Assurance-vie

J’ai investi en assurance-vie, que faire après 70 ans ?

Publié le
25/11/2025

Introduction

Atteindre 70 ans ne marque pas la fin de la stratégie patrimoniale. Bien au contraire. Pour les investisseurs déjà détenteurs d’un ou plusieurs contrats d’assurance-vie, cet âge constitue un tournant décisif, notamment sur le plan fiscal et successoral.

L’assurance-vie conserve toute sa pertinence après 70 ans, mais ses règles évoluent :abattement global réduit, fiscalité des primes modifiée, place croissante de la transmission… De nombreux souscripteurs, ignorent les implications concrètes dece cap et continuent à gérer leurs contrats comme avant, au risque de diluer leur efficacité patrimoniale.

Dans cet article, nous vous détaillons les moyens envisageables pour faire de vos contrats d’assurance-vie post-70 ans un outil toujours performant, stratégique et aligné avec vos objectifs patrimoniaux.

Assurance-vie : ce qui change fondamentalement après 70 ans

L’assurance-vie est une enveloppe patrimoniale à la fois souple, fiscalement avantageuse et juridiquement distincte de la succession. Elle permet de faire fructifier un capital sur des supports variés (fonds en euros, unités de compte), de disposer librement des sommes investies, et surtout de transmettre hors succession dans un cadre fiscal privilégié. Cependant, passé 70 ans, les règles d’imposition des versements évoluent et imposent une stratégie plus fine.

Le traitement fiscal des primes versées après 70 ans

Les versements effectués après 70 ans relèvent de l’article 757 B du Code général des impôts. Contrairement aux primes versées avant cet âge, ils ne bénéficient plus de l’abattement individuel de 152 500 € par bénéficiaire. À la place, un abattement unique de 30 500 € s’applique, tous bénéficiaires confondus, uniquement sur le montant des primes versées (les intérêts sont exclus de la base taxable).

Au-delà de cet abattement, les sommes sont soumises aux droits de succession classiques, selon le lien de parenté avec le bénéficiaire.

La fiscalité des intérêts reste attractive

Malgré ce durcissement sur les primes, les intérêts générés par les sommes versées après 70 ans conservent une exonération totale de droits de succession. Ce traitement différencié est souvent mal compris, mais il représente un avantage patrimonial réel.

Prenons un exemple : un versement de 30 500 € réalisé à 72 ans qui produit 12 000 €d’intérêts permet de transmettre 42 500 €, dont seuls 30 500 € sont fiscalisés, voire exonérés s’ils restent sous le seuil global. Les 12 000 € d’intérêts seront transmis hors fiscalité successorale. Cet effet de levier, justifie parfois de continuer à verser après 70 ans dans une optique de capitalisation ciblée.

Primes versées avant 70 ans : un avantage à conserver

Les versements effectués avant 70 ans relèvent d’un régime bien plus favorable, régi par l’article 990 I du CGI. Chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 €, après quoi les capitaux sont taxés à 20 % jusqu’à 700 000 €(par bénéficiaire), puis 31,25 % au-delà. Ce traitement reste valable, quel que soit l’âge du souscripteur au moment du décès.

Autrement dit, les primes versées avant 70 ans conservent indéfiniment leur avantage fiscal. Il est donc souvent stratégique de conserver ces contrats en l’état, voire de les isoler dans une approche patrimoniale distincte, pour organiser une transmission ciblée, fiscalement optimisée.

{{cta-Assurvie="/cta"}}

Faut-il continuer à alimenter un contrat d’assurance-vie après 70 ans ?

L’abattement de 30 500 € : analyse d'une limite souvent mal comprise

L’unique abattement applicable aux primes versées après 70 ans, 30 500 € tous bénéficiaires confondus, est souvent perçu comme une barrière. En réalité, son impact dépend du contexte successoral. Pour un couple marié sous régime communautaire, par exemple, chaque époux peut utiliser cet abattement, portant le plafond à 61 000 € sur l’ensemble des contrats. De plus, les produits issus de ces primes restent exonérés de droits de succession.

Autrement dit, l’enveloppe reste intéressante dans certains cas ciblés :pour un versement modéré, une diversification du capital ou une transmission à des bénéficiaires peu fiscalisés. Cet abattement peut être exploité intelligemment, notamment en faveur de bénéficiaires non héritiers.

Quand les versements restent pertinents (optimisation du rendement ou de la transmission)

Au-delà du simple abattement, les versements après 70 ans peuvent répondre à plusieurs logiques patrimoniales :

Optimiser le rendement via des unités de compte sélectionnées, notamment pour faire fructifier un capital inutilisé.

Transmettre à des bénéficiaires éloignés, qui auraient été lourdement taxés dans la succession classique.

