Fiscalité

PER et fiscalité : comment réduire son impôt grâce aux versements déductibles ?

Publié le
27/1/2026

Introduction

Pour les contribuables fortement imposés, le Plan d’Épargne Retraite (PER) reste l’un des rares outils capables de réduire immédiatement et efficacement l’impôt sur le revenu. Grâce à la déductibilité des versements volontaires, il permet de transformer une charge fiscale en épargne personnelle, avec un rendement fiscal pouvant atteindre 45 %.

Mais pour en tirer le meilleur, encore faut-il maîtriser les règles de calcul, les plafonds applicables et les bonnes stratégies de versement.

Dans cet article, nous vous expliquons comment maitriser votre fiscalité grâce au PER, avec des exemples concrets, des cas pratiques et des conseils avisés.

Pourquoi le PER est un outil puissant de déduction d’impôt

Une déduction immédiate, une imposition différée : le PER comme levier fiscal stratégique

Dans l’univers de la fiscalité française, rares sont les dispositifs aussi puissants, simples et immédiats que le Plan d’Épargne Retraite (PER). Sa mécanique repose sur un double levier fiscal redoutable :
une déduction à l’entrée et un report d’imposition à la sortie, dans des conditions généralement favorables.

Concrètement, les versements volontaires effectués sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond défini selon le statut du contribuable (salarié ou TNS). Cette déduction s’applique sur les revenus catégoriels (traitements, salaires, BIC, BNC…) et réduit mécaniquement le revenu imposable de l’année. Pour les contribuables dont la tranche marginale d’imposition supérieure est de 41 %, et s’il verse 10 000 € cela génère une économie d’impôts de 4 100€.

Contrairement à d'autres solutions de défiscalisation, le PER offre une optimisation directe, sans alourdir le patrimoine ou créer de dépendance à un actif. De plus, il n’est pas soumis au plafond des niches fiscales de 10 000 €, ce qui le rend particulièrement intéressant pour les foyers déjà saturés sur ce plan.

Mais cette déduction n’est pas une exonération : le capital sera imposé à la sortie (s’il l’investisseur ressort les capitaux à la retraite). Et c’est là que le PER prend toute sa valeur stratégique. La majorité des clients fortement imposés durant leur carrière (dirigeants, libéraux, cadres supérieurs) verront leur revenu baisser à la retraite, et donc leur tranche marginale d’imposition diminuer : de 45 % à 30 %, voire 11 %. Résultat : on déduit à taux fort aujourd’hui, on est imposé à taux faible demain. Le différentiel fiscal peut représenter plusieurs milliers d’euros d’écart.

Ce mécanisme de différé fiscal rend le PER particulièrement efficace dans une vision patrimoniale à long terme. Il s’intègre idéalement dans une stratégie de pilotage fiscal pluriannuelle, en prévision d’un départ en retraite, d’un changement de statut professionnel, ou d’une baisse anticipée de revenus.

Par ailleurs, si les capitaux ne sont pas retirés du plan épargne retraite, ils seront transmis aux héritiers sans avoir subi l’impôt sur le revenu et de manière plus avantageuse qu’un autre actif financier.

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Combien peut-on déduire : les plafonds applicables en 2026

Plafond de déduction des indépendants vs salariés : quelle différence ?

Le montant que vous pouvez déduire de votre revenu imposable grâce au PER dépend étroitement de votre statut professionnel. L’administration fiscale distingue deux catégories :

  • les travailleurs non-salariés (TNS)
  • les salariés ou assimilés

Pour les salariés et assimilés :

Le plafond annuel de déduction s’élève à 10 % des revenus professionnels nets de l’année précédente, avec un minimum basé sur le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).
Pour l’année fiscale 2026 (calcul basé sur les revenus 2025), le PASS est fixé à 46 368 €. Cela signifie que le plafond de déduction est de :

  • 10 % du PASS = 4 637 € minimum,
  • ou 10 % du revenu net imposable, dans la limite de 8 PASS, soit un plafond absolu de 37 094 €.

Pour les TNS :

Les indépendants bénéficient d’un calcul plus avantageux, aligné sur l’ancien régime Madelin :

  • 10 % du bénéfice imposable, dans la limite de 8 PASS,
  • + 15 % supplémentaires sur la fraction comprise entre 1 PASS et 8 PASS.

En 2026, le plafond de déduction pour un TNS peut donc atteindre environ 81 385 €.

