plus lourde que celle de l’assurance-vie, mais elle a aussi ses avantages :

  • Pas de plafond ni de limite d’investissement (contrairement au PEA ou à certains contrats).
  • Possibilité d’imputation des pertes sur les plus-values de même nature, permettant une compensation fiscale utile pour des investisseurs actifs.
  • En cas d’option pour le barème progressif, certains contribuables peuvent bénéficier d’un taux d’imposition plus bas (notamment s’ils disposent d’un déficit ou d’un quotient familial élevé).

Transparence et accès étendu à tous les produits structurés du marché

Le compte-titres donne accès à l’intégralité du marché primaire et secondaire des produits structurés. Les investisseurs peuvent :

  • Sélectionner des produits non référencés ailleurs (autocallables complexes, formules à double barrière, produits à levier, etc.).
  • Négocier les conditions directement avec l’émetteur (coupon, barrière, fréquence).
  • Bénéficier d’une valorisation en temps réel, essentielle pour ajuster sa stratégie selon l’évolution du marché.

La transparence est également bien plus forte : la documentation des produits (term sheets, scénarios, risques) est accessible et lisible, sans filtre assureur ou gérant mandaté. Cela permet une analyse plus rigoureuse du produit, notamment sur les points suivants :

  • Exposition réelle au risque.
  • Niveau de barrière de protection.
  • Risque de crédit de l’émetteur.
  • Scénarios de rendement (pessimiste, médian, optimiste).

Pour les investisseurs avertis, ou ceux accompagnés par un conseiller spécialisé en allocation de produits structurés, cette visibilité constitue un atout majeur. Elle facilite une allocation active, avec rotation des produits selon les cycles de marché, sans contrainte de support.

Comparatif stratégique : assurance-vie vs compte-titres pour les produits structurés

Tableaux comparatifs : fiscalité, liquidité, rendement, souplesse

Pour clarifier les différences, voici un tableau synthétique comparant les deux enveloppes selon des critères clés :

Enjeux IFI, transmission et détention via holding

Un point souvent négligé concerne l’impact des produits structurés sur l’IFI. La règle est claire : les placements financiers sont hors champ de l’IFI, même un produit structuré adossé à un indice boursier immobilier.

Détention via holding à l’IS :
Certains investisseurs logent leurs produits structurés via une société patrimoniale soumise à l’impôt sur les sociétés. Cette stratégie permet de bénéficier d’une fiscalité réduite sur les plus-values, de gérer les flux (dividendes, intérêts) en toute liberté, et de préparer la transmission dans le cadre d’une holding familiale.

Mais attention : les produits structurés doivent être sélectionnés avec soin pour s’intégrer dans la comptabilité de la société (valorisation, liquidité, émetteur). L’accompagnement d’un expert-comptable ou d’un ingénieur patrimonial est ici indispensable.

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Conclusion : Un arbitrage technique, une décision stratégique

Le choix entre assurance-vie et compte-titres pour loger des produits structurés ne se résume pas à une simple comparaison fiscale. C’est un arbitrage stratégique, qui doit s’intégrer dans une vision globale du patrimoine :
Optimisation des revenus différés ou immédiats,
Gestion active ou capitalisation long terme,
Préparation à la transmission,
Structuration via une holding ou un contrat luxembourgeois

Pour les investisseurs disposant d’un patrimoine financier significatif, chaque enveloppe a sa place, à condition qu’elle soit utilisée au bon moment, avec les bons produits et dans le cadre d’une allocation pensée à l’échelle du patrimoine global.

Dans ce contexte, les produits structurés deviennent des outils puissants… s’ils sont intégrés dans une stratégie sur-mesure, adaptée à votre profil de risque, vos objectifs et votre fiscalité personnelle.

Quelle est la différence entre un produit structuré et un placement classique ?

Un produit structuré est un investissement dont le rendement dépend d’un scénario de marché prédéfini (indice stable, haussier ou modérément baissier). Contrairement à une action ou à un fonds, la performance n’est pas linéaire : elle repose sur des conditions précises, souvent assorties d’une protection partielle du capital.

Les produits structurés sont-ils réservés aux investisseurs expérimentés ?

Ils s’adressent principalement à des investisseurs avertis ou accompagnés, car leur fonctionnement peut être complexe. Toutefois, intégrés dans une stratégie patrimoniale bien expliquée, ils peuvent convenir à des profils prudents à équilibrés cherchant du rendement avec un risque encadré.

Pourquoi la fiscalité est-elle déterminante pour la performance d’un produit structuré ?

À rendement brut identique, la performance nette peut varier fortement selon l’enveloppe de détention. L’assurance-vie permet une fiscalité différée et allégée dans le temps, tandis que le compte-titres entraîne une imposition immédiate des gains. Le choix fiscal influence donc directement le rendement réel.

Peut-on loger tous les produits structurés dans une assurance-vie ?

Non. Les contrats d’assurance-vie proposent une sélection limitée de produits structurés validés par l’assureur. Certains produits plus techniques ou innovants ne sont accessibles que via un compte-titres ou des contrats d’assurance-vie luxembourgeois.

Quels sont les avantages majeurs des produits structurés en assurance-vie ?

L’assurance-vie permet :

  • Une capitalisation des gains sans fiscalité tant qu’il n’y a pas de rachat
  • Une fiscalité allégée après 8 ans
  • Un cadre très avantageux pour la transmission du patrimoine
    C’est une enveloppe particulièrement adaptée à une stratégie de long terme.

Pourquoi certains investisseurs privilégient-ils le compte-titres ?

Le compte-titres offre une liberté totale : accès à tous les produits du marché, réactivité maximale, valorisation transparente et possibilité de vendre sur le marché secondaire. Il est privilégié pour une gestion plus active ou opportuniste.

La flat tax s’applique-t-elle toujours aux produits structurés en compte-titres ?

Par défaut, oui : les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Toutefois, il est possible d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu ou d’imputer certaines pertes, ce qui peut réduire la fiscalité selon la situation personnelle.

Les produits structurés sont-ils soumis à l’IFI ?

En règle générale, non, car il s’agit de placements financiers. Cependant, si le produit est indexé sur des actifs immobiliers cotés, une part peut entrer dans l’assiette de l’IFI. L’analyse du sous-jacent est donc essentielle, notamment en assurance-vie.

Peut-on investir en produits structurés via une holding patrimoniale ?

Oui, certains investisseurs utilisent une société à l’impôt sur les sociétés pour loger des produits structurés. Cette approche peut offrir une fiscalité attractive et une grande souplesse de gestion, mais elle nécessite un accompagnement technique (comptable et patrimonial).

Faut-il choisir entre assurance-vie et compte-titres ?

Pas nécessairement. Dans une approche patrimoniale globale, les deux enveloppes sont souvent complémentaires. L’assurance-vie est adaptée à la capitalisation et à la transmission, tandis que le compte-titres convient à une gestion plus dynamique. Le bon choix dépend des objectifs, de l’horizon d’investissement et de la situation fiscale.

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