Stratégie patrimoniale 

PER ou assurance-vie : quel placement privilégier selon votre situation ?

Publié le
3/2/2026

Introduction

PER ou assurance-vie : faut-il vraiment choisir ?

Lorsque l’on dispose d’un patrimoine conséquent et d’une fiscalité complexe, le choix de l’enveloppe d’épargne devient un levier stratégique. Faut-il privilégier la déduction fiscale immédiate offerte par le Plan d’Épargne Retraite (PER), ou la souplesse et la transmission optimisée que propose l’assurance-vie ? La réponse n’est ni simple, ni universelle.

Contrairement à une idée reçue, ces deux placements ne poursuivent pas les mêmes objectifs. Ils ne s’adressent pas aux mêmes profils, ne répondent pas aux mêmes temporalités, et ne présentent pas les mêmes avantages fiscaux à l’entrée ou à la sortie.

Dans cet article, nous décryptons en profondeur les arbitrages à opérer selon votre situation patrimoniale : niveau d’imposition, horizon de placement, mobilité géographique, besoin de liquidité ou volonté de transmission.

L’objectif : vous permettre d’adopter une stratégie d’épargne sur-mesure, alignée avec vos objectifs fiscaux, personnels et patrimoniaux.

Comprendre les logiques opposées du PER et de l’assurance-vie

Si le PER et l’assurance-vie peuvent héberger des supports d’investissement similaires, leur finalité patrimoniale diffère fondamentalement. Choisir entre les deux ne dépend pas du rendement ou du profil de risque, mais de votre horizon de placement, de votre fiscalité et de vos objectifs à long terme.

Assurance-vie : flexibilité, transmission et capital mobilisable

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L’assurance-vie reste l’enveloppe privilégiée pour ceux qui souhaitent :

  • Garder une disponibilité partielle ou totale de leur épargne
  • Préparer une transmission optimisée (notamment via l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans)
  • Construire une épargne polyvalente, sans plafond de versement ni verrou à la sortie

Son attractivité fiscale post-8 ans et la personnalisation des clauses bénéficiaires en font un outil patrimonial complet.

PER : avantage fiscal immédiat, mais argent bloqué jusqu’à la retraite

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Le PER, quant à lui, s’adresse aux contribuables lourdement imposés souhaitant :

  • Réduire leur imposition dès aujourd’hui via la déductibilité des versements
  • Capitaliser pour la retraite avec une sortie programmée en capital ou en rente
  • Arbitrer fiscalement entre forte imposition actuelle et revenus moindres à la retraite

Mais attention : les fonds sont verrouillés jusqu’à la retraite (sauf exceptions), et la fiscalité à la sortie peut être complexe selon les modalités choisies.

PER ou assurance-vie : que choisir selon votre situation patrimoniale ?

Face à deux enveloppes fiscales performantes, le bon choix ne dépend ni du rendement, ni du produit lui-même, mais de votre profil fiscal, de votre horizon de placement et de vos objectifs patrimoniaux. Voici un panorama des profils les plus fréquents chez les cadres dirigeants et les chefs d’entreprise, avec pour chacun, une orientation claire.

Vous êtes fortement fiscalisé (> 30 % de TMI) : avantage au PER

Pour les dirigeants ou cadres supérieurs fortement imposés, le PER représente une opportunité immédiate de déduction d’impôt. Chaque versement est déductible du revenu imposable, ce qui permet un gain net significatif.

Par exemple, un contribuable taxé à 41 % économise 4 100 € d’impôt pour 10 000 € versés.

À privilégier si :

  • Vous disposez d’un revenu disponible élevé
  • Vous êtes encore à plusieurs années de la retraite
  • Vous prévoyez une baisse de revenus (et donc d’imposition) à terme

En revanche, l’absence de disponibilité des fonds (hors cas de sortie anticipée) impose une gestion de trésorerie prudente.

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Vous anticipez une transmission de patrimoine : l’assurance-vie s’impose

Le PER est peu adapté aux stratégies de transmission, notamment en raison de sa fiscalité à la sortie et du traitement successoral moins avantageux.

L’assurance-vie, elle, offre :

  • Une fiscalité successorale ultra-compétitive (jusqu’à 152 500 € exonérés par bénéficiaire)
  • Une souplesse juridique grâce à la clause bénéficiaire (possibilité de démembrement, clause à tiroirs, etc.)

À privilégier si :

  • Vous avez des enfants ou héritiers désignés
  • Vous souhaitez organiser une transmission hors succession classique
  • Vous souhaitez anticiper tout en gardant la main sur votre capital

Vous voulez une épargne disponible à tout moment : l’assurance-vie, sans hésiter

Le blocage des fonds sur un PER rend ce produit incompatible avec un besoin de liquidité ou de projets à moyen terme.