→ Ce différentiel fait du PER un outil de défiscalisation particulièrement puissant pour les indépendants disposant de revenus élevés, notamment en fin d’exercice.

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Comment connaître votre plafond de déduction disponible ?

Il ne suffit pas de connaître les règles générales : votre plafond personnel de déduction figure chaque année sur votre avis d’imposition, dans la rubrique “Plafond épargne retraite”. Il tient compte :

  • de votre statut (salarié ou TNS),
  • de vos revenus professionnels N-1,
  • et surtout, des éventuels reports non utilisés des années précédentes.

Le système de report sur 3 ans

Si vous n’avez pas utilisé la totalité de vos plafonds au cours des trois dernières années, vous pouvez les cumuler pour augmenter votre capacité de déduction. Ce mécanisme est trop souvent négligé alors qu’il permet d’accroître fortement le montant déductible, surtout en cas de forte rentrée exceptionnelle (bonus, dividendes, plus-value, etc.).

Le plafond du conjoint : une opportunité à ne pas négliger

Autre point méconnu mais stratégique : les plafonds de déduction sont personnels mais peuvent être utilisés au sein du foyer fiscal.
Ainsi, un couple marié ou pacsé (dont la déclaration des revenus est réalisé en commun) peut librement choisir d’utiliser les plafonds de l’un pour les versements de l’autre, dans une logique d’optimisation conjointe. Cela permet de doubler (voire tripler avec report) la capacité de déduction sans dépasser les plafonds globaux du foyer.

→ En gestion patrimoniale, ce mécanisme de mutualisation est un levier-clé pour lisser l’imposition d’un couple à revenus asymétriques.

Stratégies d’optimisation fiscale avec le PER pour les hauts revenus

Lissage du revenu imposable sur plusieurs années

L’un des enjeux majeurs des hauts revenus réside dans l’irrégularité des rentrées financières : dividendes exceptionnels, primes, plus-values, cessions de parts…

Le PER permet ici un effet de lissage fiscal particulièrement efficace. En versant un montant important l’année où le revenu explose, vous abaissez votre revenu imposable dans une TMI inférieure ou, a minima, vous réduisez l’impact de la tranche marginale à 41 % ou 45 %.

Prenons un exemple concret :
Un dirigeant perçoit une rémunération habituelle de 100 000 €, mais encaisse en 2026 une prime exceptionnelle de 200 000 €. Sa TMI passe alors à 45 %. En versant 50 000 € sur son PER (si son plafond le permet), il génère une économie d’impôt immédiate de 22 500 €. Cette opération, couplée à l’utilisation de plafonds de déduction reportés, permet d’écrêter la hausse de revenu exceptionnelle.

C’est une stratégie pertinente dans les cas suivants :

  • forte prime de fin d’année,
  • versement de dividendes ou de compte courant d’associé,
  • cession d’entreprise ou de parts sociales,

→ En anticipant ces flux exceptionnels, le PER devient un véritable amortisseur fiscal, à activer au bon moment.

Anticiper une baisse de TMI à la retraite : un différentiel fiscal stratégique

Le PER est encore plus efficace lorsqu’il s’inscrit dans une vision fiscale anticipée du cycle de vie. L’idée ? Déduire à taux fort aujourd’hui, et être imposé à taux faible demain.

Ce différentiel entre TMI actuelle et future est souvent très marqué :

  • Un dirigeant imposé à 45 % en activité peut chuter à 30 %, voire 11 % à la retraite.
  • En sortie, même en optant pour une sortie en capital (possible à 100 % hors PER d’entreprise), l’imposition restera inférieure à celle supportée lors de la phase d’activité.

Le gain fiscal net s’analyse alors sur deux plans :

  1. Économie immédiate d’impôt grâce à la déductibilité à l’entrée,
  2. Imposition finale atténuée, soit par la baisse du revenu, soit par des abattements (sur les rentes, les plus-values, etc.).

Exemple : pour un contribuable dans la TMI à 45 %, chaque 10 000 € versé aujourd’hui permet d’économiser 4 500 € d’impôt. À la retraite, si la TMI tombe à 30 %, la réintégration fiscale ne coûte que 3 000 €. Le gain net est de 1 500 €, hors effet de capitalisation.

C’est pourquoi, dans une logique patrimoniale, il est souvent pertinent de “charger le PER” en phase de vie active, surtout dans les années précédant un changement de statut :

  • cession d’entreprise,
  • retraite anticipée,
  • passage en société à l’IS avec baisse de rémunération.

