Simulateur stock-options : calculer le gain net après impôt
Une stock-option donne le droit d’acheter une action de son entreprise à un prix fixé à l’avance. Le gain dépend du cours atteint au moment de la levée, puis du prix auquel les titres sont revendus. L’impôt, lui, découpe ce gain en trois parts taxées différemment. Notre simulateur stock-options les reconstitue à partir de six informations : prix d’exercice, rabais consenti à l’attribution, valeur de l’action au jour de la levée, prix de revente, nombre d’actions et tranche marginale d’imposition.
Le résultat vous est adressé par e-mail. Il détaille le rabais excédentaire, le gain de levée et la plus-value de cession, puis indique le gain brut total, la fiscalité correspondante, le taux d’imposition effectif et le gain net.
Le prix d’exercice et le rabais figurent dans le règlement du plan et dans la lettre d’attribution. La valeur au jour de la levée, que le formulaire appelle « prix de marché », est le cours constaté à cette date pour une société cotée. Pour une société non cotée, elle est communiquée par l’entreprise. Le prix de revente est le cours actuel ou une hypothèse à tester.
Fiscalité des stock-options : trois gains à distinguer
Le rabais excédentaire
Le prix d’exercice peut être fixé en dessous de la valeur de l’action au jour de l’attribution. Cette différence est le rabais. La fraction qui dépasse 5 % de la valeur de l’action au jour de l’attribution constitue le rabais excédentaire. Elle est imposée comme un salaire dès l’année de la levée, avec les cotisations sociales correspondantes.
Pour une action valant 25 € à l’attribution et un prix d’exercice de 20 €, le rabais est de 5 €. La tolérance de 5 % représente 1,25 € : le rabais excédentaire s’élève donc à 3,75 € par action.
Le gain de levée
Le gain de levée est la différence entre la valeur de l’action au jour de la levée et le prix d’exercice, diminuée du rabais excédentaire déjà imposé. Pour les options attribuées depuis le 28 septembre 2012, il est imposé comme un salaire, au barème progressif. Il supporte en outre 9,7 % de prélèvements sociaux sur les revenus d’activité et une contribution salariale de 10 %.
Ce gain n’est pas imposé l’année de la levée, mais l’année de la cession des titres. Lever ses options sans vendre ne déclenche donc pas l’impôt sur le gain de levée.
La plus-value de cession
La plus-value de cession correspond à la hausse du titre entre la levée et la revente. Elle relève du régime des plus-values mobilières : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, ou barème progressif sur option. Si le titre est revendu en dessous de sa valeur au jour de la levée, la moins-value s’impute sur le gain de levée, dans la limite de celui-ci.
Les options attribuées avant le 28 septembre 2012
Les plans anciens obéissent à un autre régime. Après un délai d’indisponibilité de quatre ans, le gain de levée est taxé à 30 % jusqu’à 152 500 € par an et à 41 % au-delà. Ces taux sont ramenés à 18 % et 30 % si les titres sont conservés deux années supplémentaires. Les prélèvements sociaux de 18,6 % s’y ajoutent. Le formulaire ne demande pas la date d’attribution : pour un plan de cette génération, l’estimation doit être reprise au cas par cas.
Un exemple chiffré
Prenons 1 000 options attribuées depuis le 28 septembre 2012, sans rabais excédentaire, avec un prix d’exercice de 20 €. L’action vaut 50 € au jour de la levée et les titres sont revendus 60 €. La tranche marginale du foyer est de 41 %.
- Gain de levée : 30 000 €, soit 12 300 € d’impôt sur le revenu, 2 910 € de prélèvements sociaux et 3 000 € de contribution salariale.
- Plus-value de cession : 10 000 €, soit 3 140 € au prélèvement forfaitaire unique.
- Total : 21 350 € de prélèvements pour 40 000 € de gain, soit un taux effectif de 53,4 % et un gain net de 18 650 €.
Le gain de levée est taxé à près de 61 % dans cet exemple, la plus-value à 31,4 %. La répartition du gain entre ces deux parts détermine donc le taux final. Ce calcul est simplifié : il ne tient compte ni de la CSG déductible, ni des contributions assises sur le revenu fiscal de référence.
Lever, conserver, vendre : les décisions qui modifient le résultat
La levée suivie d’une vente immédiate
Lever et vendre le même jour ne demande en général aucun apport, lorsque le plan et le teneur de compte le permettent : le prix d’exercice est réglé avec le produit de la vente. Il n’y a pas de plus-value de cession, et la totalité du gain suit le régime du gain de levée. Le résultat est connu d’avance, sans exposition aux variations du cours.
