Introduction
Dans un marché immobilier sous tension, marqué par la hausse des taux, la raréfaction du neuf et le durcissement des normes énergétiques, l’immobilier ancien à réhabiliter s’impose comme une alternative stratégique pour les investisseurs avisés. Longtemps perçu comme contraignant, il devient aujourd’hui un puissant levier de création de valeur patrimoniale… à condition de maîtriser les bons outils fiscaux.
Déficit foncier, Denormandie, loi Malraux ou régime des Monuments Historiques : ces dispositifs, souvent complexes et mal compris, permettent pourtant d’allier maitrise fiscale, valorisation du capital et vision long terme. Encore faut-il savoir lequel activer, dans quel contexte, et avec quelle structuration juridique.
Pourquoi l’immobilier réhabilité séduit de plus en plus les investisseurs ?
Répondre aux enjeux du marché immobilier actuel
Le marché immobilier français traverse une zone de turbulence. Taux d’emprunt en hausse, raréfaction de l’offre dans les grandes métropoles, encadrement des loyers… Dans ce contexte, l’immobilier ancien à rénover revient en force dans les stratégies patrimoniales.
En effet, face à une pénurie croissante de biens de qualité dans le neuf, les investisseurs se tournent vers des actifs sous-cotés mais à fort potentiel, en particulier dans des centres-villes attractifs ou en mutation. Réhabiliter permet ainsi d’acheter moins cher au mètre carré, tout en valorisant le bien sur le long terme grâce aux travaux.
Cette approche répond aussi aux évolutions sociétales : attentes accrues des locataires sur la performance énergétique, retour en grâce du cachet de l’ancien, ou encore recherche de localisation hyper-centrale, souvent absente du neuf.
Des opportunités patrimoniales dans l’ancien à rénover
L’immobilier réhabilité est bien plus qu’un produit locatif : c’est un véritable outil de construction patrimoniale. En rénovant un bien ancien, l’investisseur crée de la valeur là où le marché ne l’offre plus spontanément. Cette création de valeur s’opère sur plusieurs niveaux :
- Capitalisation : un bien rénové dans un quartier en mutation bénéficie d’un potentiel de revente accru.
- Revenus : les loyers perçus après travaux peuvent être revalorisés, notamment via un positionnement "haut de gamme".
- Transmission : certains dispositifs permettent d’intégrer intelligemment le bien dans une stratégie de transmission (ex. démembrement, SCI, donation post-rénovation…).
Ce type d’investissement s’adresse donc particulièrement aux hauts revenus et aux dirigeants soucieux d’optimiser leur fiscalité tout en constituant un actif tangible, transmissible et décorrélé des marchés financiers.
Une fiscalité attractive en soutien à la rénovation du parc immobilier
L’État ne cache pas sa stratégie : inciter les investisseurs privés à prendre en charge la rénovation du parc immobilier ancien, souvent énergivore, parfois insalubre. Pour cela, plusieurs dispositifs fiscaux puissants ont été mis en place, ciblant différents types de biens et de profils.
Réduction d’impôt, imputation de déficits, déduction sans plafonnement… Les avantages fiscaux liés à la réhabilitation immobilière sont parmi les plus généreux du droit français, à condition de respecter les critères précis (localisation, nature des travaux, durée de location, etc.).
En s’inscrivant dans ces cadres réglementaires, l’investisseur combine un triple objectif :
- Contribuer à l’amélioration du parc immobilier français
- Optimiser fortement sa fiscalité
- Construire un patrimoine immobilier durable
Les grands dispositifs fiscaux pour investir dans l’immobilier réhabilité
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Face à la complexité du cadre fiscal français, il est essentiel de connaître les bons leviers pour rentabiliser un investissement dans un bien à rénover. Selon la nature du projet, sa localisation, le montant des travaux et le profil de l’investisseur, plusieurs régimes peuvent offrir une maitrise de la fiscalité significative.
Le dispositif Denormandie : inciter à la rénovation dans l’ancien
Lancé en 2019, le dispositif Denormandie s’adresse aux investisseurs souhaitant rénover un bien ancien destiné à la location, dans des villes moyennes ciblées par le programme Action Cœur de Ville.