→ Résultat : le PER devient un véhicule de régulation fiscale, à la fois tactique à court terme et stratégique à long terme.

Cas pratiques : combien économiser selon votre profil fiscal

Cas d’un TNS avec revenus variables

Profil :
Marc, 52 ans, est architecte libéral en BNC. Ses revenus sont très volatils :

  • 2023 : 120 000 €
  • 2024 : 160 000 €
  • 2025 : 90 000 €

Il anticipe une année 2026 exceptionnelle avec un chiffre d’affaires proche de 200 000 €. Sa TMI devrait grimper à 45 %.

Plafond disponible :
En tant que TNS, Marc peut déduire jusqu’à 81 385 € sur 2026 (calculé selon 10 % du revenu + 15 % sur la tranche entre 1 et 8 PASS). Il dispose également d’un report partiel des années précédentes, soit un total utilisable de 90 000 €.

Versement PER en 2026 :
Marc décide de verser 50 000 € sur son PER individuel avant la clôture de l’année fiscale.

Résultat fiscal :

  • Économie d’impôt : 50 000 € × 45 % = 22 500 €

Analyse :
Cette stratégie lui permet d’écrêter sa TMI à 41 %, voire de la faire redescendre à 30 %, tout en optimisant sa retraite.

Cas d’un couple marié avec enfants à charge

Profil :
Sophie et Alexandre sont mariés, trois enfants à charge.

  • Sophie est chirurgienne (revenu imposable : 180 000 €)
  • Alexandre est consultant indépendant (revenu imposable : 80 000 €)

Leur revenu global imposable dépasse 250 000 €, avec une TMI à 45 %. Leur quotient familial permet un abattement sur une partie du revenu, mais leur impôt reste très élevé.

Plafonds disponibles :

  • Sophie : 10 % × 180 000 € = 18 000 €
  • Alexandre : TNS avec plafond PER de 25 000 €
  • Report des 3 années précédentes pour chacun : 12 000 € cumulés

Plafond global utilisable : environ 55 000 €

Versement PER en 2026 :
Ils décident de verser 40 000 € (25 000 € pour Sophie, 15 000 € pour Alexandre) sur leurs PER respectifs.

Résultat fiscal :

  • Économie d’impôt moyenne (à 41 %) : 16 400 €

Analyse :
La famille maitrise sa pression fiscale sans recourir à un dispositif limité par le plafond des niches fiscales (10 000 €). En mobilisant les plafonds conjoints + reports, ils obtiennent un effet de levier massif, compatible avec leur besoin de capitaliser pour leur retraite et transmettre leur patrimoine.

Attention aux pièges : ce qu’il faut savoir avant de verser

Le versement n’est déductible qu’à condition de le déclarer correctement

Faire un versement sur un PER ne suffit pas : l’avantage fiscal n’est acquis qu’à condition de bien le déclarer.

La déduction n’est effective que si le versement est correctement déclaré, selon votre statut.

Une erreur ou un oubli prive purement et simplement de la déduction. L’administration ne l’appliquera pas, même si votre assureur transmet les informations.

Attention également au cumul avec d’autres dispositifs d’épargne retraite (PERCO, Madelin, etc.) : il faut ventiler correctement les montants pour éviter de dépasser le plafond global.

Le bon timing pour verser sur son PER et optimiser son impôt

Quand faut-il verser pour bénéficier de la déduction sur les revenus 2025 ?

C’est une question simple, mais essentielle : à quelle date faut-il avoir versé sur son PER pour que la déduction soit prise en compte sur les revenus d’une année donnée ?

La réponse est claire :
Le versement doit être réalisé et encaissé par l’établissement gestionnaire au plus tard le 31 décembre de l’année concernée.

Autrement dit, pour bénéficier de la déduction sur les revenus 2026, le versement devra avoir été effectué avant le 31 décembre 2026, même si la déclaration de revenus n’interviendra qu’au printemps 2027.

Cela signifie :

  • Virement effectué au plus tard le 30 décembre (idéalement quelques jours avant).
  • Pour les paiements par chèque, l’encaissement doit figurer sur le compte PER au 31 décembre, ce qui suppose d’anticiper les délais postaux.

Fin d’année fiscale : un moment-clé pour les versements importants

Chaque année, les conseillers en gestion de patrimoine le constatent : les deux dernières semaines de décembre concentrent la majorité des versements PER. Et pour cause : c’est souvent le moment où les contribuables :

  • ont une visibilité définitive sur leur revenu imposable de l’année,
  • reçoivent des bonus ou dividendes,
  • clôturent leur bilan fiscal en tant qu’indépendants ou dirigeants,
  • cherchent à atteindre ou baisser un seuil d’imposition (changement de TMI, effet sur prestations sociales…).