La levée suivie d’une conservation
Conserver les titres suppose de financer le prix d’exercice, soit 20 000 € dans l’exemple. La hausse ultérieure est alors imposée comme une plus-value, à un taux inférieur à celui du gain de levée pour un foyer fortement imposé. En contrepartie, le capital est exposé à la baisse du titre, sur une société dont dépendent déjà le salaire et la carrière. Financer la levée par un emprunt ajoute un coût et un risque supplémentaires. La décision relève autant de la gestion du risque que de la fiscalité des stock-options.
Si le cours baisse après la levée
Reprenons l’exemple avec une revente à 45 € au lieu de 60 €. La moins-value de 5 000 € s’impute sur le gain de levée, ramené de 30 000 € à 25 000 €. L’impôt porte ainsi sur le gain réellement encaissé, et non sur la valeur constatée le jour de la levée. Cette imputation est plafonnée au montant du gain de levée : au-delà, le surplus suit le régime des moins-values mobilières. Elle ne compense pas la perte elle-même, qui reste à la charge du salarié.
Le choix de l’année de cession
Le gain de levée étant imposé l’année de la vente, c’est le calendrier des cessions qui commande l’impôt. Vendre en une seule fois concentre le gain sur un exercice et peut faire franchir une tranche du barème. Répartir les ventes sur plusieurs années civiles lisse cette progressivité. Encore faut-il respecter la date limite d’exercice prévue par le plan et les règles applicables en cas de départ de l’entreprise.
Ce que le simulateur stock-options ne prend pas en compte
Les autres revenus du foyer
Le formulaire applique une tranche marginale unique. Un gain élevé s’ajoute pourtant au salaire, au bonus et aux autres revenus. Au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule, il entre dans le champ de la contribution exceptionnelle de l’article 223 sexies du CGI (CEHR) : 3 % jusqu’à 500 000 €, 4 % au-delà. Ces seuils sont doublés pour un couple soumis à imposition commune. Notre page « Je reprends la main sur ma fiscalité » présente la démarche d’ensemble.
Les autres instruments du package
Les stock-options peuvent coexister avec des actions gratuites ou des BSPCE, dont les régimes diffèrent. Notre simulateur RSU et AGA couvre les premières, et notre article sur la sortie de BSPCE les seconds. L’impôt d’une année se calcule sur l’ensemble de ces gains, pas instrument par instrument.
La mobilité internationale
Lorsque la période comprise entre l’attribution et la levée s’est déroulée en partie à l’étranger, l’imposition se répartit entre les États concernés selon la convention fiscale applicable. Ce cas sort du cadre de l’outil et demande l’intervention d’un avocat fiscaliste.
Du gain net au réinvestissement
Le taux effectif indiqué par la simulation permet de comparer plusieurs scénarios : vente immédiate, vente différée, cessions étalées. Il ne dit pas quoi faire du produit de la vente. Or la fiscalité des stock-options n’est qu’une étape. L’enjeu patrimonial est de transformer un gain concentré sur un seul titre en un patrimoine diversifié, ce que traite notre article « Diversifier son patrimoine de cadre dans la tech ».
Ces sujets sont approfondis dans « Stock-options : fiscalité et réinvestissement » et dans notre article sur les levées de stock-options et les AGA. La page consacrée au cadre dirigeant replace ces instruments dans l’ensemble de la rémunération, et la page « Je place mes capitaux disponibles » décrit la méthode de réallocation.
Après la simulation de vos stock-options : l’accompagnement d’Etsa Patrimoine
Notre étude part du règlement du plan et des relevés du teneur de compte : dates d’attribution, prix d’exercice, date limite de levée, options déjà exercées. Nous identifions le régime applicable à chaque attribution, établissons un calendrier de levée et de cession sur plusieurs années, puis chiffrons l’impôt de chaque scénario avec l’ensemble des revenus du foyer.
Le produit des ventes est ensuite réinvesti hors de l’employeur, en architecture ouverte, auprès d’assureurs et de sociétés de gestion tiers. Le suivi se cale sur les événements du plan : nouvelle attribution, ouverture d’une fenêtre de cession, changement de poste ou de pays.
Le cabinet Etsa Patrimoine se tient à votre disposition pour identifier le régime de vos plans, établir votre calendrier de levée et de cession et organiser le réinvestissement des capitaux dégagés.
Données fiscales à jour au 6 octobre 2026. Cette page est fournie à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour une analyse adaptée à votre situation, prenez rendez-vous avec un conseiller en gestion de patrimoine.