Conditions d’éligibilité :
- Acquisition d’un logement ancien entre 2019 et fin 2026
- Réalisation de travaux représentant au moins 25 % du coût total de l’opération
- Mise en location nue pendant 6, 9 ou 12 ans à un loyer plafonné
- Locataires sous conditions de ressources
Avantages fiscaux :
- Réduction d’impôt sur le revenu : 12 %, 18 % ou 21 % selon la durée d’engagement
- Plafond d’investissement pris en compte : 300 000 € par an
Le Denormandie est un excellent levier pour les investisseurs recherchant une réduction directe de leur impôt sur le revenu, tout en contribuant à la revitalisation des centres-villes.
Le déficit foncier : un levier puissant pour les revenus fonciers élevés
Moins connu du grand public, le déficit foncier est redoutablement efficace pour les contribuables ayant au moins 20K€ de revenus fonciers /an. Il s’applique dans le cadre d’un bien en location nue, générant des revenus fonciers classiques.
Comment ça fonctionne ?
- Les travaux d’entretien, réparation ou amélioration sont déductibles des revenus fonciers.
- Si les charges dépassent les loyers, le déficit foncier vient s’imputer sur le revenu global, à hauteur de 10 700 € par an.
- L’excédent est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.
Ce mécanisme est idéal pour les contribuables ayant d’importants revenus fonciers et donc fortement fiscalisés (TMI 41 % ou 45 %), souhaitant :
- Conserver une maîtrise patrimoniale totale du bien (pas de plafonds de loyers ou de zonage)
- Optimiser des revenus fonciers existants ou à venir
- Réaliser des travaux importants sur plusieurs années
Astuce patrimoniale : combiné à une SCI à l’IR, le déficit foncier devient un outil de pilotage redoutable, notamment en couplage avec une stratégie de démembrement ou de transmission.
La loi Malraux : pour les immeubles situés dans les secteurs sauvegardés
La loi Malraux, en vigueur depuis les années 1960 et régulièrement adaptée, offre une réduction d’impôt très attractive pour les investisseurs rénovant des immeubles classés ou situés dans des zones patrimoniales sensibles.
Biens concernés :
- Situés en secteurs sauvegardés, en Sites Patrimoniaux Remarquables (SPR) ou en ZPPAUP
- Travaux obligatoirement validés par un Architecte des Bâtiments de France
- Engagement de location nue pendant 9 ans
Avantage fiscal :
- Réduction d’impôt de 22 % à 30 % du montant des travaux (plafonnés à 400 000 € sur 4 ans)
- Aucune limite de loyer ou de ressources du locataire
Loi patrimoniale par excellence, la Malraux séduit les investisseurs souhaitant diversifier leurs actifs dans des emplacements de prestige tout en réduisant fortement leur imposition.
Le régime Monuments Historiques : un outil de niche pour les gros patrimoines
C’est l’un des dispositifs les plus puissants du système fiscal français, mais aussi l’un des plus contraignants. Le régime des Monuments Historiques (MH) permet une déduction sans plafonnement des travaux sur le revenu global, en contrepartie d’un engagement patrimonial fort.
Conditions :
- Bien classé ou inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques
- Travaux réalisés sous supervision architecturale stricte
- Conservation du bien pendant 15 ans minimum
Avantages fiscaux :
- Déduction intégrale des travaux du revenu global, sans plafond
- Report possible sur les années suivantes en cas d’excédent
- Déductibilité possible des intérêts d’emprunt
Ce régime s’adresse principalement aux très hauts revenus, dont la pression fiscale dépasse souvent les plafonds des autres régimes. Il constitue aussi un outil puissant pour transmettre un bien d’exception avec une décote significative des droits de succession (via des conventions spécifiques avec l’État).
Comparatif des dispositifs : quel outil fiscal selon votre profil ?
Tous les dispositifs fiscaux liés à l’immobilier réhabilité ne se valent pas, et surtout, ils ne s’adressent pas aux mêmes profils d’investisseurs. Pour maximiser l’effet de levier fiscal et patrimonial, il est impératif d’adopter une démarche sur-mesure. Voici une lecture comparée pour faire le bon choix.
Tableau synthétique des avantages, conditions et profils types

Ce tableau permet une vue rapide des forces et contraintes de chaque mécanisme. Toutefois, une lecture fine de la situation personnelle reste indispensable.