L’assurance-vie, elle, permet des rachats partiels ou totaux sans justification, avec une fiscalité allégée au-delà de 8 ans.

À privilégier si :

  • Vous souhaitez garder une capacité de réaction (achat immobilier, imprévus, réinvestissements)
  • Vous valorisez la souplesse de gestion de votre capital

Vous préparez un complément de retraite : PER en priorité, assurance-vie en appui

Si votre objectif est de compléter vos revenus au moment de la retraite, le PER devient hautement pertinent : capitalisation pendant la phase de vie active, puis sortie en rente ou en capital selon la stratégie choisie.

Mais combiner les deux produits peut s’avérer judicieux :

  • Le PER pour bénéficier de la déduction fiscale à l’entrée
  • L’assurance-vie pour piloter la sortie avec plus de souplesse, notamment si vous souhaitez piocher dans votre épargne sans générer de revenus imposables

Stratégie combinée : constituer un PER pour la retraite, tout en développant une assurance-vie pour la liquidité et la transmission.

Vous êtes expatrié (ou envisagez de l’être) : méfiance vis-à-vis du PER

Le PER peut poser des difficultés fiscales à l’international :

  • La déductibilité fiscale française ne produit aucun avantage à l’étranger
  • La fiscalité à la sortie dépend de la convention fiscale du pays de résidence au moment de la liquidation

L’assurance-vie, en revanche, est souvent plus souple en contexte international :

  • Portabilité juridique et fiscale plus établie
  • Moins de dépendance au régime fiscal français

À privilégier si :

  • Vous êtes déjà résident fiscal hors de France
  • Vous avez un projet de mobilité à moyen terme
  • Vous souhaitez maintenir une certaine neutralité fiscale

Vous disposez d’un capital significatif à investir : l’assurance-vie pour sa capacité d’absorption

Le PER est plafonné en termes de versements déductibles. Au-delà, les montants versés n’ont plus d’intérêt fiscal et sont moins bien traités à la sortie qu’en assurance-vie.

Pour les dirigeants ayant réalisé une cession d’entreprise ou perçu une forte distribution, l’assurance-vie reste l’enveloppe la plus efficace pour placer des montants importants, avec des supports diversifiés (fonds euros, SCPI, private equity) et une fiscalité adoucie sur le long terme.

À privilégier si :

  • Vous souhaitez investir plusieurs centaines de milliers d’euros ou plus
  • Vous êtes en phase de consolidation patrimoniale
  • Vous ciblez un rendement long terme avec un cadre fiscal maîtrisé

Synthèse intermédiaire :

PER et assurance-vie : le bon arbitrage, c’est souvent la complémentarité

Opposer le PER à l’assurance-vie est une erreur fréquente. En réalité, ces deux enveloppes, bien que structurées différemment, peuvent se compléter avec intelligence dans une stratégie patrimoniale globale. L’arbitrage ne se joue pas seulement entre deux produits, mais dans l’architecture d’un patrimoine optimisé à la fois pour le présent, la retraite et la transmission.

Diversification des horizons et des régimes fiscaux

L’intérêt majeur de combiner PER et assurance-vie réside dans la diversification des régimes fiscaux.

  • Le PER permet de déduire aujourd’hui des versements, ce qui abaisse la pression fiscale immédiate.
  • L’assurance-vie, quant à elle, capitalise dans un cadre souple et bénéficie d’une fiscalité allégée sur les rachats après 8 ans. Elle permet également d’anticiper la transmission avec les abattements de 152 500€ par bénéficiaire.

En optimisant les flux d’épargne entre ces deux supports, il est possible :

  • De lisser sa fiscalité dans le temps
  • De bénéficier d’avantages fiscaux différenciés selon les moments de vie
  • De disposer de leviers d’arbitrage en cas de changement de stratégie ou d’environnement fiscal

Arbitrages dans le temps : PER tant qu’on est imposé, le reste en assurance-vie

Une stratégie patrimoniale intelligente pourrait consister à :

  • Alimenter en priorité le PER tant que la tranche marginale d’imposition est élevée (41 % ou 45 %), pour maximiser la déduction
  • Le reste des capitaux, une fois la fiscalité personnelle en baisse (changement de statut, baisse de revenus, départ à la retraite), orienter les flux vers l’assurance-vie, plus flexible et orientée transmission

Cette logique séquentielle permet d’optimiser chaque euro placé, en tenant compte du cycle de vie patrimoniale et fiscale.

Synthèse : tableau comparatif PER vs assurance-vie selon les profils

Parce qu’un bon choix patrimonial repose toujours sur une analyse stratégique du profil de l’épargnant, voici une synthèse claire pour identifier en un coup d’œil quelle enveloppe privilégier selon vos objectifs, votre fiscalité et votre situation de vie.