Pour les hauts revenus, cette période permet de calibrer avec précision le montant optimal à verser, ni trop ni trop peu. Trop peu : le plafond disponible n’est pas utilisé. Trop : vous risquez une imposition forte à la sortie pour un gain marginal aujourd’hui.

De plus, l’impact psychologique est non négligeable : effectuer un versement PER en décembre, c’est transformer une charge fiscale en capital pour soi-même, un “cadeau” à soi-même plutôt qu’au Trésor public.

Conseil de pro :

  • Calculez précisément votre plafond (avis d’imposition, simulateur).
  • Anticipez le mode de sortie (rente ou capital).
  • Et surtout, ne tardez pas : les établissements peuvent être saturés fin décembre, ce qui peut compromettre la date de prise en compte fiscale.

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Conclusion

Le PER n’est pas qu’un simple outil d’épargne retraite : c’est un véritable levier de maitrise fiscale pour les hauts revenus. Bien utilisé, il permet de réduire significativement son imposition tout en constituant une épargne à long terme.

Mais son efficacité repose sur une stratégie sur mesure : choix du moment, montant des versements, mutualisation des plafonds, anticipation de la fiscalité à la sortie…

Vous souhaitez calibrer vos versements ou intégrer le PER dans une stratégie patrimoniale globale ? Faites appel à un conseiller en gestion de patrimoine pour tirer pleinement parti de ce dispositif avant la clôture fiscale de l’année.

Le cabinet se tient naturellement à votre disposition pour analyser, au regard de votre situation, la pertinence du recours au PER et en optimiser l’intégration au sein de votre stratégie patrimoniale globale.

À quoi sert le PER pour réduire son impôt sur le revenu ?

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) permet de déduire les versements volontaires de son revenu imposable, dans certaines limites. Cette déduction réduit immédiatement l’impôt à payer, ce qui en fait un outil particulièrement intéressant pour les contribuables fortement imposés.

Qui a le plus intérêt à verser sur un PER ?

Le PER est surtout avantageux pour les personnes situées dans les tranches marginales d’imposition élevées (41 % ou 45 %), comme les cadres supérieurs, dirigeants ou professions libérales. Plus le taux d’imposition est élevé, plus l’économie d’impôt générée par la déduction est importante.

Quel est le plafond de déduction des versements PER en 2026 ?

Le plafond dépend du statut professionnel.

  • Pour un salarié, il correspond en principe à 10 % des revenus professionnels, avec un minimum et un plafond légal.
  • Pour un travailleur non salarié (TNS), le plafond est plus élevé grâce à un calcul spécifique, ce qui permet de déduire des montants bien supérieurs en cas de revenus importants.

Comment savoir combien je peux encore déduire sur mon PER ?

Le plafond personnel figure chaque année sur l’avis d’imposition, dans la rubrique « plafond épargne retraite ». Il tient compte des revenus passés et des plafonds non utilisés des trois années précédentes, qui peuvent être reportés et cumulés.

Peut-on utiliser le plafond PER de son conjoint ?

Oui. Dans un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, les plafonds de déduction peuvent être mutualisés. Cela permet d’optimiser la fiscalité du foyer, notamment lorsque les revenus sont déséquilibrés entre les deux conjoints.

Le PER est-il soumis au plafond des niches fiscales de 10 000 € ?

Non. Les versements déductibles sur un PER n’entrent pas dans le plafonnement global des niches fiscales. C’est un avantage majeur pour les foyers qui utilisent déjà d’autres dispositifs de défiscalisation.

Est-il intéressant d’utiliser le PER lors d’une année de revenus exceptionnels ?

Oui, c’est même l’un de ses usages les plus efficaces. En cas de prime importante, dividendes ou plus-value, le PER permet de lisser le revenu imposable et de limiter l’impact d’une tranche d’imposition plus élevée sur une année donnée.

Jusqu’à quand faut-il verser pour déduire ses versements d’une année donnée ?

Pour que les versements soient déductibles au titre d’une année, ils doivent être effectivement encaissés avant le 31 décembre. Les versements réalisés après cette date ne seront pris en compte que pour l’année suivante, même si la déclaration est faite plus tard.

Trouvons ensemble les solutions qui vous correspondent vraiment.

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