Choisir selon ses objectifs : réduction d’impôt, optimisation de revenus fonciers, transmission
Le choix du dispositif fiscal doit toujours être corrélé aux objectifs patrimoniaux globaux :
- Réduction d’impôt immédiate : le Denormandie ou la loi Malraux permettent une baisse directe de l’IR, idéale pour les profils fortement imposés souhaitant un impact à court terme.
- Optimisation des revenus fonciers : le déficit foncier est parfaitement adapté aux contribuables disposant de plusieurs biens locatifs ou en phase de création de portefeuille immobilier.
- Transmission de patrimoine : le régime Monuments Historiques, bien que plus contraignant, peut s’intégrer dans une logique de transmission avantageuse, notamment en démembrement croisé ou en donation avec réserve d’usufruit.
- Stratégie d’image ou de prestige : investir dans un immeuble classé (Malraux ou MH) peut également servir un objectif immobilier de représentation, pour les professions libérales ou les entrepreneurs à forte visibilité.
L’importance du conseil sur-mesure en gestion de patrimoine
Il n’existe pas de solution universelle. Un bon dispositif fiscal est d’abord celui qui s’intègre naturellement dans la stratégie patrimoniale globale de l’investisseur. Cela suppose une analyse fine de plusieurs paramètres :
- TMI et revenus fonciers existants
- Objectifs de rendement ou de valorisation
- Durée de détention envisagée
- Volonté (ou non) de transmettre
- Capacité à financer les travaux (cash ou via un emprunt bancaire)
L’accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine indépendant, en lien avec un expert-comptable et/ou un notaire, est donc essentiel pour arbitrer objectivement entre les dispositifs, identifier les risques fiscaux et construire un montage optimisé (ex : SCI, démembrement, effet de levier bancaire).
À noter : un dispositif fiscal mal choisi ou mal structuré peut conduire à une requalification fiscale, à des surcoûts inattendus, voire à un manque de liquidité patrimoniale.
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Les erreurs à éviter lors d’un investissement dans un bien à réhabiliter
Réhabiliter un bien immobilier en vue d’un avantage fiscal est une opération à fort potentiel… mais aussi à fort risque si elle est mal maîtrisée. Trop d’investisseurs perdent les bénéfices espérés à cause d’erreurs d’analyse, de montage ou de mise en œuvre. Voici les écueils majeurs à éviter.
Sous-estimer la charge réelle des travaux
C’est l’erreur la plus courante : partir d’un devis approximatif ou sous-évaluer la complexité du chantier. Dans l’ancien, les imprévus sont fréquents : réseaux à refaire, conformité aux normes électriques ou thermiques, structures porteuses fragilisées, etc.
Conséquences :
- Dérapage budgétaire
- Rallongement des délais
- Remise en cause de l’éligibilité au dispositif fiscal si les travaux ne sont pas conformes ou achevés dans les temps
Bon réflexe : faire réaliser une étude technique approfondie (diagnostic structurel, DPE, audit énergétique) avant l’achat, et intégrer une marge de sécurité de 15 à 20 % dans le budget travaux.
Ne pas anticiper les contraintes réglementaires
Certains dispositifs, comme la loi Malraux ou le régime Monuments Historiques, exigent des validations strictes de la part des Architectes des Bâtiments de France (ABF). Les délais peuvent être longs, les exigences contraignantes, et les travaux souvent plus coûteux qu’en rénovation "classique".
Autres contraintes :
- Respect des normes environnementales (RE2020, BBC rénovation)
- Accessibilité (notamment en copropriété)
- Autorisations d’urbanisme (permis de construire ou déclaration préalable)
Risque majeur : débuter les travaux avant validation des autorisations = perte d’éligibilité fiscale.
Mal choisir le régime fiscal adapté à sa situation
Certains investisseurs se laissent séduire par un dispositif défiscalisant sans avoir vérifié qu’il correspond réellement à leur profil fiscal ou à leur stratégie de long terme.
Exemples fréquents :
- Choisir le Denormandie alors qu’on n’a pas d’impôt à payer (perte de l’avantage fiscal)
- Activer le déficit foncier alors qu’on n’a pas ou peu de revenus fonciers (inefficacité)
- Se lancer dans un projet MH sans capacité de trésorerie suffisante (blocage)
Le bon dispositif n’est pas celui qui offre le plus gros gain théorique, mais celui qui s’intègre de façon cohérente à votre architecture patrimoniale (impôt, structure de détention, flux de trésorerie, horizon de détention, etc.).