Protéger le conjoint survivant, même sans avantage fiscal, grâce à la souplesse de la clause bénéficiaire.

Prévoir une affectation spécifique d’un capital (frais de succession, legs ciblé, aide à une personne en difficulté…).

L’enveloppe assurance-vie continue donc à offrir souplesse et liberté de répartition, indépendamment de l’abattement fiscal. Son utilité dépasse souvent le seul prisme de la fiscalité.

Clause bénéficiaire après 70 ans : le moment stratégique pour la réécrire

Les erreurs fréquentes : bénéficiaires mal désignés, clauses floues

Après70 ans, la clause bénéficiaire devient un levier central de votre stratégie patrimoniale. C’est elle qui détermine qui percevra les capitaux au décès, selon quelle répartition, et avec quelles conséquences fiscales et civiles. À ce stade , il devient indispensable de la revisiter, la structurer et l’optimiser.

Or, la majorité des clauses bénéficiaires sont rédigées de manière générique: "mon conjoint, à défaut mes enfants, à défaut mes héritiers". Ce type de formulation, bien que juridiquement valable, limite la souplesse du contrat :

Elle ne permet aucune personnalisation fiscale.

Elle ne tient pas compte des objectifs patrimoniaux spécifiques du souscripteur.

Elle rend difficile la gestion de la transmission entre plusieurs bénéficiaires aux régimes fiscaux différents (enfants d’un premier lit, neveux, personnes morales, etc.).

De plus, en l’absence de clause bénéficiaire claire ou actualisée, les capitaux peuvent réintégrer la succession, perdant ainsi tout avantage fiscal.Un risque réel, notamment chez les assurés âgés ayant souscrit des contrats depuis longtemps sans mise à jour.

L’intérêt des clauses démembrées ou à options post-70 ans

La réécriture de la clause peut permettre de recréer de la stratégie là où la fiscalité s’est resserrée. Deux outils se distinguent :

La clause démembrée, permettant d’attribuer l’usufruit au conjoint et la nue-propriété aux enfants.Elle assure protection du conjoint survivant tout en préparant la transmission aux enfants, avec une fiscalité optimisée.

La clause à options, qui donne au bénéficiaire la liberté de choisir, au moment du décès, entre plusieurs modes de réception (totalité du capital, quote-part, répartition entre enfants…).

Ces dispositifs offrent souplesse, efficacité juridique et optimisation fiscale, tout en s’adaptant à l’incertitude des années à venir (évolution familiale, besoin de liquidités, dépendance, etc.).

Allocation financière post-70 ans : sécuriser sans stériliser son capital

Après 70 ans, la gestion financière d’un contrat d’assurance-vie doit évoluer avec votre horizon de vie, vos besoins de revenus et vos objectifs de transmission.Il ne s’agit pas de désinvestir totalement ou de figer son capital dans le fonds en euros, mais de ré allouer avec discernement, en tenant compte du couple risque/rendement, de la liquidité nécessaire et de la fiscalité en jeu.

Allouer intelligemment pour concilier rendement, sécurité et transmission

Passé un certain âge, beaucoup d’épargnants adoptent une position ultra-prudente, en ré allouant massivement leur contrat vers le fonds en euros. Si cette approche rassure, elle réduit fortement le rendement global et expose à une perte de valeur réelle du capital sur le long terme.

Une stratégie plus fine consiste à construire une allocation équilibrée, combinant prudence, performance et optimisation successorale.

Fonds en euros (40 %) : pour la sécurité et la liquidité

SCPI via unités de compte (25 %) : pour un rendement régulier et une transmission efficace

{{cta-GuideSCPI="/cta"}}

Obligations datées ou fonds obligataires prudents (20 %) : pour une visibilité à échéance avec une prise de risque modérée

Produits structurés défensifs (10 %) : pour capter un rendement conditionnel avec protection partielle du capital

Fonds diversifiés à faible volatilité (5 %) : pour dynamiser marginalement le contrat sans prise de risque excessive

Cette allocation peut bien sûr être ajustée : elle doit être pensée en fonction de l’usage attendu du capital et de l’horizon successoral du souscripteur.

Pour une transmission à court terme (1 à 5ans), la priorité est à la liquidité et à la sécurité.

Pour une transmission différée (10 à 15ans), il est possible d’introduire une part mesurée de supports dynamiques pour valoriser le capital.

Pour générer des revenus complémentaires (par exemple pour le conjoint survivant), certains supports immobiliers ou obligataires offrent des flux réguliers et prévisibles.

L’idéal consiste à segmenter ses contrats par objectifs : un contrat pour la transmission, un autre pour les revenus, et éventuellement un troisième comme poche de réserve mobilisable en cas d’aléa (dépendance, donation, besoin ponctuel).