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Conclusion : PER ou assurance-vie, un choix stratégique plus que financier

PER ou assurance-vie : il ne s’agit pas simplement de comparer deux produits d’épargne, mais bien de définir une stratégie patrimoniale cohérente, adaptée à votre situation personnelle, fiscale et familiale.

→ Le PER est redoutablement efficace pour réduire l’imposition aujourd’hui, à condition d’accepter un blocage jusqu’à la retraite.
→ L’assurance-vie, quant à elle, reste un incontournable pour bénéficier de flexibilité, préparer une transmission, ou financer des projets intermédiaires.

Mais dans de nombreux cas, la combinaison des deux constitue la meilleure réponse : elle permet de lisser la fiscalité dans le temps, d’optimiser la transmission, et de s’adapter à l’évolution de vos objectifs.

Le cabinet se tient naturellement à votre disposition pour analyser, au regard de votre situation, l’arbitrage entre PER et assurance-vie, ou leur combinaison, au sein de votre stratégie patrimoniale globale.

Quelle est la principale différence entre un PER et une assurance-vie ?

La différence majeure réside dans la logique fiscale et l’horizon de placement.
Le PER vise avant tout à réduire l’impôt aujourd’hui en échange d’un blocage des fonds jusqu’à la retraite, tandis que l’assurance-vie privilégie la souplesse, la disponibilité de l’épargne et la transmission du patrimoine.

Est-il obligatoire de choisir entre PER et assurance-vie ?

Non. PER et assurance-vie sont souvent complémentaires.
Ils répondent à des objectifs différents : le PER est pertinent pour optimiser la fiscalité pendant la vie active, alors que l’assurance-vie accompagne les projets à moyen/long terme et la transmission. Les combiner permet d’optimiser son patrimoine sur plusieurs horizons.

Le PER est-il vraiment intéressant pour les contribuables fortement imposés ?

Oui, le PER est particulièrement avantageux pour les personnes soumises à une tranche marginale d’imposition élevée (41 % ou 45 %).
Les versements sont déductibles du revenu imposable, ce qui génère une économie d’impôt immédiate significative, à condition d’accepter l’indisponibilité des fonds jusqu’à la retraite.

Peut-on récupérer son argent avant la retraite sur un PER ?

En principe, non. Les sommes investies sur un PER sont bloquées jusqu’à l’âge de la retraite.
Il existe toutefois des cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, accidents de la vie), mais ils restent limités et doivent être anticipés dans la stratégie patrimoniale.

L’assurance-vie est-elle plus souple que le PER ?

Oui. L’assurance-vie permet des rachats partiels ou totaux à tout moment, sans justification.
Cette souplesse en fait un support privilégié pour faire face à des imprévus, financer des projets ou ajuster sa stratégie d’investissement au fil du temps.

Quel placement est le plus avantageux pour transmettre un patrimoine ?

L’assurance-vie est clairement plus adaptée à la transmission.
Elle bénéficie d’un cadre successoral très favorable, avec des abattements importants par bénéficiaire et une grande liberté dans la rédaction de la clause bénéficiaire, ce que le PER ne permet pas dans les mêmes conditions.

Le PER est-il adapté aux personnes expatriées ou mobiles à l’international ?

Le PER peut être moins pertinent en cas de mobilité internationale.
La déduction fiscale n’a d’intérêt que si l’on est imposé en France, et la fiscalité à la sortie dépend du pays de résidence au moment de la liquidation. L’assurance-vie offre généralement une meilleure portabilité juridique et fiscale à l’international.

Peut-on investir de gros montants sur un PER ?

Les versements sur le PER sont plafonnés fiscalement.
Au-delà de ces plafonds, l’avantage fiscal disparaît et la sortie peut devenir moins attractive. Pour investir des montants élevés, notamment après une cession d’entreprise, l’assurance-vie reste souvent plus efficace.

Quel produit privilégier pour préparer un complément de retraite ?

Le PER est particulièrement adapté pour constituer un revenu complémentaire à la retraite, grâce à la déduction fiscale pendant la phase d’épargne.
Cependant, l’assurance-vie est souvent utilisée en complément pour conserver de la flexibilité au moment des retraits et mieux piloter la fiscalité à la retraite. Néanmoins, il existe de nombreux autres produits financiers/immobiliers pour générer un complément de revenus.

Quelle stratégie adopter quand on hésite entre PER et assurance-vie ?

La meilleure approche consiste généralement à adapter les versements à chaque phase de vie :
alimenter le PER tant que la fiscalité est élevée, puis orienter progressivement l’épargne vers l’assurance-vie pour gagner en souplesse et préparer la transmission. Cette stratégie permet d’optimiser chaque euro investi sur le long terme.

Trouvons ensemble les solutions qui vous correspondent vraiment.

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