Investir dans l’immobilier réhabilité en 2026 : un pari gagnant ?
Alors que l’immobilier neuf est pénalisé par la flambée des coûts de construction, la rigidité des normes et une demande en baisse, l’immobilier ancien à rénover apparaît comme un contre-courant intelligent. En 2026, les signaux restent au vert pour ceux qui savent manier les bons outils fiscaux et patrimoniaux.
Un contexte fiscal encore favorable malgré les réformes
Ces dernières années, le législateur a amorcé une rationalisation des niches fiscales, avec un plafonnement global des avantages (10 000 € / an pour la plupart des réductions IR). Pourtant, plusieurs dispositifs liés à la rénovation (notamment Malraux, Monuments Historiques ou déficit foncier) échappent partiellement ou totalement à ce plafonnement.
Cela les rend particulièrement attractifs pour les foyers fortement imposés.
Par ailleurs, les réformes à venir (comme la suppression progressive des passoires thermiques ou l’élargissement des zones éligibles à certains dispositifs) pourraient renforcer encore l’intérêt de la réhabilitation patrimoniale dans les années à venir.
Point d’attention : la complexification technique des dossiers impose une plus grande rigueur dans la structuration juridique et fiscale des opérations.
Vers une montée en puissance de la rénovation énergétique
Le calendrier réglementaire est clair : à partir de 2025, les logements classés G seront interdits à la location, suivis des F puis des E. Dans ce cadre, investir dans un bien à réhabiliter est non seulement une stratégie fiscale, mais aussi une exigence de pérennité patrimoniale.
Les aides publiques (MaPrimeRénov’, CEE, subventions locales) peuvent venir compléter les dispositifs fiscaux pour améliorer la rentabilité globale du projet.
En rénovant aujourd’hui un bien énergivore, l’investisseur anticipe les évolutions du marché :
- Hausse probable de la demande locative pour les logements rénovés
- Meilleure valorisation à la revente
- Moindre risque de vacance ou d’obsolescence économique
Tendance : les biens anciens rénovés deviennent une nouvelle classe d’actifs premium, prisée pour leur authenticité, leur performance énergétique et leur localisation souvent centrale.
L’immobilier ancien rénové, un actif patrimonial stratégique à long terme
Investir dans un bien à réhabiliter, c’est faire le choix de la valeur ajoutée patrimoniale. Contrairement à un achat dans le neuf ou sur plan, l’investisseur contrôle ici la qualité de l’actif, sa localisation, son cachet, son niveau de finition… et son régime fiscal.
Cet actif est particulièrement adapté pour :
- Diversifier son portefeuille immobilier au-delà du classique Pinel
- Préparer sa retraite avec un bien générateur de revenus optimisés
- Transmettre un actif valorisé et transmissible à ses héritiers, dans un cadre fiscal pensé dès l’acquisition
En résumé : l’immobilier réhabilité coche aujourd’hui toutes les cases de l’investissement intelligent, fiscalité, valorisation, durabilité, et dimension patrimoniale.
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Conclusion
L’immobilier réhabilité ne se résume pas à une simple opportunité fiscale. Bien structuré, il devient un véritable outil d’ingénierie patrimoniale, capable de répondre simultanément à des enjeux de fiscalité, de valorisation du capital, de revenus et de transmission. Dans un environnement immobilier et réglementaire de plus en plus contraint, cette capacité à créer de la valeur “par la structuration” fait toute la différence.
Les dispositifs fiscaux liés à la rénovation, déficit foncier, Denormandie, loi Malraux ou régime des Monuments Historiques, offrent des leviers puissants, mais exigeants. Leur efficacité dépend moins de l’avantage affiché que de leur adéquation avec la situation personnelle de l’investisseur, son niveau d’imposition, son horizon de détention et ses objectifs patrimoniaux globaux.
Investir dans l’ancien à réhabiliter suppose donc une approche rigoureuse, mêlant analyse fiscale, lecture du marché local, structuration juridique et anticipation des contraintes techniques. À ce prix, la rénovation cesse d’être un risque pour devenir un choix stratégique, au service d’un patrimoine durable, valorisé et transmissible.
Dans ce cadre, le cabinet vous accompagne dans l’accès à des opérations d’immobilier ancien réhabilité premium, rigoureusement sélectionnées et structurées en fonction de vos objectifs fiscaux, patrimoniaux et de long terme.