L’âge ne doit pas figer votre allocation. Ce sont vos objectifs patrimoniaux, votre stratégie successorale et votre situation familiale qui doivent guider vos arbitrages après 70 ans.

Pour aller plus loin : pensez au contrat de capitalisation

Moins connu que l’assurance-vie, le contrat de capitalisation mérite pourtant toute l’attention des investisseurs après 70 ans. Bien qu’il ne bénéficie pas du même régime hors succession, il présente un avantage patrimonial majeur : il est transmissible de son vivant par donation, y compris sous forme démembrée (nue-propriété /usufruit).

Cette stratégie permet d’anticiper la transmission tout en conservant l’usufruit du contrat, donc la maîtrise des revenus et des arbitrages, jusqu’au décès.Une piste à envisager sérieusement dans le cadre d’une stratégie patrimoniale plus globale.

{{cta-echange="/cta"}}

Conclusion

Passé 70 ans, l’assurance-vie ne perd pas de sa pertinence. Elle change simplement de rôle. Elle devient un outil d’optimisation fine, à la croisée de la transmission, de la fiscalité successorale et de la gestion financière à horizon limité.

Les avantages fiscaux des versements précoces doivent être conservés, tandis que les versements postérieurs, bien que plus encadrés, conservent un intérêt patrimonial ciblé, notamment grâce à l’exonération des produits. La clause bénéficiaire, souvent négligée, devient un levier stratégique, et l’allocation financière mérite d’être adaptée pour éviter à la fois la prise de risque excessive et la « neutralisation » du capital.

Faut-il arrêter d’alimenter son assurance-vie après 70 ans ?

Pas nécessairement. Bien que les avantages fiscaux changent après 70 ans, il peut rester pertinent de verser sur votre contrat dans certains cas : pour générer des intérêts exonérés, protéger un conjoint, ou transmettre à des bénéficiaires éloignés fiscalement qui peuvent être pénalisés dans la succession.

Quelle est la différence entre les primes versées avant et après 70 ans ?

Les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 €par bénéficiaire (article 990 I du CGI). Celles versées après70 ans sont soumises à un abattement unique de 30 500 € tous bénéficiaires confondus (article 757 B). Au-delà, elles réintègrent l’actif successoral.

Les intérêts générés après 70 ans sont-ils taxés au décès ?

Non.Les intérêts, plus-values et gains générés par les versements après 70 ans sont exonérés de droits de succession, ce qui représente un levier patrimonial souvent sous-estimé.

Peut-on avoir plusieurs contrats d’assurance-vie après 70 ans ?

Oui.Il est même parfois stratégique de segmenter ses contrats selon leurs objectifs : transmission, revenus complémentaires, réserve de liquidité…En revanche, l’abattement de 30 500 € s’applique par souscripteur, tous contrats confondus.

Faut-il réécrire sa clause bénéficiaire après 70 ans ?

Oui, dans la majorité des cas. La clause doit être actualisée régulièrement, notamment après un changement familial (mariage, divorce, naissance, décès).Une clause sur-mesure, éventuellement démembrée ou à options, permet d’optimiser la transmission selon vos volontés.

Est-il judicieux d’utiliser des unités de compte après 70 ans ?

Oui, sous conditions. Certaines UC adaptées permettent de maintenir une performance mesurée, même à cet âge. L’essentiel est de répartir l’allocation en fonction de l’horizon de vie et de transmission.

Est-il utile de conserver plusieurs contrats d’assurance-vie après 70 ans ?

Oui, à condition que chaque contrat réponde à un objectif précis. Les contrats alimentés avant 70 ans doivent être conservés pour leurs avantages fiscaux. En revanche, il peut être judicieux de clôturer ou regrouper ceux devenus redondants, peu performants ou mal structurés. Une analyse au cas par cas est essentielle.

Puis-je désigner mes petits-enfants comme bénéficiaires après 70 ans ?

Oui, tout à fait. Il peut même être judicieux de transmettre directement aux générations suivantes pour sauter un niveau de succession. Attention toutefois à bien gérer la fiscalité et à adapter la clause bénéficiaire à cette stratégie.

L’assurance-vie est-elle toujours hors succession après 70 ans ?

Oui, juridiquement. Mais fiscalement, les primes versées après 70 ans peuvent être réintégrées dans l’actif successoral au-delà de 30 500 €,ce qui altère l’avantage. L’exonération fiscale s’applique toujours aux produits générés.

Dois-je faire un audit de mes contrats après 70 ans ?

Absolument. Un audit permet de : vérifier la cohérence des clauses bénéficiaires ; optimiser la fiscalité des versements antérieurs et postérieurs à 70 ans ; adapter l’allocation aux objectifs actuels (revenu, transmission, réserve), détecter les contrats inadaptés.

Trouvons ensemble les solutions qui vous correspondent vraiment.

Contact